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Comment gérer les maïs affectés par le stress hydrique ?

Si, dans les parcelles totalement desséchées, un retour des pluies ne permettra pas de rattraper les dommages, a contrario, dans les zones encore vertes, si la pluie revient, le rendement peut encore croître voire permettre la production de grains. Un diagnostic approfondi des parcelles est indispensable avant toute décision de récolte anticipée. 

Récolte de maïs sec début juillet 2026, en Pays de Loire

Sur le terrain, en l’absence d’irrigation, on rencontre actuellement ces trois situations :

1/ Situations encore peu pénalisées, en sols moyennement profonds et profonds

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Les feuilles sont enroulées et ont une teinte « vert grisé », avec seulement quelques feuilles du bas gris-marron. L’émission de nouvelles feuilles est ralentie, la floraison retardée. Malgré tout, la surface verte reste encore fonctionnelle : les plantes ont capacité à redémarrer si la pluie revient, même si le rendement final sera pénalisé, du fait de la taille réduite qui grève la capacité à alimenter le grain. Après floraison, on sera en mesure d’apprécier le niveau de fécondation des épis. Il est trop tôt pour ensiler.

2/ Cas intermédiaire : plus de 30 % des feuilles sont de couleur marron

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Les dernières feuilles émises prennent une teinte marron à leur extrémité et blanchissent. L’émission de nouvelles feuilles et la floraison sont bloquées. Seul un retour rapide des pluies pourrait permettre une reprise de végétation mais la floraison et le remplissage des grains seront aléatoires. Certaines plantes n’auront pas d’épis.

Les dernières feuilles émises prennent une teinte marron à leur extrémité et blanchissent. L’émission de nouvelles feuilles et la floraison sont bloquées. Seul un retour rapide des pluies pourrait permettre une reprise de végétation mais la floraison et le remplissage des grains seront aléatoires. Certaines plantes n’auront pas d’épis.

3/ Situations les plus préoccupantes : il reste moins de deux feuilles vertes

Près de 90 % des feuilles sont de couleur marron clair - gris blanc. La croissance est complètement stoppée. Seules la base des dernières feuilles et la tige sont encore vertes. La récolte peut s’envisager sans plus attendre car le rendement et la valeur alimentaire ne s’amélioreront pas. L’intérêt d’ensiler reste toutefois à évaluer selon la biomasse en place au regard du coût de récolte.

photo 3Quel rendement espérer à ce stade ?

Pour des maïs n’ayant pas encore développé d’épi, ou pour les plantes ayant des épis avec peu de grains, les méthodes classiques d’estimation du rendement ne sont pas valables. A titre indicatif, pour un peuplement correct (> 65 000 plantes /ha) et pour des stades compris entre 10 feuilles et floraison femelle, le rendement est compris :

• entre 2 et 4,5 t MS pour des maïs mesurant 1 m à 1,5 m ;
• entre 3,5 et 7 t MS pour des maïs mesurant 1,5 m à 2 m.

Sur des parcelles hétérogènes, une estimation de la surface concernée par le cas 1 et 2 permet d’approcher le rendement de la parcelle. Sur des faibles biomasses, bien prendre en compte un coût à l’heure - et non à l’hectare - pour prendre en compte le débit de chantier accéléré. Pour du maïs destiné aux animaux, le coût de l’ensilage est plus indicatif. Pour une parcelle destinée à la méthanisation, en estimant un coût de récolte de 300 à 400 €/ha (source : fiches PEREL), le seuil de rentabilité pour la récolte se situe entre 3 et 4 t MS/ha (pour une hypothèse de prix de vente de maïs entre 100 et 125 €/t).
 

La digestibilité n’est pas liée au niveau de dessèchement des feuilles

Les mesures réalisées sur des maïs desséchés précocement révèlent des compositions chimiques très variables, mais avec une valeur énergétique qui ne baisse pas malgré l’absence d’amidon : 0,85 à 0,95 UFL/kg MS. Cela s’explique par une bonne digestibilité des tiges et feuilles, et des teneurs souvent plus élevées en sucres solubles et en MAT. L’augmentation de teneur en MAT s’explique notamment par un moindre effet de dilution en raison du plus faible rendement. 

Lire aussi : « Maïs fourrage sous la sécheresse : les précautions à prendre lors du chantier d’ensilage »

Point de vigilance : la teneur en matière sèche de ces maïs sans épi peut fluctuer fortement au cours de la journée : élément à prendre en compte pour organiser l’ensilage afin de garantir une bonne conservation.

La production de maïs ensilage est donc perturbée sans irrigation. En parallèle, les moissons précoces ont permis de libérer des surfaces pour envisager la production de fourrages d’été d’opportunité en dérobée. Mais leur réussite est conditionnée par le retour d’une pluie significative. 

Lire aussi : « Moissons précoces et stocks fourragers : faut-il en profiter pour cultiver une dérobée ? »

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