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Poitou-Charentes

Canicule et maïs : la météo de mi-juillet va être déterminante

Les maïs les plus précoces ont déjà atteint le stade sensible de la floraison. Face à  la canicule particulièrement intense, les impacts vont dépendre de l’alimentation en eau des parcelles. Selon les prévisions, les prochains jours vont être à nouveau marqués par de fortes températures et la sécheresse. Un retour des pluies ensuite pourrait toutefois amoindrir les effets du stress climatique engendrés.

Parcelle de maïs au stade floraison, soumis à la canicule de juin 2026, en Poitou-Charentes

Quelles conséquences du stress hydrique ?

Depuis le 1er mars sur l’ensemble des stations du Poitou-Charentes, les cumuls de pluies moyens avoisinent 120 mm alors que la médiane sur 20 ans est de 280 mm. Sur cette même période, le déficit hydrique cumulé atteint 600 mm sur la station du Magneraud (figures 1 et 2).

Figure 1 : Déficit hydrique simplifié (P-ETP) entre le 1er mars et le 7 juillet - de 1976 à 2026 - station du Magneraud (17)

Figure 1 : Déficit hydrique simplifié (P-ETP) entre le 1er mars et le 7 juillet – de 1976 à 2026 -  station du Magneraud (17)

Figure 2 : Déficit hydrique simplifié (P-ETP) depuis le 1er mars - de 2022 à 2026 -  station du Magneraud (17)

Figure 2 : Déficit hydrique simplifié (P-ETP) depuis le 1er mars – de 2022 à 2026 -  station du Magneraud (17)

Les situations pluviales sont les plus préoccupantes. En effet, les maïs subissent actuellement une forte contrainte hydrique, avec une consommation des plantes qui augmente avec l’accroissement de la surface des feuilles ; et des besoins en eau importants plusieurs jours d’affilés (ETP entre 5 et 8 mm/jour la semaine dernière).

Même dans les situations irriguées, les besoins en eau sous ces forts ETP plusieurs jours d’affilés ont été durs à satisfaire la semaine passée. En effet, pour compenser, avec des ETP de 7 mm, un maïs à floraison consomme 9 mm/jour, hors contrainte hydrique, une dose d’irrigation de 45 mm/semaine est nécessaire (sans compter les restrictions d’irrigations déjà en place ou les contraintes de durée du tour d’eau…). 

Autour de la transition florale

Les symptômes caractéristiques sont un enroulement ou un étalement des feuilles, accompagnés d’un desséchement précoce et progressif des feuilles du bas de la plante. En effet, pour se protéger, la plante ferme ses stomates pour limiter la transpiration : l’activité photosynthétique se trouve alors réduite, induisant un ralentissement du développement (l’émission de nouvelles feuilles) et de la croissance (indice foliaire et appareil racinaire). La surface verte est encore fonctionnelle pour assurer la croissance lors du retour des pluies.

Dans le cas d’une réduction de la croissance non compensée par un retour rapide des pluies, on peut s’attendre à une réduction des organes de réserves du carbone (tige et racines), ceci induisant :

  • la régression du nombre de rang à partir de 50 % de feuilles visibles ;
  • la régression du nombre d’ovules par rang.

En effet, le nombre de rangs de l’épi est déterminé vers 10‐12 feuilles. Cependant, le nombre de couronnes continue d’évoluer au cours du temps, et jusqu’à la floraison.

Autour de la floraison

Les effets négatifs d’un stress hydrique autour de la floraison sont le ralentissement de la sortie des soies, combiné à une période d’émission du pollen diminuée, et une moindre quantité de celui-ci, impactant, donc le nombre de grains fécondés.

Quelles conséquences du stress thermique ?

Le maïs est une plante originaire de la zone équatoriale et supporte assez bien des températures élevées au cours de son cycle. Les températures optimales de développement se situent entre 28 et 30°C, mais la plante peut supporter des températures de 37-38°C sans que la photosynthèse nette soit pénalisée. Au-delà, les conséquences possibles dépendent de son stade, mais aussi de son alimentation en eau. En effet, la transpiration permet à la plante de réguler sa température, et donc de supporter des températures plus élevées. 

La canicule de la semaine du 20 juin s’est caractérisée par des températures nocturnes élevées à des niveaux inhabituels (jusqu’à 25°C les derniers jours). Celles-ci amplifient l’accélération des stades phénologiques, en augmentant l’accumulation des températures efficaces. Ceci ayant pour conséquence une accélération rapide du cycle de la culture.

Autour de la transition florale

La transition florale est atteinte lorsqu’on observe 50 % des feuilles visibles (environ 8-12F selon la précocité de la variété). Durant cette période, le maïs peut supporter des températures allant jusqu’à 38 degrés sans conséquence irréversible sur l’appareil végétatif, même si des brûlures en bout de feuilles peuvent apparaître. 

Autour de la floraison

A partir du début floraison, la sensibilité aux températures élevées s’accroît ; et si les températures maximales dépassent 36°C, la floraison peut être perturbée. La gravité de ce type d’accident devient importante au-delà de 38°C. Concrètement, à partir de 36°C, la quantité et la qualité du pollen est affecté, cumulé à une période de floraison de la panicule réduite : cela peut entraîner des problèmes de pollinisation, et donc de fécondation des ovules. Toutefois, sur des variétés hybrides, une baisse du taux de viabilité au moment de l’émission de pollen peut être compensée par la quantité émise (de l’ordre de 5 à 10 millions par panicule).

Dans ce type d’incident, le nombre de grains peut être fortement pénalisé, les conséquences visibles variant selon le stade du futur épi lors de sa survenue.

En conclusion, les stress thermique et hydrique visibles dès la transition florale dans la région Poitou-Charentes peuvent affecter le nombre d’ovules initiés et le nombres de grains mis en place. Cependant, l’impact sur le rendement peut être atténué si des pluies significatives arrivent postfloraison. En effet, le nombre de grain sera surement affecté par les conditions actuelles, mais peut être compensé au moins en partie par le poids de mille grains si les conditions de remplissage sont favorables.

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