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Gestion durable des ray-grass et vulpins : bilan du colloque GRAMI du 21 mai 2026 

Sous un franc soleil, près de 450 techniciens et agriculteurs d’Île-de-France et des régions voisines ont participé, le 21 mai à Boigneville (91), à un colloque au champ dédié à la gestion des adventices, le colloque GRAMI.

ray-grass blé tendre

Organisé par ARVALIS, avec le soutien financier de la DRIAAF au titre des projets territoriaux Ecophyto, ce rendez-vous au champ était dédié à la gestion des graminées automnales (vulpin et ray-grass), qui sont une préoccupation majeure dans la région.

Lire aussi : « Pression en graminées adventices : état des lieux actualisé en Île-de-France »

Les enseignements de cette journée sont qu’il n’y a pas de solution unique et que c’est bien une combinaison de leviers adaptées à chaque contexte qui apporteront - à terme - une solution durable. En les ciblant sur les parcelles les plus touchées de l’exploitation, il apparaît possible d’en optimiser leur coût. 

Pour cela, les participants ont pu suivre, par groupes, plusieurs ateliers répartis en quatre thématiques. Passage en revue des principaux messages délivrés.

Reconnaître, comprendre et éviter la dissémination des adventices à enjeu

Atelier 1 / Ray-grass et vulpin : comprendre leur fonctionnement pour mieux les maîtriser

A l’aide de plantules en pots et de clés de détermination, l’ACTA et ARVALIS ont présenté les principaux éléments de reconnaissance de ces deux graminées. La nuisibilité directe s’exerce dès quelques dizaines de plantes par m² et peut atteindre jusqu’à 50 % de pertes de rendement, voire plus quand la parcelle n’est pas récoltable. La nuisibilité indirecte a été rappelée également : augmentation du stock semencier, enjeux sanitaires, augmentation des charges d’intrants. 

Sur une ferme type conventionnelle de 300 ha, la perte de marge brute est estimée à 169 €/ha avec une infestation de 500 ray-grass par m².

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© DRIAAF

 

Atelier 2 / récolter sans disséminer : le nettoyage de la moissonneuse-batteuse

Il est conseillé de récolter les parcelles les plus infestées en dernier, et surtout de procéder à un nettoyage soigneux de la machine pour réduire les risques de dissémination des graines d’une parcelle à l’autre. Le temps nécessaire est compensé par l’intérêt de la démarche. 

Des échanges ont porté aussi sur la récupération des menues-pailles, et les systèmes de broyage des graines en sortie de machine.

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Atelier 3 / adventices à enjeu de santé publique : agir dès l’identification

ARVALIS et la FREDON Île-de-France ont présenté les problèmes sanitaires en lien avec certaines flores : l’ergot des céréales pour lequel les graminées adventices constituent un relai pour la contamination des céréales, le datura (plante toxique) et l’ambroisie (plante au pollen allergisant) qui progressent toutes les deux dans la région. L’identification et la gestion précoce des foyers sont primordiales.

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© DRIAAF

 

Optimiser sa pulvérisation et bien choisir ses programmes dans un contexte de résistances

Atelier 1 / optimiser sa pulvérisation : bonnes pratiques et innovations à venir

Les fondamentaux d’une pulvérisation réussie ont été rappelés selon les types de produits : état du sol, conditions climatiques, type de buses, volume de bouillie, etc. 

Les innovations en matière de pulvérisation ciblée ont été présentées avec des capteurs à installer sur des pulvérisateurs existants (comme le système CarbonBee) ou du matériel spécifique (comme l’Ara d’Ecorobotix), avec des taux de détection > 90 % des adventices.

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Atelier 2 / céréales à paille : quelles stratégies de désherbage après le flufénacet ?

