Maïs exposés à la sécheresse : faut-il ensiler ou encore attendre ?
Dans les parcelles totalement desséchées, un retour des précipitations ne permettra pas de rattraper les impacts. Cependant, dans les zones encore vertes, si la pluie revient, le rendement peut encore croître. Avant de décider s’il faut sortir l’ensileuse, voici quelques clés pour établir un diagnostic approfondi.
Sur le terrain, en l’absence d’irrigation, on rencontre actuellement ces trois situations :
1/ Situations encore peu pénalisées, en sols moyennement profonds et profonds
Les feuilles sont enroulées et ont une teinte « vert grisé », avec seulement quelques feuilles du bas gris-marron. L’émission de nouvelles feuilles est ralentie, la floraison retardée. Malgré tout, la surface verte reste encore fonctionnelle : les plantes ont capacité à redémarrer si la pluie revient, même si le rendement final sera pénalisé, du fait de la taille réduite qui grève la capacité à alimenter le grain. Après floraison, on sera en mesure d’apprécier le niveau de fécondation des épis. Il est trop tôt pour ensiler.
2/ Cas intermédiaire : plus de 30 % des feuilles sont de couleur marron
Les dernières feuilles émises prennent une teinte marron à leur extrémité et blanchissent. L’émission de nouvelles feuilles et la floraison sont bloquées. Seul un retour rapide des pluies pourrait permettre une reprise de végétation mais la floraison et le remplissage des grains seront aléatoires. Certaines plantes n’auront pas d’épis.
Les dernières feuilles émises prennent une teinte marron à leur extrémité et blanchissent. L’émission de nouvelles feuilles et la floraison sont bloquées. Seul un retour rapide des pluies pourrait permettre une reprise de végétation mais la floraison et le remplissage des grains seront aléatoires. Certaines plantes n’auront pas d’épis.
3/ Situations les plus préoccupantes : il reste moins de deux feuilles vertes
Près de 90 % des feuilles sont de couleur marron clair - gris blanc. La croissance est complètement stoppée. Seules la base des dernières feuilles et la tige sont encore vertes. La récolte peut s’envisager sans plus attendre car le rendement et la valeur alimentaire ne s’amélioreront pas. L’intérêt d’ensiler reste toutefois à évaluer selon la biomasse en place au regard du coût de récolte.
Quel rendement espérer à ce stade ?
Pour des maïs n’ayant pas encore développé d’épi, ou pour les plantes ayant des épis avec peu de grains, les méthodes classiques d’estimation du rendement ne sont pas valables. A titre indicatif, pour un peuplement correct (> 65 000 plantes /ha) et pour des stades compris entre 10 feuilles et floraison femelle, le rendement est compris :
• entre 2 et 4,5 t MS pour des maïs mesurant 1 m à 1,5 m ;
• entre 3,5 et 7 t MS pour des maïs mesurant 1,5 m à 2 m.
La digestibilité n’est pas liée au niveau de dessèchement des feuilles
Les mesures réalisées sur des maïs desséchés précocement révèlent des compositions chimiques très variables, mais avec malgré tout, une valeur énergétique qui ne baisse pas malgré l’absence d’amidon.
Point de vigilance : la teneur en matière sèche de ces maïs sans épi peut fluctuer fortement au cours de la journée : élément à prendre en compte pour organiser l’ensilage afin de garantir une bonne conservation.
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