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Pomme de terre : bien appréhender le risque mildiou

En ce mois de juin, le mildiou reste encore peu présent dans la plaine, mais les conditions deviennent progressivement plus favorables à son développement.

symptômes de mildiou sur jeunes feuilles de pdt

Les conditions sèches de mars et avril ont limité les contaminations précoces de mildiou. Depuis fin avril, des contaminations ont été observées, plutôt dans des secteurs confinés à l’abri du vent, généralement sur tas de déchets avec repousses.

La période humide début mai a été favorable au mildiou et à une forte croissance des pommes de terre. A l’inverse, la vague de chaleur de fin mai a fortement limité la sporulation et interrompu la progression de l’épidémie.

Avec le retour d’une météo plus humide début juin, la pression repart à la hausse mais reste modérée. Depuis quelques jours, les premières contaminations en parcelle sont signalées. Le cumul de pression mildiou reste toutefois relativement faible, comparable à celui observé en 2023 (figure 1).

Pour autant, il est capital et urgent que les tas de déchets ou les repousses de pommes de terre soient gérés pour éliminer toutes sources ou relais de contaminations, en bâchant a minima les tas pour diminuer l’inoculum primaire ! 

Les déclenchements de traitements sont en cours ou prévus dans les prochains jours selon les situations locales (orages, irrigation, humidité persistante). 

Figure 1 : Cumul des poids de contamination au mildiou à Villers-Saint-Christophe (02) de 2020 à 2026 sur la période mars-juin

Figure 1 : Cumul des poids de contamination au mildiou à Villers-Saint-Christophe (02) de 2020 à 2026 sur la période mars-juin

Comprendre les indicateurs de risque

Le modèle Mileos® d’ARVALIS, intégré dans des OAD de pilotage de protection contre le mildiou de la pomme de terre, permet de suivre le risque en temps réel à la parcelle et d’intervenir si nécessaire.

A ce jour, il s’appuie sur trois indices pour bien anticiper le risque mildiou :

  • la réserve maladie, qui correspond aux spores présentes à un instant t dans l’environnement ;
  • l’index de contamination. Cet indice reflète les conditions climatiques favorables ou non aux contaminations (seuil supérieur ou égal à 8 → le climat est favorable) ;
  • le poids de contamination, qui correspond à la partie de la réserve capable de contaminer à un instant t :
    - seuil supérieur ou égal à 2 : risque pour les variétés sensibles ; 
    - seuil supérieur ou égal à 3 : risque pour les variétés intermédiaires ;
    - seuil supérieur ou égal à 4 : risque pour les variétés tolérantes.

Aujourd’hui, le modèle reflète bien la situation (figure 2) :

Figure 2 : Exemple de risque mildiou calculé par le modèle Mileos le 12 juin 2026 à Villers-Saint-Christophe (02)

Figure 2 : Exemple de risque mildiou calculé par le modèle Mileos le 12 juin 2026 à Villers-Saint-Christophe (02)
A ce jour, le climat est favorable (Index de contamination élevé : fréquemment supérieur à 8 - courbe violette) aux contaminations mais les réserves maladies sont faibles et n'engendrent pas de poids de contamination élevés (histogramme vert inférieur à 2 jusque début juin).

Les recommandations à retenir :

  • analyser le risque : si un environnement à proximité de la parcelle est contaminé, il faut considérer une réserve de spores élevée (index de contamination supérieur ou égal à 8) et protéger la parcelle dès que le climat est favorable ;
  • avec un climat très changeant (averses localisée), il est primordial de bien renseigner toutes les interventions, l’irrigation peut avoir un impact très important et engendrer des alertes.

Lire aussi : « Pomme de terre : comment irriguer sans favoriser le mildiou ? »

Rappels des bonnes pratiques de protection

Si le risque mildiou est avéré et qu’une intervention est nécessaire, il est conseiller de suivre les bonnes pratiques, afin de prévenir les résistances de certaines souches de mildiou aux fongicides : 

  • alterner au maximum les modes d’actions ;
  • utiliser si possible des produits ayant deux modes d’actions ;
  • préférer le préventif au curatif ; 
  • ne pas commencer un programme avec un CAA ou un Zorvec ;
  • ne jamais mélanger ou alterner CAA et Zorvec ; 
  • alternance stricte des CAA ; 
  • associer les produits contenant un CAA solo ;
  • limiter l’usage du Zorvec (max 2) et des CAA (pas plus de 50 % du programme).

Tableau 1 : Produits et stades d’application pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre (version de novembre 2025)

Le seuil de nuisibilité est atteint lorsque 2 foyers pour 1000 m² en bordure de parcelle sont observés (1 foyer = 2 à 3 plantes avec au moins 20 larves au total).

Le mildiou, un pathogène favorisé par les conditions humides

Phytophthora infestans, agent pathogène responsable du mildiou, est un oomycète dont le développement dépend fortement des conditions climatiques. 

Les spores contaminent le feuillage sous réserve d’avoir des conditions suffisamment humides (hygrométrie ≥ 87 % pendant plusieurs heures).

La maladie incube 5 à 7 jours lorsque les températures sont proches de 16-18°C. Après incubation, les symptômes apparaissent : un duvet blanc en face inférieure des feuilles apparaît et correspond à la sporulation. Ensuite, les spores se dispersent en conditions venteuses. 

Figure 3 : Cycle de vie du mildiou de la pomme de terre

Figure 3 : Cycle de vie du mildiou de la pomme de terre

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