Articles et actus techniques
Rhône-Alpes

Fortes chaleurs : sur blé, piloter les derniers tours d’eau et sur maïs, les premiers

Températures maximales attendues autour de 33 à 34°C, et évapotranspiration (ETP) particulièrement élevée, pouvant atteindre 8 mm par jour : dans ces conditions climatiques, il s’agit de limiter le stress hydrique des cultures. Le pilotage de l’irrigation est donc incontournable.

Irrigation du blé fin mai 2026 en Rhône-Alpes

Blé : une fin d’irrigation à raisonner en fonction du stade de la culture et de la nature du sol

Les parcelles de blé poursuivent actuellement leur phase de remplissage du grain, une étape clé du rendement. Toutefois, les recommandations diffèrent selon la nature des sols.

Dans les sols superficiels, la fin d’irrigation doit être pilotée en fonction de la date théorique d’arrêt, estimée à environ vingt jours après l’épiaison. Pour les parcelles ayant déjà dépassé cette échéance, aucune irrigation supplémentaire n’est jugée nécessaire. En revanche, pour les parcelles atteignant tout juste cette limite, un dernier apport réduit de 20 à 25 mm peut être envisagé afin d’éviter un stress hydrique lié aux fortes chaleurs. A noter tout de même que le gain de rendement restera limité par rapport à une irrigation réalisée en pleine floraison, ce qui implique d’intégrer le coût de l’eau dans la décision.

Dans les sols profonds, la situation est plus favorable : les réserves hydriques restent suffisantes jusqu’à 60 cm de profondeur et les dates théoriques de fin d’irrigation sont atteintes. Une nouvelle irrigation n’apparaît donc pas pertinente à ce stade.

Figure 1 : Effets du stress hydrique sur le rendement en fonction du stade auquel il apparaît

Figure 1 : Effets du stress hydrique sur le rendement en fonction du stade auquel il apparaît

Dans le cas présent, un stress hydrique postfloraison impactera le poids de mille grains si les pluies ne font pas leur retour avant la fin du cycle. Il est tout même important de noter que le remplissage des grains s’appuie sur la remobilisation des réserves et de moins en moins sur la photosynthèse journalière, ce qui peut limiter l’impact des stress hydrique et thermique sur le rendement. 

Comment déterminer l’arrêt de l’irrigation sur blé ? 

Au-delà des repères calendaires, une observation directe du grain peut affiner la décision. La méthode recommandée consiste à prélever une dizaine d’épis et observer les épillets situés au milieu de ceux-ci. En sol profond, on arrêtera l’irrigation lorsque la longueur du grain dépasse 50 % de sa taille finale. En sol superficiel, l’irrigation s’arrêtera lorsque la longueur du grain dépasse 60-70 % de sa taille finale (figure 2).

Figure 2 : Longueur du grain / glumelle

Figure 2 : Longueur du grain / glumelle

Maïs : le cap des 10-12 feuilles marque le démarrage de l’irrigation 

Côté maïs, les parcelles les plus avancées atteignent désormais le stade 10 feuilles, seuil à partir duquel la culture devient plus sensible au déficit hydrique. Pour autant, les réserves en eau des sols ne sont pas encore épuisées.

Avant ce stade, la consommation en eau reste relativement modérée, avec un besoin estimé à environ 60 % de l’ETP. Si les prévisions de pluies orageuses annoncées pour le début de semaine prochaine ne se confirment pas, une première irrigation pourrait être déclenchée pour les maïs ayant dépassé les stades 10 à 12 feuilles. 

Réagissez !

Merci de vous connecter pour commenter cet article.

Se connecter
Ou connectez-vous avec
Pas encore inscrit ?
Créer un compte
Mot de passe oublié

Un email vous sera envoyé pour réinitialiser votre mot de passe.