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Bourgogne-Franche-Comté

Bilan orges d’hiver : leur précocité a été un atout

Retour en détail sur les faits marquants de la campagne des orges d’hiver 2025/2026.

Une moissonneuse-batteuse rouge récolte l'orge d'hiver en juin 2026 en Franche-Comté

En 2025-2026, le cumul des surfaces implantées en orges d’hiver en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) s’établit à 158 000 ha, soit +6 %/2025 (source : Agreste). Ces surfaces sont globalement en baisse de 3 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. En Bourgogne, ces orges sont à 80 % à destination de la filière brassicole. Pour la Franche-Comté, le débouché est réparti à 50/50 en orge brassicole et en orge fourragère. 

Des semis précoces en bonnes conditions

Contrairement à l’automne 2024, les semis de l’automne 2025 se sont déroulés dans de bonnes conditions. D’après CéréoObs, 80 % de semis ont été réalisés sur la première quinzaine d’octobre, et le restant fin octobre. Les désherbages de prélevée se sont faits dans le sec, mais la pluie est revenue avec de gros cumuls (70 à 90 mm) qui ont pu provoquer des phytotoxicités (blanchissement et pertes de pieds) et de l'hydromorphie sur sols lourds. 

Pour les désherbages de postlevée, il y a eu des créneaux pour passer en bonnes conditions début novembre. Le climat doux de l’automne a permis une belle levée des orges d’hiver. Les températures hivernales s’inscrivent dans la moyenne des dix dernières années et la pluviométrie est légèrement inférieure à la moyenne, à la faveur des mois de décembre et janvier secs. 

Les biomasses en sortie d’hiver étaient dans les normes. Les mois de février et mars ont été plus chauds que la médiane, provoquant l’accélération de l’arrivée des stades épi 1 cm. La durée du tallage étant réduite, le nombre de talles à plus de 3 feuilles comptées au stade épi 1 cm était environ 10 % inférieur à la moyenne des dix dernières années en BFC. La date d’occurrence du stade épi 1 cm a été enregistré autour du 10 mars, soit environ dix jours en avance par rapport à la moyenne historique.

Des conditions printanières sèches 

Dès mars, les pluies se sont faites très rares. Ces conditions sèches ont retardé la valorisation des apports d’azote à cette période. Ainsi, une compétition pour l’eau et l’azote entre les talles a conduit à la régression de certaines d’entre elles (figure 1). 

Figure 1 : Nombre d'épis par m² en fonction du nombre de tiges à +3F à épi 1 cm traduisant un % de régression de talles ans les essais physiologie en pluriannuel pour l’orge d'hiver - ARVALIS en Bourgogne depuis 2005

Figure 1 : Nombre d'épis par m² en fonction du nombre de tiges à +3F à épi 1 cm traduisant un % de régression de talles ans les essais physiologie en pluriannuel pour l’orge d'hiver - ARVALIS en Bourgogne depuis 2005 - Limons AS : Limons argilo-sableux à Arc-sur-tille (21)
Limons AS : Limons argilo-sableux à Arc-sur-tille (21)

Les comptages de densités d’épis à épiaison ont en effet montré des régressions de talles, avec une densité d’épis inférieure de 30 % par rapport à la moyenne des dix dernières années sur les plateaux et dans la moyenne en plaine (figure 2). 

Fin avril, les températures cumulées étaient supérieures à la médiane sur vingt ans de cette période. Cette chaleur a fait avancer les stades rapidement. Le stade épiaison est donc survenu fin avril, soit avec une semaine d’avance par rapport à la médiane. 

