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Bretagne

Récolte du maïs : pas avant la fin floraison

Les maïs subissent des stress hydriques rarement connus à des stades précoces. Conséquence, ces derniers jours, on peut entendre ou voir sur les réseaux sociaux des ensilages de maïs dans le sud des Pays de la Loire et Charente avec des feuilles de maïs séchées (couleur gris-marron). Toutefois, en Bretagne, le niveau de stress hydrique, bien qu’élevé, n’est pas égal à celui des autres régions. Les feuilles des maïs restent vertes en majorité pour le moment : il est urgent d’attendre la fin de floraison et de ne pas se précipiter dans les décisions.

Maïs vert début juillet 2026 en Bretagne

Etat du stress hydrique à l’échelle de l’Ouest

Pour comparer l’état de stress hydrique potentielle entre secteurs, un indicateur simple est disponible : le P-ETP (carte 1). La profondeur de sol n’est pas prise en compte. 

On constate des niveaux de stress très élevés dans le sud des pays de la Loire et en Poitou-Charentes. En Bretagne, la situation est stressante mais de manière moins intense (-200 mm dans le sud-est Bretagne vs -300 mm dans les Deux-Sèvres). 

Vigilance à ne pas faire des raccourcis entre la situation en sud Pays de la Loire et Poitou-Charentes par rapport à la situation en Bretagne sur l’état des maïs et la décision d’ensiler.

Carte 1 : Niveaux de P-ETP (Pluie-évapotranspiration potentielle) du 25 avril au 5 juillet 2026

Carte 1 : Niveaux de P-ETP (Pluie-évapotranspiration potentielle) du 25 avril au 5 juillet 2026

Quand attendre ou décider de récolter des maïs stressés ?

Pour rappel, le rendement du maïs fourrage, pour près de 50 %, du poids des tiges et feuilles dont l’optimum est obtenu à floraison. Au vu des stress hydriques intenses, cette partie du rendement est fortement pénalisée. 

Toutefois, l’autre moitié du rendement est obtenue par le remplissage des grains. La surface foliaire verte participe fortement, via la photosynthèse, à remplir les grains. En fin de cycle, ce sont les réserves des tiges et feuilles qui commencent à migrer vers les grains pour terminer le remplissage.

L’enjeu dans les situations de stress hydrique est de déterminer si la plante est en capacité de remplir un minimum les grains au retour des pluies, afin de gagner un peu de rendement et de volume fourrager.

Si la floraison n’a pas eu lieu ou est en cours, on ne peut pas encore constater l’état de viabilité des grains des épis. Le diagnostic permettant de déterminer la présence ou non des épis et des grains viables s’effectue idéalement à SLAG (Stade Limite d’Avortement des Grains), soit 15 jours après la floraison (250°dJ bas 6-30). 

Les situations où l’on récolte avant ou autour de floraison (cas en Pays de la Loire et en Charente) sont les maïs ayant une surface foliaire fortement pénalisée, avec une majorité de feuilles marrons. Ces feuilles non fonctionnelles ne pourront pas remplir les grains, voire avec une émission des feuilles bloquée, n’engendreront que des problèmes de fécondation aboutissant à l’absence ou très peu de grains viables.

Néanmoins, ces situations, caractérisées par des maïs ayant une majorité de feuilles marrons et moins de deux feuilles vertes sur une partie significative de la parcelle, sont rares pour le moment en Bretagne. 

Il est alors important d’attendre la fin de la floraison puis de venir diagnostiquer l’état des épis et grains 15 jours après au moment du SLAG.

  • Si les maïs n’ont pas d’épis, le rendement ne va pas progresser, il faut récolter rapidement pour préserver la qualité du fourrage.
  • Si des épis sont présents, il faut alors se poser deux questions :
    • A-t-on suffisamment de grains viables pour espérer un gain de rendement ? Si ce n’est pas le cas, la récolte devra s’envisager rapidement.
    • Si l’on a suffisamment de grains, est-ce que la surface foliaire est suffisamment fonctionnelle pour remplir ces grains ?

Tableau 1 : Clés de décision pour décider ou non de récolter après le SLAG

Tableau 1 : Clés de décision pour décider ou non de récolter après le SLAG
Téléchargez des exemples illustratifs des situations rencontrées dans l’Ouest
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À retenir :

Dans la très grande majorité des situations bretonnes :

  • Il est urgent d’attendre.
  • Les maïs bretons, bien que très stressés, ont la majorité des feuilles encore vertes => la surface foliaire reste fonctionnelle et le redémarrage des plantes est possible si la pluie revient => attendre 10-15 jours après la floraison pour constater l’état des épis et décider ou non de récolter rapidement. 

Les cas critiques qui nécessitent une récolte très précoce :

  • Les maïs en sols superficiels ayant reçu moins d’eau en mai et début juin avec plus de 30 % des feuilles sont de couleur marron => si pas de pluies d’ici 10 jours, une valorisation en affouragement en vert ou pâturage est envisageable.
  • S’il reste moins de deux feuilles vertes : récolte à prévoir rapidement pour préserver la conservation et valorisation du fourrage.

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