Maïs fourrage : ne pas sous-estimer les carences en phosphore et potassium, même en secteur d’élevage
Les récoltes de dérobée se poursuivent, les préparations de sol et apports organiques (fumiers) pour les semis de maïs sont en cours. C’est également le moment de calculer les besoins en phosphore et potassium du maïs. Rappel des bases agronomiques de la fumure PK pour éviter toutes déconvenues.
La Bretagne bénéficie d’une réputation de terre d’élevage riche en phosphore et potassium. Toutefois, on observe des carences en potassium depuis plusieurs années et les teneurs en phosphore sont parfois limitantes, avec des pertes de rendement potentielles supérieures à 20 %.
Des analyses de terre récentes (moins de 5 ans) permettent d’ajuster la dose d’apports (organiques et/ou minéraux) pour éviter les carences en PK, notamment sur les parcelles les plus à risque. Le raisonnement se construit en trois étapes :
- Etape 1 : Interpréter la teneur en PK du sol pour déterminer le risque de carences. Pour rappel, les situations à fort risque sont celles où POlsen < 50 ppm et K20 éch < 120 ppm.
- Etape 2 : Calculer la dose de PK à apporter selon un coefficient multiplicateur * rendement prévu (t MS/ha) * teneur en PK du maïs.
- Etape 3 : Déterminer si les apports prévus sont suffisants. En l’absence d’analyse de sol disponible, consultez l’outil gratuit en ligne.
Ces étapes reprennent la méthode COMIFER.
Quel raisonnement suivre en sols de limons bretons ?
La première étape est de savoir si les teneurs en P et K de son sol sont trop pauvres, à entretenir ou assez élevées pour le maïs, le maïs fourrage étant une culture moyennement exigeante en P et K (figure 1).
Figure 1 : Evaluer le risque de carence en PK du maïs
L’analyse des teneurs du sol permet de positionner la parcelle selon les teneurs-seuils Trenforcé et Timpasse pour déterminer l’intérêt d’une fertilisation « renforcée », « d’entretien » ou une impasse.
La dose est calculée à partir d’un coefficient de multiplication (tableau complet des coefficients à la page 33 du guide COMIFER) et du rendement prévisionnel (figure 2). Ce coefficient dépend également du nombre d’années sans apports organiques ou minéral.
Figure 2 : Calculer la dose PK à apporter sur maïs fourrage
Une fois la dose connue, il est important de savoir si les apports en produits organiques et minéraux sont suffisants. Bien souvent, la fertilisation PK est systématisée en maïs fourrage avec les mêmes apports de fumiers-lisiers et minéraux (type starter). Néanmoins, certaines parcelles vont nécessiter plus d’apports et d’autres potentiellement moins.
Selon l’urgence, une modification des quantités apportées (sous réserve de respecter la dose prévisionnelle en azote) en fonction des parcelles peut être nécessaire à l’échelle de l’exploitation.
On ne connaît pas toujours la valeur fertilisante de ses produits organiques tout en sachant que des coefficients d’équivalence varient selon les produits. Aidez-vous de l’outil gratuit d’ARVALIS qui donne facilement des ordres de grandeur selon le type de produit organique de la fourniture efficace en P et K pour le maïs.
Pour être plus concret, retrouvez trois exemples de parcelles bretonnes en carence.
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