Figure 2 : Rendements des orges d'hiver en fonction du nombre d'épis par m² dans les essais physiologie d'ARVALIS en Bourgogne de 2005 à 2026 sur Estérel, Etincel puis KWS Faro depuis 2022 sur sols limons argileux, argilocalcaire et argile sableuse

Figure 2 : Rendements des orges d'hiver en fonction du nombre d'épis par m² dans les essais physiologie d'ARVALIS en Bourgogne de 2005 à 2026 sur les variétés Estérel, Etincel puis KWS Faro depuis 2022 sur sols limons argileux, argilocalcaire et argile sableuse
ACS = argilo-calcaire superficiel à Puits-de-bon (89) et AS = argilo sableux à Arc-sur-tille (21)

Le manque de pluie a provoqué un stress hydrique précoce dès le stade 2 nœuds sur sols superficiels et dès la dernière feuille pointante sur sols profonds, réduisant le nombre d’épis et la biomasse. Les pluies orageuses de début mai ont été très hétérogènes et sont généralement intervenus trop tard, après épiaison. La fertilité épi était bonne en plaine mais des accidents de fertilité sont observés sur les plateaux en lien avec le stress hydrique intense du printemps (figure 3). 

Figure 3 : Fertilité des épis des orges d'hiver en fonction du nombre d'épis par m² dans les essais physiologie d'ARVALIS en Bourgogne de 2005 à 2026 (Estérel, Etincel puis KWS Faro depuis 2022) sur sols limons argileux, argilocalcaire et argile sableuse

Figure 3 : Fertilité des épis des orges d'hiver en fonction du nombre d'épis par m² dans les essais physiologie d'ARVALIS en Bourgogne de 2005 à 2026 (Estérel, Etincel puis KWS Faro depuis 2022) sur sols limons argileux, argilocalcaire et argile sableuse
ACS = argilo-calcaire superficiel à Puits-de-bon (89) et AS = argilo sableux à Arc-sur-tille (21)

Sur les plateaux, cela n’a pas permis de compenser le manque d’épis/m², ainsi le nombre de grains/m² est inférieur à la moyenne de 30 %. Ce climat a aussi été associé à une pression en maladies foliaires faible. Cependant, la rouille naine a pu être présente localement en début et en cours de cycle, en particulier sur KWS Faro, qui est très sensible. La ramulariose quant à elle, a pu être observé en fin de cycle dans certaines parcelles.

La précocité de l’orge permet d’esquiver le stress thermique

Le remplissage de l’orge d’hiver a débuté sous des conditions de températures idéales avec le retour des pluies sur la deuxième décade de mai : la taille des enveloppes n’a donc pas été une contrainte. Au stade grain laiteux, les fortes températures de la canicule de fin ont pu affecter le remplissage des grains mais beaucoup moins qu’en blé (figure 4).

Figure 4 : Evolution du risque d'échaudage sur la station météo de Dijon pour une orge d'hiver de la variété KWS Faro pour un semis du 9 octobre 2025

Figure 4 : Evolution du risque d'échaudage sur la station météo de Dijon pour une orge d'hiver de la variété KWS Faro pour un semis du 9 octobre 2025
(Source : ARVALIS, MétéoFrance)

Finalement, les poids de mille grains (PMG) sont dans la moyenne autour de 40 g. Les rendements sont moyens à bons en plaine cachant de grosses hétérogénéités et très en dessous de la moyenne sur les plateaux, de l’ordre de -30 %.

Côté protéines, les teneurs sont dans les normes brassicoles. Les Indices de Nutrition Azotée (INN) étaient globalement bons pendant la montaison et à floraison.

Du côté de la qualité, les poids spécifiques (PS) et calibrages sont bons.

Les composantes de rendements en résumé

Les composantes de rendements en résumé

Et les orges de printemps semées à l’automne (OPSA) en 2025 ?

Les orges de printemps semées l’automne présentent notamment un intérêt les années sèches. En allongeant le cycle et la phase de tallage, la composante épis/m² est meilleure qu’en cycle court au printemps. En 2026, lorsque les Opsa n’ont pas subi de pertes de plantes par le gel hivernal associé aux herbicides, les rendements ont été à des niveaux semblables aux orges d’hiver. À noter que le printemps sec a rendu simple la gestion des maladies, qui est le point noir à contrôler en année humide.

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