Fertilisation azotée du maïs : adopter une stratégie d’apport gagnante
Après avoir fait le point sur le calcul de la dose totale d’azote pour maximiser la marge nette à l’hectare du maïs, revenons sur la stratégie d’apports : fractionnement, conditions d’épandage et formes d’azote.
Le marché mondial des engrais traverse une période de fortes turbulences. Ces évolutions influencent directement les coûts de production des cultures, la disponibilité des intrants et les stratégies d’approvisionnement.
En maïs, le poste fertilisation représente le 1er poste de charges opérationnelles et 14 % des charges totales selon la Fermothèque ARVALIS 2025. L’optimisation de la stratégie de fertilisation est donc de mise pour que chaque unité apportée soit la plus efficiente possible.
Dans ce contexte, il est essentiel de calculer la bonne dose d’azote en visant la marge plutôt que le rendement maximal. Mais en parallèle, la stratégie d’apport compte tout autant pour assurer une valorisation optimale de chaque unité apportée.
Lire aussi : « Fertilisation azotée du maïs : comment sécuriser sa marge dans un contexte de prix tendus ? »
Fractionner les apports
Le fractionnement de l’azote assure une meilleure valorisation de l’engrais apporté.
Si le reliquat d’azote dans le sol excède 60 unités, aucun apport n’est conseillé au semis, hormis via l’engrais starter (DAP) qui est préconisé dans une majorité de situations. Dans le cas contraire, un apport de 40 unités au semis est recommandé.
L’apport principal doit avoir lieu entre 6 et 10 feuilles pour accompagner les besoins du maïs qui s’accélèrent à ces stades afin d’être au maximum de l’absorption autour de la floraison. Si l’apport principal excède les 100 unités, un fractionnement en deux apports assurera une meilleure efficience, en positionnant l’apport le plus conséquent en dernier.
Les conditions d’apport sont aussi primordiales pour limiter les risques de perte directe par volatilisation. Les pluies après l’apport sont indispensables voire l’enfouissement. Pour esquiver une période de sec, le fractionnement est là encore une stratégie intéressante.
Quelle forme d’azote privilégier ?
Quant au choix de la forme d’azote, il doit intégrer plusieurs éléments : prix de l’unité, efficience, risque de volatilisation et conditions d’application. Des essais conduits par ARVALIS et ses partenaires mettent en évidence un gain de 4,7 q/ha pour l’ammonitrate par rapport à l’urée (apport fractionné, pas d’enfouissement). Attention cependant aux risques de brûlure : l’ammonitrate est déconseillé en plein après 4-5 feuilles.
D’autres formes peuvent être intéressantes sur un plan technique, comme l’ajout à l’urée d’inhibiteurs d’uréase ou les formes « retard » (urée enrobée) qui améliorent l’efficience en limitant le risque de volatilisation. Dans nos essais, les inhibiteurs d’uréase apportent à l’urée une plus-value sur le rendement de 1,8 q/ha. Pour les engrais de type urées « enrobées », les résultats varient selon les produits considérés, mais leur positionnement reste technique (adéquation de la dynamique de libération de l’azote avec les besoins de la culture).
En fonction des prix d’achats des différentes formes azotées, l’impact sur la marge est variable (tableau 1). Le prix de l’unité d’azote est à la base inférieure pour l’urée par rapport à l’ammonitrate. Mais l’urée a connu de plus fortes augmentations en début d’année. Sur la base de nos hypothèses, l’ammonitrate présente un léger avantage économique sur l’urée. L’écart se creuse si on considère des prix plus élevés pour l’urée par rapport à l’ammonitrate et/ou pour des prix du maïs en hausse.
Tableau 1 : Résultats technico-économiques de l’ammonitrate et de l’urée avec inhibiteurs d’uréase en comparaison à de l’urée (apport fractionné, pas d’enfouissement)
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