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Sud-Ouest

Faut-il ensiler les maïs avec des potentiels déjà gravement compromis ?

Face à la sécheresse, les producteurs se posent actuellement la question d’ensiler leur maïs ou non, pour du fourrage ou de la méthanisation.

chantier d'ensilage

Ce choix doit prendre en compte :

  • le rendement fourrage atteignable pour juger de l’opportunité économique de récolter la parcelle,  
  • le rendement grain atteignable pour juger de l’opportunité économique de basculer de grains vers fourrage.

Estimer le rendement fourrage atteignable

En ce qui concerne le rendement fourrage atteignable, des modèles permettent d’estimer les biomasses (tableau 1). Attention toutefois, ces modélisations prennent seulement en compte les effets du stress hydrique et n’intègrent pas les effets du stress thermique, facteur d’aggravation de la perte de potentiel de biomasse. 

Tableau 1 : Estimations de biomasse modélisées par CHN sur une parcelle en sec (en t MS/ha sur pied le 20/07/26) – Station météo de Mont-de-Marsan (40)

Tableau 1 : Estimations de biomasse modélisées par CHN sur une parcelle en sec (en t MS/ha sur pied le 20/07/26) – station météo de Mont-de-Marsan (40)
Attention : il s’agit de rendement biologique. Il faut retirer les cannes qui restent au sol.

A noter que du point de vue de la valeur alimentaire, les maïs ayant subi un stress hydrique à plus ou moins 15 jours de la floraison montrent une digestibilité globalement bonne, même lorsque 75 % des feuilles sont desséchées. Malgré un taux d’amidon plus faible puisqu’ils ont moins ou pas de grains, leur valeur alimentaire reste proche de la normale (0,85 à 0,95 UFL/kg MS). Cela s’explique par une bonne digestibilité des tiges et feuilles, et des teneurs souvent plus élevées en sucres solubles et en MAT. L’augmentation de teneur en MAT s’explique notamment par un moindre effet de dilution en raison du plus faible rendement.

Estimer le rendement grain atteignable

Pour estimer le rendement grain atteignable, on peut passer par une estimation du nombre de grains par m² dans les parcelles ayant passé le stade SLAG pour intégrer tous les impacts passés.

A ce stade de la campagne, dans la majorité des situations, le nombre de grains/m² est d’ores et déjà fixé. Pour l’estimer, il faut compter le nombre d’épis par plante et estimer un nombre de grains par épi (tableau 2). Le PMG final dépendra fortement de la situation hydrique de la parcelle considérée dans le mois suivant le SLAG, puis du nombre de grains à remplir. A titre de comparaison, le PMG se situe entre 250 et 350 g dans les situations historiques.

Tableau 2 : Abaques pour estimer le rendement grain atteignable (en q/ha) en fonction du nombre de grains/m² et du PMG espéré

Tableau 2 : Abaques pour estimer le rendement grain atteignable (en q/ha) en fonction du nombre de grains/m² et du PMG espéré

La pertinence économique d’une récolte en ensilage plutôt qu’en grain dépend du chiffre d’affaires espéré en fourrage (biomasse x prix de vente sur pied) et du chiffre d’affaires espéré en grains (rendement grain estimé x prix de vente net de séchage et de transport) ainsi que des charges différentielles entre les deux stratégies (tableau 3). A noter que cette approche est schématique et suppose qu’aucune charge fixe liée à l’irrigation, à la récolte, au séchage et au transport ne se répercute sur la parcelle vendue sur pieds.

Tableau 3 : Paramètres à prendre en compte pour juger de l’opportunité économique entre une vente en grains et une vente sur pieds

Tableau 3 : Paramètres à prendre en compte pour juger de l’opportunité économique entre une vente en grains et une vente sur pieds
Le bilan des 2 options permet de comparer les gains par hectare.

A titre d’exemple, on estime qu’en sec en dessous de 40 q/ha, il est plus avantageux de vendre le maïs en ensilage sur pied et l’ensilage doit être fait en visant un taux de MS correct pour la conservation. Les parcelles < 1200 grains/m² n’atteindront généralement pas ce seuil de rendement.

Au-dessus de ce seuil de rendement, la récolte en grains peut s’envisager. Pour l’instant, ces maïs peuvent être conservés.

Pour les parcelles ayant passé le SLAG, c’est le remplissage des grains qui déterminera le rendement. En parcelles irriguées, il faut poursuivre l’irrigation comme avec la stratégie habituelle pour favoriser le remplissage. En parcelles non irriguées, le climat des prochains jours sera déterminant, en particulier la pluviométrie très hétérogène des orages d’été.

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