Les faits marquants de la campagne céréalière 2025/2026
La campagne 2025/26 a été marquée par une succession de facteurs climatiques contrastés ayant impacté à des niveaux variables les performances des céréales. Après un automne favorable aux implantations, les cultures ont subi des excès d’eau en hiver aux impacts limités, grâce à des cultures bien installées. Mais une sécheresse printanière et durable a limité le potentiel. Retour sur les principaux facteurs déterminants.
Au final, le déficit hydrique printanier, plus ou moins associé à une mauvaise valorisation de l’azote courant montaison et des conditions de remplissage difficiles, sont les facteurs clés explicatifs du potentiel de rendement des céréales, avec des niveaux cumulatifs plus ou moins forts.
Les résultats sont très corrélés à la précocité (espèce, date de semis, variété), à la pluviométrie printanière locale (déficit hydrique) et la réserve utile des sols. Sur le plan sanitaire, les maladies sont restées globalement peu pénalisantes (hormis la rouille jaune mal contrôlée sur certaines situations), tandis que certaines parcelles présentent toujours des niveaux d’enherbement élevés en graminées difficiles à maîtriser.
Implantation et début de cycle : un démarrage très favorable
- Les semis ont bénéficié de bonnes conditions autour de la mi-octobre, puis en novembre.
- L’automne doux a favorisé une croissance rapide des céréales et une bonne mise en place des systèmes racinaires.
- Les cultures sont entrées dans l’hiver avec des biomasses satisfaisantes et un bon potentiel.
Hiver : excès d’eau mais impacts globalement limités
- Janvier et février ont été particulièrement pluvieux.
- Certaines parcelles hydromorphes ont subi de l’asphyxie racinaire, des pertes de pieds et une moindre exploration du sol.
- Les pluies ont entraîné une forte lixiviation de l’azote et du soufre.
- Malgré cela, les bonnes implantations de l’automne ont permis aux cultures de bien résister.
Printemps sec : principal facteur limitant de la campagne
- À partir de mi-mars, s’est installé un déficit hydrique marqué, prolongé jusqu’à début mai.
- Le stress hydrique est apparu dès début avril dans les sols superficiels, réduisant le nombre d’épis, la biomasse.
- Les apports azotés réalisés entre 16 mars et mi-avril ont été mal valorisés.
- Les pluies orageuses de début mai ont été très hétérogènes et sont généralement intervenues après l’épiaison ; elles ont permis très temporairement d’atténuer les effets du stress hydrique, avec des températures douces et un bon rayonnement ; et de valoriser au mieux les derniers apports azotés positionnés juste avant fin avril.
- Mais le répit a été de courte durée : la dernière décade de mai a été marquée par un épisode de chaleur exceptionnellement précoce, avec plusieurs journées dépassant 30°C et des pics à 35°C, renforçant les contraintes exercées par le déficit hydrique sur les céréales en période de remplissage.
État sanitaire
- La principale maladie de l’année a été la rouille jaune sur les variétés sensibles de blé.
- La pression des autres maladies (septoriose, fusarioses, maladies du pied) est restée globalement faible.
- La JNO (jaunisse nanisante de l’orge) a été observée mais avec une intensité limitée.
- Les adventices graminées (ray-grass, vulpin, folle avoine) demeurent un problème majeur dans certaines parcelles.
Récolte et résultats
- Les récoltes ont été exceptionnellement précoces en raison de l’avancée globale des céréales tout au long du cycle et accentué par les fortes chaleurs de juin.
- Les rendements sont globalement moyens, avec une forte variabilité selon la réserve utile des sols, la pluviométrie locale et la précocité des cultures.
- Les orges d’hiver ont mieux résisté grâce à leur précocité.
- Les qualités technologiques sont bonnes tant sur le poids spécifique, que sur le taux de protéines élevé cette année.
Conclusion
Le facteur déterminant de la campagne 2025/26 a été l’installation d’une sécheresse printanière précoce, longue et durable, amplifiée par les fortes chaleurs exceptionnelles de fin mai. Après un excellent démarrage à l’automne et malgré des excès d’eau hivernaux localement pénalisants, les céréales ont vu leur potentiel de rendement se dégrader à partir d'épi 1 cm, sous l’effet d’un déficit hydrique s’installant dès le début de la montaison. Ce stress, parfois renforcé par une moindre valorisation de l’azote durant montaison, s’est prolongé jusqu’au remplissage des grains, période durant laquelle les températures élevées ont accentué les phénomènes d’échaudage. Les résultats sont finalement très hétérogènes selon les types de sols, pluviométrie locale et date de semis. Les orges d’hiver s’en sortent globalement mieux grâce à leur précocité, tandis que les qualités de récolte demeurent très satisfaisantes, avec de bons poids spécifiques et des teneurs en protéines élevées sur blés.
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