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Ouest Occitanie

Sols secs : comment gérer semis de céréales et gestion des adventices ?

Au vu de la faiblesse des pluies ces dernières semaines, les préparations des lits de semences et la gestion du désherbage sont quelque peu perturbées. A l’approche des semis de céréales, des questions sur le positionnement des différents chantiers, avant ou au moment du retour des pluies.

Désherbage de prélevée sur blé en 2026 en Occitanie

En premier lieu, il est nécessaire de rappeler que les épisodes de pluies de ces dernières semaines n’ont pas permis systématiquement de faire correctement fonctionner les déchaumages et faux-semis. Il peut donc y avoir un stock de graines en surfaces (précédent, adventices) en attente de conditions favorables pour pousser. Ce risque de salissement brutal lors du retour des pluies est à prendre en compte dans un contexte de parcelles de plus en plus sales et difficiles à désherber. Les chantiers de semis ne doivent donc pas se raisonner uniquement pour l’implantation de la nouvelle culture, mais aussi pour la gestion du salissement de celle-ci. 

Deux leviers pour gérer les levées de graminées adventices

Décaler la date de semis

Le décalage de la date de semis vise à favoriser la levée des adventices et des céréales précédentes avant l’implantation de la culture, afin de pouvoir les détruire avant le semis. Cette stratégie nécessite toutefois une pluviométrie suffisante pour déclencher leur levée, puis des conditions permettant d’implanter la culture dans de bonnes conditions.

Au vu des prévisions actuelles, en l’absence de fortes précipitations annoncées, on peut envisager un épisode pluvieux permettant de faire lever les adventices, suivi d’une période suffisamment favorable pour semer les céréales. Ce scénario reste néanmoins incertain et comporte un risque. Le décalage des semis doit donc être réservé aux parcelles où les niveaux de salissement attendus sont importants, ou sur les précédents céréales à pailles.

Pour rappel, les préconisations concernant les dates de semis sont les suivantes :

  • Orges d’hiver : si nécessaire, les semis peuvent être retardés jusqu’en novembre, uniquement si les conditions de sol restent favorables. Il convient notamment d’éviter les sols présentant un risque d’asphyxie dès la levée. Des sols encore chauds favorisent une levée rapide de la culture.
  • Blé tendre d’hiver : les semis peuvent être décalés de deux à trois semaines si les conditions le nécessitent. Il est préférable d’attendre des conditions d’implantation favorables plutôt que de se précipiter, au risque de semer trop tôt et de perdre en maîtrise de l’état sanitaire de la parcelle.
  • Blé dur : les périodes optimales de semis ne sont pas encore atteintes. La décision de démarrer les chantiers peut donc être reportée jusqu’à début novembre. De plus, cette espèce présente une grande flexibilité phénologique, permettant une implantation sur une période relativement large.

Recourir au désherbage chimique

Le second levier repose sur la lutte chimique contre les graminées adventices. Dans un contexte de résistances très répandues aux herbicides inhibiteurs de l’ALS ou de l’ACCase, les stratégies de désherbage privilégient les interventions automnales, sur des adventices peu développées, afin de maximiser leur efficacité.

L’efficacité de ces applications dépend toutefois fortement des conditions d’humidité du sol. Une humidité suffisante est nécessaire pour favoriser l’activation de certaines matières actives et limiter les pertes d’efficacité liées aux conditions sèches.

Ainsi, l’efficacité des désherbages antigraminées à l’automne est étroitement dépendantes des conditions d’humidité au moment des applications, notamment de la pluviométrie autour de la période de semis.

On notera qu’au-delà du stade 2F des adventices l’efficacité des produits disponibles diminue fortement. Il vaut mieux alors semer quand les conditions sont favorables pour pouvoir désherber une fois le semis réalisé. Un roulage du sol après semis peut améliorer le contact entre le sol et l’herbicide en favorisant une surface régulière, mais son intérêt dépend avant tout des conditions d’humidité.

L’impact de l’humidité du sol sur le désherbage chimique

L’humidité du sol est un facteur essentiel d’efficacité des herbicides de prélevée et/ou de postlevée précoce. La comparaison des efficacités obtenues en conditions sèches et en conditions plus favorables met en évidence un enjeu majeur : à herbicides équivalents, l’écart d’efficacité peut atteindre 30 à 40 points. 