En dépit de résistances qui apparaissent, le flufénacet et le prosulfocarbe sont aujourd’hui les deux substances incontournables des programmes de désherbage des céréales d’hiver. Compte tenu de sa non-réapprobation européenne, le flufénacet ne sera plus utilisable à compter du 10 décembre 2026. De nouveaux programmes devront être conçus avec les substances existantes (aclonifen, pendiméthaline, etc.) et les nouveautés (bixlozone, cynméthylin) qui arriveront en 2027 ou 2028, avec des inquiétudes fortes sur les solutions possibles en sols drainés notamment sur orge d’hiver et blé dur.

Atelier 3 / gérer les substances actives antigraminées à l’échelle de la rotation dans un contexte de résistances

Outre l’impact sur les levées des adventices, une rotation diversifiée permet d’intégrer des substances à modes d’action différents pour gérer ou limiter les résistances, à l’exemple du colza avec la napropamide, le propyzamide, ou du maïs, du tournesol ou du sorgho avec le DMTA-p. 

L’alternance des modes d’action doit être systématique d’une année sur l’autre sur la même parcelle, et/ou entre deux passages la même année (pré puis postlevée). Il a été aussi mentionné le développement des résistances du ray-grass au glyphosate et maintenant du vulpin.

Associer mécanique et chimique : quand et comment les rendre complémentaires ?

Atelier 1 / cultures sarclées : tirer parti de la complémentarité chimie–mécanique

Colza, betteraves, maïs, tournesol, sorgho se prêtent au désherbage mécanique, notamment le binage en complément du désherbage chimique comme l’on rappelé les ingénieurs d’ARVALIS, Terres Inovia et de l’Institut technique de la betterave. 

Si les résultats techniques sont souvent satisfaisants, les opérations sont toutefois contraintes par les conditions de sol et de climat et le débit de chantier des équipements.

Atelier 2 / céréales à paille : sécuriser le désherbage chimique par la mécanique, quels gains ?

Les essais désherbage du blé conduits uniquement en mécanique (binage) montrent des efficacités de 45-50 % maximum. Le binage peut améliorer l’efficacité d’un programme de désherbage de 10 à 30 points selon le niveau de celui-ci. La herse étrille est difficile à passer en automne (peu de jours disponibles) et présente une efficacité limitée en sortie d’hiver. Sur orge de printemps, un passage de herse étrille à l’aveugle et/ou du désherbage mécanique en plein à 2-3 feuilles bénéficient de conditions de réalisation plus favorables.

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Comprendre et combiner les leviers : la clé pour reprendre le dessus sur les graminées

Atelier 1 / diagnostiquer et agir : une méthode simple

En avant-première, ARVALIS a présenté une méthode de diagnostic pour optimiser la gestion des graminées automnales. Le livret a été réalisé dans le cadre du projet GRAMICIBLE financé par le PARSADA. 

Conçu avec un quizz sur les pratiques des parcelles de l’exploitation, une présentation des leviers disponibles (agronomiques ou alternatifs) qui vont avoir des poids plus ou moins importants, ce diagnostic vise à concevoir et suivre un plan d’action adapté aux contraintes de chacun. Une version en ligne sera proposée prochainement.

Atelier 2 / combinaison de leviers : les enseignements des essais systèmes et réseaux agriculteurs

Le dispositif CAP, testé à Boigneville depuis 2017, est basé sur l’introduction de nouvelles cultures (féverole, maïs, tournesol) dans une rotation conventionnelle avec l’appoint de l’irrigation, du désherbage mécanique, du labour tous les 3-4 ans et le décalage des dates de semis du blé. Techniquement, les infestations de ray-grass sont mieux gérées. Par contre, la marge nette est légèrement dégradée, mais moins que si on laissait la situation se dégrader totalement.

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Atelier 3 / quels enseignements du dispositif 0 herbicides ?

Le système sans herbicide qui est testé depuis plusieurs années repose soit sur une rotation triennale incluant une jachère de trèfle, soit une rotation diversifiée avec alternance d’une culture d’hiver et de printemps avec des labours, du travail du sol en interculture et du désherbage mécanique. Là aussi, les résultats techniques sont satisfaisants mais pas les résultats économiques.

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