Maïs fourrage : premières estimations des dates de récolte pour 2026
Comme chaque année à pareille époque, ARVALIS propose une première estimation des dates prévisionnelles de récolte pour le maïs fourrage. Mais la carte établie au 23 juillet est à prendre avec beaucoup de prudence et une visite de chaque parcelle s’impose avant de prendre la décision d’ensiler.
La sécheresse depuis le printemps amplifiée par trois périodes de canicule affecte le développement des maïs et le potentiel de rendement. Des ensilages de maïs ont déjà pu être réalisés depuis le début du mois de juillet dans les situations les plus pénalisées.
Le constat est hétérogène selon les régions et les situations agronomiques (dates de semis, type de sol/capacité du réservoir utile). A ce jour, la période de floraison se termine dans les situations les plus tardives et le stade limite d’avortement des grains (SLAG) est atteint dans les situations les plus précoces.
Dans ces conditions, une visite de chaque parcelle est indispensable avant de prendre la décision d’ensiler.
Lire aussi : « Maïs fourrage sous la sécheresse : ensiler ou non ? Un diagnostic préalable s’impose. »
Le stress hydrique s’accentue
La première période de canicule de fin mai puis celle de fin juin avaient déjà impacté fortement les bilans hydriques dans de nombreuses régions. Depuis la floraison, très peu de régions ont pu bénéficier de précipitations et le stress hydrique continue de se creuser (carte 1).
Carte 1 : Déficit hydrique (en mm) observé entre le 1er juin et le 21 juillet 2026 (à gauche) et écart à la médiane 2006-2025 (à droite)
Des récoltes qui s’engagent franchement sur la première quinzaine d’août
Comme chaque année, ARVALIS propose une carte des dates prévisionnelles de début des récoltes du maïs fourrage (carte 2). Mais il est recommandé de l’interpréter avec beaucoup de prudence compte tenu des conditions climatiques hors-normes rencontrées depuis les semis.
Carte 2 : Dates prévisionnelles d’atteinte du stade 32 % MS plante entière en 2026
Pour chaque département comportant plus de 1 000 ha de maïs fourrage en 2026 (source Agreste), les experts d’ARVALIS ont défini près de 200 cas-types (points noirs). Un cas-type correspond à une station météo, un groupe de précocité représentatif de la zone et une date de semis médiane adaptée au contexte de l’année 2026. Ces cas-types ne peuvent refléter l’intégralité des situations agronomiques présentent sur le territoire.
Ces cas-types ont été associés aux données météorologiques de l’année en cours, jusqu’au 22 juillet, et à sept jours de météo prévisionnelle, puis aux données historiques fréquentielles du décile 2 (les 2 années les plus chaudes sur 10 ans), sur les 15 dernières années, pour les semaines à venir.
Pour chaque cas-type (•), le résultat est une date à laquelle le stade optimal de récolte, de 32 % de matière sèche plante entière, sera atteint. L’interpolation des données météo permet ensuite de produire cette carte.
Une visite des parcelles reste indispensable
En situation de stress hydrique marqué, le taux de matière sèche du maïs peut évoluer très rapidement. Cette évolution est mal prise en compte par les modèles. Il revient à chaque éleveur de vérifier l’évolution de ses maïs en observant en cœur de parcelle : le gabarit des plantes, l’état du feuillage, la présence d’épis plus ou moins fécondés ainsi que l’avancement du grain.
Un diagnostic fiable sur le nombre de grains ne peut être réalisé que trois semaines après la floraison, dès que le SLAG est atteint. Au-delà de ce stade, les grains deviennent moins sensibles à l'avortement, mais un déficit en eau durant cette phase diminue le remplissage des grains, accélère le dessèchement des feuilles et des tiges et avance la maturité de la culture.
Qu’attendre d’un maïs fourrage récolté sans épi ?
La valeur énergétique du maïs fourrage réside dans l’amidon. Mais lorsque les plantes ensilées ne contiennent pas de grains, la valeur alimentaire se cantonne intégralement dans la digestibilité de l’appareil végétatif (tiges + feuilles). Quelques prélèvements réalisés par ARVALIS, lors d’années sèches, montrent que la valeur UFL de ce type de maïs ne décroche pas significativement en l’absence de grains lorsque la digestibilité des fibres reste bonne. Cette qualité énergétique est différemment obtenue en comparaison à des maïs ensilage plus traditionnels.
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