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Fertilisation PK sur maïs : trois exemples de parcelles en carence

Nos terres bretonnes sont réputées pour leur richesse en phosphore (P) et potassium (K). Cependant, depuis plusieurs années, certaines parcelles peuvent être sujettes à des carences en K ; et/ou présentent des teneurs en phosphore parfois limitantes, pouvant induire des pertes de rendement supérieures à 20 %. Voici les impacts visuels qui ont pu être observés dans trois situations.

Décoloration des feuilles de plante de maïs liée à une carence en K en Bretagne, en 2026

Les impacts visuels d’une carence en K 

La carence en potassium (K) sur maïs se manifeste souvent dans les situations de rotations fourragères ou avec des cultures qui exportent beaucoup de potassium (localisé essentiellement sur la partie tige-feuilles) sans suffisamment de retour de produits organiques. 

Exemple : les prairies fauchées sur plusieurs années avec retournement et implantation d’un maïs sans apports suffisants de fumier ou potassium minéral. 

Ces teneurs en potassium sont notamment plus faibles dans les bassins laitiers de l’est Bretagne.

Pour suivre ces évolutions grâce à la remontée anonymisée des analyses de terre de différents laboratoires, rendez-vous sur le site de la BDAT.

Exemple dans une parcelle du Morbihan en 2023

Symptômes en grands foyers avec une forte irrégularité sur la taille des maïs, d’un maïs à l’autre (typique de la carence en potassium), avec des symptômes foliaires de jaunissement puis brunissement et dessèchement de l'extrémité du limbe, puis des bords des vieilles feuilles.

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L’analyse de terre dans la zone très atteinte, comparée à la zone un peu moins atteinte, ne laisse pas de doute (figure 1). Pour un maïs fourrage en sol de limon breton, il est nécessaire d’avoir au moins 50 ppm en phosphore et 120 ppm en potassium. 

La teneur en potassium est trois fois plus faible que le seuil de risque. Une analyse de terre en amont des semis pouvait permettre d’éviter ces pertes importantes de rendements.

Figure 1 : Extrait de l’analyse de terre associé à l’accident de carence en potassium sur maïs

Figure 1 : Extrait de l’analyse de terre associé à l’accident de carence en potassium sur maïs

Les impacts visuels d’une carence en P sur fourrage

Les carences vraies en phosphore (P) sont plus rares en Bretagne mais peuvent exister, notamment dans les parcelles éloignées de l’exploitation et/ou qui reçoivent potentiellement moins de produits organiques (fumiers, lisiers). L’absence de starter dans des situations à risque augmente la survenue de l’accident.

Exemple dans une parcelle du Morbihan à Ploërmel (56)

Parcelle sans starter avec deux précédents différents, un précédent blé dans la zone atteinte et un précédent maïs avec apports organiques dans la zone moins atteinte. La séparation entre les deux précédents et nettement visible sur le maïs suivant.

Observations de la parcelle à un stade avancé, les symptômes sur feuilles se sont estompés, mais la croissance réduite est toujours bien présente.

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Une fois encore, l’analyse de terre dans la zone atteinte et la zone saine ne laisse pas de doute (figure 2). La teneur en potassium est bien au-dessus du seuil de risque de 120 ppm. Toutefois, en phosphore, le seuil de risque est à 50 ppm : la zone atteinte est donc deux fois plus faible que le seuil de risque. Néanmoins, la zone moins atteinte n’est pas pour autant riche en phosphore. Si aucun apport conséquent n’est réalisé, la zone moins atteinte pourrait décrocher dans les prochaines années également.

Figure 2 : Extrait Analyse de terre sur la parcelle avec une carence en phosphore sur maïs

Figure 2 : Extrait Analyse de terre sur la parcelle avec une carence en phosphore sur maïs

Les impacts visuels d’une carence en phosphore sur dérobée

Les carences en phosphore rencontrées en maïs peuvent également se rencontrer en dérobée de ray-grass. 

Dans l’exemple ci-dessous, la carence en phosphore a fortement ralenti le cycle de croissance de la dérobée en début de cycle, avec moins de tallage, un rougissement des vieilles âgées sans pertes de plantes. Les symptômes foliaires sont ensuite moins visibles hormis un retard de croissance avec un impact rendement important dans le foyer atteint.

Au 18 octobre 2025

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Au 30 novembre 2025

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Au 27 mars 2026 (mesure de biomasse passé à l’étuve sur des placettes de 1 m²)

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Une fois n’est pas coutume, l’analyse de terre confirme une teneur en phosphore en dessous des seuils de 50 ppm pour des cultures fourragères type ray-grass (figure 3). Mais la zone peu atteinte affiche des teneurs en phosphore faibles également et une vigilance sur la teneur en potassium.

Figure 3 : Extrait Analyse de terre sur la parcelle avec une carence en phosphore sur dérobée de ray-grass

Figure 3 : Extrait Analyse de terre sur la parcelle avec une carence en phosphore sur dérobée de ray-grass

À retenir
Malgré la présence d’élevage en Bretagne et l’apport de produits organiques, si des analyses de terre régulières ne sont pas réalisées, les carences peuvent se manifester.
Pour évaluer le risque selon les résultats de l’analyse de terre, calculer la dose PK à apporter et déterminer si les apports prévus sont suffisants. Consultez l’article « Maïs et carences en phosphore et potassium : ne pas sous-estimer les conséquences même en secteur d’élevage ».

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