Dès lors, plusieurs situations peuvent se rencontrer :

  • La parcelle est « propre » ou sans risques majeurs d’infestation de graminées : il est possible de retarder l’application (si une prélevée était prévue) pour passer sur une postlevée précoce, même si le risque de non-réalisation de l’intervention - du fait de condition climatiques défavorables - ne peut pas être exclu. Le décalage de la date de semis peut être envisagé également si la situation le permet, pour bénéficier de conditions plus favorables à la prélevée.
  • La parcelle est « sale » ou présente un historique de fortes infestations : s’il n’est pas possible de décaler le semis, qui reste l’option plus favorable, le programme prélevée puis postlevée (voire double post-semis d’automne si le scénario climatique le permet) reste d’actualité. Même si la prélevée ne sera pas réalisée dans les meilleures conditions, le programme restera in fine supérieur en efficacité à la seule postlevée. Il peut aussi être intéressant de ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier en se laissant la possibilité de revenir en postlevée (chlortoluron, flufénacet), si l’efficacité de la prélevée n’était pas au rendez-vous. Dans ce cas, il vaut mieux ainsi faire des programmes simples afin d’éviter que l’enveloppe désherbage s’envole. 

Zoom sur quelques cas de figures

Sur la base de ces éléments, plusieurs cas de figures peuvent se dessiner. Il s’agit de cas théoriques (mais réalistes), sans connaissance des prévisions de pluie à moyen terme.

Cas défavorable de sols humides à hydromorphes, avec un historique de salissement 

Il s’agit clairement de la situation la plus compliquée à gérer. Un semis « dans le sec » avant les pluies risque de faire lever adventices et repousses (si elles n’ont pas déjà levé) en même temps que la culture lors de l’arrivée des pluies. Les conditions de désherbage de prélevée risquent d’être défavorables. Dans ce cas, il peut être nécessaire d’attendre les pluies attendues pour cette semaine, pour laisser lever une partie des adventices puis repréparer les sols. Si le semis a déjà été réalisé et que le sol est trop sec pour favoriser la germination, il convient également d’attendre avant de réaliser la prélevée. 

Cas de sols à bon ressuyage, avec une problématique de salissement 

Si le salissement concerne des adventices, il nous semble urgent d’attendre pour semer, et désamorcer la problématique de désherbage (soit par un faux-semis et un décalage de l’implantation, soit par un labour et une adaptation du programme de désherbage chimique). Dans tous les cas, les conditions redeviendront plus favorables pour réaliser à la fois l’implantation et les désherbages. 

Si le salissement concerne des repousses problématiques (par exemple, des repousses d’orge dans une parcelle de blé), il est préférable de laisser les parcelles « verdir ». Là encore, une fois les levées indésirables faites, un travail du sol permettra de nettoyer la parcelle et de procéder à l’implantation dans des conditions plus sereines.

Cas de parcelles « propres »

Il est possible de semer avant le retour des pluies, avec l’optique de contrôler les adventices avec un programme de désherbage adapté (par exemple avec un herbicide de postlevée en cas de résistance aux herbicides foliaires). Une préparation sans labour peut être adaptée pour limiter les coûts d’implantation compte-tenu du faible risque d’accidents de structure. Attention au contraire aux préparations profondes (labour, déchaumage profond ou décompactage) qui pourraient générer des mottes, avec un surcoût de préparation et un risque de mauvaise levée (présence de mottes, attaque de limaces).

Cas de semis déjà réalisé dans le sec, parcelle sale ou à risque

En l’absence de pluies, l’efficacité des herbicides de prélevée peut être limitée par le manque d’humidité du sol. Il convient donc d’adapter le positionnement du désherbage aux conditions rencontrées, il est préconisé d’attendre le retour des pluies avant toute intervention sauf si l’humidité résiduelle est suffisante. Pour des raisons de sélectivité, il est conseillé d’éviter d’intervenir au stade « pointant » de la céréale. Si c’est le cas, attendre le stade « 1 feuille étalée » pour réaliser le désherbage. Au retour des pluies, il faudra réévaluer la stratégie en fonction du stade des adventices et de la culture, afin de maintenir une bonne efficacité du désherbage.

Il n’existe pas de stratégie unique face aux conditions sèches. Le choix doit être raisonné à la parcelle, en tenant compte du type de sol, du niveau de salissement, de la possibilité de décaler le semis et des conditions d’humidité attendues pour les interventions herbicides.

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