Maïs : quelques repères pour affiner la date d’ensilage
Les maïs bretons subissent des stress hydriques plus ou moins intenses, créant énormément d’hétérogénéité, selon les types de sol, dates de semis, orages, zones géographiques. On peut retrouver des maïs suffisamment fournis en grains, comme des maïs sans épis. L’ajustement de la date d’ensilage n’est pas simple face à cette diversité de situations. D’un côté, il ne faut pas se précipiter au risque de perdre du rendement ou récolter trop humide ; de l’autre, ne pas trop tarder afin de récolter à 32-35 % de matière sèche pour conserver au mieux le fourrage. Voici quelques repères à travers les cartes de prévisions de dates d’ensilage pour des maïs de gabarit classique, et des clés de décisions spécifiques pour les maïs stressés.
Voici une actualisation des prévisions des dates de récolte du maïs fourrage pour la Bretagne pour deux cas types.
Carte 1 : Dates prévisionnelles à 32% MS pour des semis du 23 avril 2026 - variété précoce S1
Carte 2 : Dates prévisionnelles à 32% MS pour des semis du 25 mai 2026 - variété précoce S1
Toutefois, vigilance, ces cartes sont principalement basées sur des modèles de somme de températures pour des maïs peu stressés et avec du grain.
A titre d’exemple, sur des secteurs ayant subi de forts stress hydriques, comme dans le sud 35 (Grand Fougeray), le modèle de somme de températures peut être en retard d’une semaine.
Tableau 1 : Taux de MS mesuré (par séchage à l’étuve) sur plusieurs variétés d’un essai ARVALIS au Grand Fougeray (sud 35) pour des prélèvements effectués le 31 juillet 2026
Quand ensiler des maïs stressés ?
Dans les situations avec des maïs ayant subi des stress hydriques importants, l’observation au champ peut permettre d’orienter sa date de récolte.
1. Le diagnostic doit se faire au moins 15-20 jours après la floraison femelle, c’est majoritairement le cas actuellement pour les semis de fin avril. A ce stade, le nombre de grains est fixé, l’avortement n’est plus possible.
2. La priorité est de déterminer si la parcelle possède plus de 1500 grains/m², moins de 500 grains/m² ou entre les deux.
Compter le nombre de grains viables/m² : comment faire en pratique ?
- Sur un rang, parcourir une distance donnée (Tableau 1) et compter le nombre de plantes présentes.
- Compter le nombre d’épis présents sur les plantes observées. Compter tout épi présentant plus de 60 grains viables.
- Prélever 20 épis successifs (comptant plus de 60 grains) et compter le nombre de grains par épi (nb de rangs x nombre de grains sur le rang moyen).
- Faire la moyenne du nombre de grains par épi.
- Multiplier par le nombre d’épis présents sur le rang étudié.
- Diviser par la surface étudiée.
Cette opération doit être renouvelée si la parcelle est hétérogène.
Tableau 1 : Longueur de rang à observer (en m), en fonction de l'inter rang, pour évaluer le nombre de grains sur une surface équivalente à 1m²
Ex. : nb grains/m² = (nb d’épis >60 gr x nb grains/épi)/ surface = 70 x 240/10 = 1680 gr/m²
La moyenne bretonne des essais ARVALIS depuis plus de vingt ans se situe autour de 3400 grains/m² pour des maïs généralement peu stressés.
A titre d’illustration, voici quelques épis et le nombre de grains associé.
3. Identifier si les maïs ne possèdent aucune, 1 à 3 feuilles ou plus de 4 feuilles vertes au-dessus de l’épi.
Voici quelques clés pour orienter sa décision selon l’état d’avancement du grain.
Pour le moment, la majorité des maïs possèdent encore l’équivalent de 2 à plus de 4 feuilles vertes dans les situations stressées. Le comptage des grains/m² sera important puisque cela peut orienter vers un ensilage immédiat ou à attendre la lentille vitreuse, voire au-delà.
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