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Maïs : les clés pour réussir les semis précoces 

A la faveur des températures élevées de mars, les semoirs ont été sortis pour les premières implantations de maïs. Il faut toutefois nuancer l’avance « gagnée » avec un semis de mars, en tenant compte des risques agronomiques inhérents (ravageurs, tassement, gestion du désherbage). Le retour des conditions humides et plus chaudes va offrir de nouveaux créneaux pour les chantiers de semis, et être propice aux levées et à l’efficacité des produits racinaires.

Semis précoces de maïs 2026 dans le Centre

Semis précoces : des opportunités à partir de début avril

La précocité des semis est un levier essentiel pour la compétitivité du maïs, permettant d’avancer le cycle pour baisser les frais de séchage, préserver la qualité sanitaire en ayant la possibilité de récolter plus tôt, voire d’esquiver une partie du stress hydrique. Cependant, le semis de maïs nécessite quelques précautions :

  • pour une levée rapide et homogène, viser une température du sol autour de 10°C (germination ≈ une semaine, contre trois pour un sol à 8°C). Ce seuil est juste atteint dans les sols réessuyés et qui se réchauffent vite dans la région (argilo-calcaire), et les températures favorables prévues devraient permettre des bonnes conditions de germination. Pour savoir si le sol est suffisamment chaud, il est possible de réaliser une mesure de la température du sol à 5-10 cm, à 10 h ou 20 h pour avoir une valeur représentative de la journée. Il faudra également s’assurer que le sol est réessuyé sur 20 cm pour éviter le risque de tassement.
  • l’utilisation d’engrais starter localisé au semis est recommandée pour assurer une levée rapide et homogène du maïs, et limiter l’exposition aux ravageurs, surtout en semis précoces / sols froids. Nos essais régionaux montrent que l’application de 85 à 100 kg de 18-46 a permis des gains moyens de 2,7 q/ha et 1 % d’humidité à la récolte. Ce n’est donc pas un poste d’économie pour le maïs hormis en sols bien pourvus. Pour en tirer tous les bénéfices, il convient de localiser cet engrais (le phosphore étant peu mobile dans le sol) : +2,5 q/ha et environ 1 point d’humidité récolte en localisé par rapport à un apport en plein. Des microgranulés appliqués directement dans la raie de semis existent également sur le marché, permettent un effet vigueur significatif mais inférieur à la référence 100 kg/ha de 18-46 en localisé. 
  • en cas de risque ravageurs, adapter la conduite => les microgranulés à base de cyperméthrine utilisés avec diffuseurs (Belem 0.8 MG à 12 kg/ha) apportent les meilleurs niveaux d’efficacité sur taupins. Quant aux oiseaux, sur parcelles à risque, ne pas semer en décalé par rapport aux parcelles voisines, semer suffisamment creux (5 cm), et utiliser si nécessaire un traitement de semences (Korit).
     

→ Dans des sols qui se réchauffent vite au printemps (argilo-calcaire superficiel), avec fertilisation starter et sans risque bioagresseur majeur, l’avancement des semis de trois semaines (fin mars/début avril vs mi-avril à début mai) a permis un gain moyen de 5,8 q/ha sur trois ans (variable selon les années), et une avance d’humidité à la récolte de 3,7 %.

Figure 1 : Impact de la date de semis sur le rendement et le taux d’humidité - Essais 2017 2019 à Tripleville (41) dans des sols argilo- calcaires superficiels irrigués

Figure 1 : Impact de la date de semis sur le rendement et le taux d’humidité - Essais 2017 2019 à Tripleville (41) dans des sols argilo- calcaires superficiels irrigués

Point d’attention sur la densité de semis : en semis précoce, la plante est plus exposée au froid ce qui entraîne une baisse de la surface foliaire limitant l’absorption du rayonnement. Ainsi, il sera d’autant plus important de respecter les fourchettes hautes de densités de semis recommandées dans la région (à moduler selon le potentiel de la parcelle, et les préconisations du semencier).

Tableau 1 : Recommandation des densités de peuplement pour des écartements entre 75 et 80 cm

Tableau 1 : Recommandation des densités de peuplement pour des écartements entre 75 et 80 cm
* Les pertes à la levée doivent considérer les pourcentages de germination (de l’ordre de 98 % en maïs), la qualité de la préparation du lit de semences, la date de semis et le niveau de protection des plantes.

Graminées : optimiser la réussite de la prélevée

La gestion des graminées doit être réfléchie avant le semis : il est nécessaire de semer sur une parcelle propre (travail du sol / intervention chimique selon les contextes), et leur présence attendue en culture nécessitera le recours à un désherbage de prélevée ou en postlevée précoce du maïs. Si le mois de mars a été assez favorable à la préparation des terrains, l’absence de pluies doit être prise en compte pour décider du semis sur les parcelles à pression graminées.

En effet, sur ray-grass et vulpins, l’objectif est de limiter la levée dans les maïs, surtout au vu des problématiques de résistances régionales. Il sera nécessaire d’avoir recours à un, voire deux chloroacétamides en prélevée du maïs (dmta-p : Isard ou Dakota-P ; péthoxamide : Successor600). En fonction de la flore dicotylédones attendue, il faudra associer ce chlore à un partenaire (ex. : isoxaflutole, pendiméthaline…).

Pour maximiser les chances de réussite de la prélevée, il est préférable de viser une application sur sol humide ou d’intervenir avant une pluie de 10 mm. Dans tous les cas, il faudra désherber au plus proche du semis pour profiter de l’humidité du sol et intervenir sur graminées non levées. En cas de temps très sec, le passage d’un outil mécanique (herse étrille) au stade filament des graminées peut se révéler très efficace, et permettra un report du racinaire en postlevée précoce (2F du maïs). Ne surtout pas réaliser d’interventions mécaniques ou chimiques au stade pointant du maïs.

Sur graminées estivales, si le programme pré+post reste majoritaire, le report sur une postlevée précoce (2-3F du maïs) associant des produits racinaires et foliaires peut se montrer très efficace (sur graminées sensibles aux herbicides foliaires) et permet de gagner en persistance par rapport à la prélevée. Attention, le créneau de réalisation est plus court qu’en pré, cette stratégie doit être réfléchie au cas-par-cas.

Pour plus de détail sur les programmes de désherbage du maïs, consultez l’article : Stratégies de désherbage du maïs : nos préconisations pour 2026.

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