Céréales : la surveillance de pucerons et cicadelles commence
Les premiers semis de céréales sont en cours de levée et les BSV relèvent la présence de pucerons et cicadelles dans les parcelles. Rappels des seuils d’intervention et des conditions d’application.
Pucerons et cicadelles : une météo favorable aux vols sur les semis précoces
Les conditions météorologiques des dernières semaines, marquées par des températures douces, des vents faibles et un automne clément, ont favorisé l’activité des pucerons et leur arrivée sur les premiers semis (voir les BSV). En effet, ces conditions sont propices à leur vol et à leur reproduction, notamment pour l’espèce Rhopalosiphum padi, principal vecteur du virus de la jaunisse nanissante de l’orge (JNO). Le risque de contamination est particulièrement important aux premiers stades de développement des céréales : de la levée au stade trois feuilles. L’observation est donc essentielle sur les premières parcelles levées !
Pour rappel, en dessous de 3°C, les pucerons cessent leur activité, mais peuvent survivre. Les températures fraîches de ces derniers matins ralentissent donc leur activité mais ne les suppriment pas.
Consultez les derniers BSV de votre région.
Vigilance en cas de retour de conditions plus favorables
Par ailleurs, les repousses de céréales, la présence de friches, haies, bois à proximité ou de cultures avec présences de pucerons (maïs) peuvent être des réservoirs. L’été 2026 - sec et chaud - devrait donc contribuer à limiter le risque à l’échelle régionale du fait de l’absence quasi générale de repousses. De même, la faible présence de pucerons sur maïs ainsi que les récoltes précoces de maïs vont dans le sens d’un réservoir plutôt restreint. D’autre part, les conditions météo des prochains jours (petites pluies & vent) sont plutôt défavorables au vol de pucerons et donc à l’infestation de nouvelles parcelles. La vigilance reste toutefois de mise surtout en cas de retour de conditions plus favorables !
Que faire en présence de pucerons ?
Sur pucerons d’automne, le seuil d’intervention est fixé à 10 % de plantes portant au moins un puceron, ou présence de pucerons plus de 10 jours dans la parcelle quel que soit le niveau d’infestations.
Attention, les conditions météo actuelles (temps couvert, températures plus faibles, vent) rendent l’observation des pucerons peu aisée. En effet, dans ces conditions, les pucerons sont retranchés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules. L’observation devra donc être minutieuse.
Il est conseillé d’intervenir à partir d’1 feuille étalée si l’un des seuils est atteint. Les insecticides homologués sont des produits dont la persistance d’action est assez limitée (10-15 jours selon la pluviométrie et l’ensoleillement). Ce sont des produits uniquement de contact (efficacité directe sur le puceron ou indirecte via la feuille porteuse de produit). Il ne faut compter sur aucune systémie : les nouvelles feuilles formées après le traitement ne seront pas protégées.
Certaines variétés d’orge d’hiver présentent une tolérance à la JNO. Elle ne confère pas une résistance totale, mais cette tolérance permet de faire l’impasse sur un traitement visant les pucerons à partir du moment où la variété est semée sur la période recommandée sur le secteur.
Tableau 1 : Variétés d’orge d’hiver tolérantes et sensibles à la JNO
Que faire en présence de cicadelles ?
Les cicadelles sont des insectes vecteurs de la maladie des pieds chétifs. Comme les pucerons, leur présence est favorisée par des températures douces (supérieures à 12°C), l’absence de pluie et un temps ensoleillé, paramètres rencontrés pour les premiers semis 2026.
Le seuil d’intervention est fixé à 30 captures hebdomadaires de cicadelles sur un piège englué jaune. En cas d’attaque précoce, le traitement peut être nécessaire dès le stade 1 feuille de la céréale. Les BSV signalent des captures sur l’ensemble du secteur avec ponctuellement une atteinte du seuil en Indre-et-Loire.
En résumé, la pression insectes reste à surveiller de près particulièrement sur les premiers semis : il faut aller voir dans les parcelles, observer attentivement, et intervenir dès que les seuils sont atteints pour éviter toute perte de potentiel.
Herbicide racinaire et insecticide : vigilance sur ce type de mélange
Associer un herbicide racinaire et un insecticide en postlevée précoce des céréales d’hiver peut sembler pratique, mais leurs exigences d’application diffèrent. Le mieux est donc de dissocier les deux applications.
Les herbicides racinaires nécessitent avant tout un sol humide pour être efficaces : ils ont besoin d’eau pour diffuser dans le sol jusqu’à leurs cibles. Ils ne sont pas sensibles au volume de bouillie et au type de buse utilisée. Dans ce contexte, les buses à injection d’air sont à privilégier pour, a minima, réduire la dérive, mais aussi limiter la volatilisation de ces produits à destination du sol. Rappelons qu’elles sont même obligatoires pour l’application de prosulfocarbe (buses homologuées à 66 % minimum, et à 90 % pour réduire la distance de sécurité vis-à-vis des riverains de 20 à 10 mètres).
Lire aussi : « Prosulfocarbe : bien respecter les règles d’application pour désherber les céréales à paille »
De leur côté, les insecticides de la famille des pyréthrinoïdes ciblant pucerons et cicadelles agissent essentiellement par contact, d’où la nécessité de les appliquer en présence des insectes. Leur efficacité va dépendre de la qualité de pulvérisation. Ainsi, si, lors de l’application herbicide, la pression de ravageurs présents dans la parcelle justifie également l’application d’un insecticide, le mélange devra être appliqué à 150 l/ha minimum et uniquement avec des buses à injection d’air homologuées à 66 % ou 75 % de réduction de dérive pour maximiser l’efficacité des deux produits. La buse homologuée à 90 % produit de trop grosses gouttes pour un produit de contact. Il conviendra dans ce cas de dissocier les deux applications.
Lire aussi : « Mélange herbicide racinaire et insecticide : attention aux buses et aux volumes de bouillie »
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