Les clés pour optimiser les semis de maïs
Au-delà de la hausse des températures journalières, un sol réchauffé et ressuyé est une condition incontournable pour sortir les semoirs de maïs.
Date de semis : aussi tôt que possible mais jamais trop tôt, alors c’est quand ?
Le top départ des semis peut être donné si plusieurs paramètres sont réunis :
- Sol réchauffé à autour des 10°C à 10 cm de profondeur (rappelons que le zéro de végétation du maïs se situe autour de 6°C). Il est également possible de mesurer cela à l’aide d’un simple thermomètre !
- Sol ressuyé à pour savoir si le sol est prêt à être travaillé, prendre une motte en la pressant entre ses doigts. Si le sol s’émiette sans coller, l’état d’humidité est satisfaisant et le sol peut être travaillé. Cela permettra d’obtenir un lit de semences impeccable : fin mais rappuyé qui assurera un bon contact sol/graine (les sols soufflés sont plus sujet aux attaques d’oiseaux !).
- Sol bien structuré/non tassé à pour l’évaluer, l’idéal est de réaliser un test bêche. Le maïs est une espèce sensible au tassement. Des essais ont montré des pertes de rendement pouvant aller jusqu’à 35 % sur du maïs fourrage.
Pour en savoir plus, consulter cet article : « Le test bêche : une méthode simple pour évaluer la structure du sol »
Qu’est-ce que l’on peut y gagner ?
Semer tôt, en bonnes conditions, permet de gagner quelques points d’humidité à la récolte (ou permet de récolter plus tôt), ce qui permettra de préserver la marge en contenant les frais de séchage. Cet effet « date de récolte » contribuera également à la préservation de la qualité sanitaire (DON, ZEA). Pour le maïs fourrage, les essais historiques montrent plutôt un optimum de date de semis à partir du 15/04 dans la région comme le montre la figure 1.
Figure 1 : Incidence de la date de semis sur le rendement du maïs grain et du maïs fourrage
Le semoir : une pièce maîtresse
Si toutes les conditions ne sont pas encore réunies, la patience est de mise. En attendant, quelques vérifications au niveau du semoir peuvent être effectuées.
Consultez la vidéo présentant les huit points de contrôle essentiels disponible sur la chaîne ArvalisTV / Youtube : Réussir son semis de maïs : entretien et contrôle du semoir - ARVALIS-infos.fr
Semer à la bonne densité : selon le potentiel de la parcelle, la précocité, la disponibilité en eau, le débouché prévu (grain ou fourrage)
La semence constitue un poste important de charges opérationnelles d’une culture de maïs, mais attention aux fausses économies ! La densité de plantes à la récolte est la première composante du rendement. Pour raisonner au plus proche de l’optimum, il est conseillé d’ajuster la densité de semis en fonction du couple précocité-variété. Ceci en vue de l’établissement d’une architecture de peuplement idéale : un épi bien rempli par plante (que l’on vise un débouché grain ou fourrage !).
Tableau 1 : Densités à la récolte et densités de semis conseillées (densités exprimées en milliers de plantes ou de graines/ha)
Fertilisation starter au semis (N,P) : oui, mais éviter le gaspillage alimentaire qui coûte cher !
Pour assurer un démarrage rapide et en cas de semis précoces, l’utilisation d’un engrais starter est souvent rentable. En effet, comparativement à l’azote, le phosphore est un élément peu mobile dans le sol et les toutes jeunes racines du maïs peuvent y avoir accès de manière limitée. Le recours à un engrais starter de type 18-46 correspond à la forme la plus économique.
En complément de la messagerie précédente sur le calcul de la dose d’azote à apporter sur une culture de maïs, nous pouvons évoquer la stratégie d’apport au semis : si le reliquat d’azote dans le sol excède 60 unités, aucun apport n’est conseillé au semis (en plus de celui éventuellement apporté via l’engrais starter). Dans le cas contraire, un apport de 40 unités peut être envisagé mais pas plus. L’apport principal doit avoir lieu entre 6 et 10 feuilles pour accompagner les besoins du maïs qui s’accélèrent à partir du stade 8-10 feuilles pour être au maximum de l’absorption autour de la floraison.
Anticiper les problèmes de bioagresseurs et/ou de graminées si nécessaire au moment du semis
L’utilisation d’un insecticide doit être raisonnée en fonction de l’historique de la parcelle et du niveau de risque. Par exemple, en cas de risque de taupins (historique prairie récent, sols très riches en matières organiques, les micro-granulés à base de cyperméthrine utilisés avec diffuseurs (Belem 0.8MG à 12 kg/ha) apportent les meilleurs niveaux d’efficacité. L’utilisation d’un engrais starter est aussi un élément positif !
Pour les parcelles concernées par des infestations de graminées, c’est également au plus proche du semis qu’il faudra de les gérer mécaniquement ou chimiquement. Encore une fois le positionnement est décisif pour maximiser l’efficacité (effet stade et humidité du sol primordial pour l’efficacité des substances actives « racinaires »).
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