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Poitou-Charentes

Excès d’eau : un potentiel de rendement affecté en céréales ?

Les récents cumuls de pluviométrie, avec parfois des records historiques dans certains secteurs sur le mois de janvier, posent la question de l’impact physiologique sur les céréales et l’atteinte ou non du potentiel de rendement.

flaques d’eau dans blé tallage

Cela dépend des cumuls de pluie mais pas uniquement ! Les céréales qui ont été implantées entre octobre et novembre dans de bonnes conditions sont à l’heure actuelle au stade tallage. C’est la période du cycle la plus robuste vis-à-vis de l’hydromorphie. Pour le blé, au-delà de 120-150 plantes/m² et compte tenu du tallage satisfaisant avant les pluies, le potentiel de l’année reste atteignable avec des compensations possibles sur les composantes de rendement (nombre d’épis, grains par épi, PMG), sous réserve que les conditions météorologiques du printemps soient assez favorables. En effet, si l’engorgement des sols est toujours d’actualité au moment de la montaison (fin mars-avril), les capacités de compensation pourront être davantage affectées.

En revanche, les semis plus tardifs, réalisés courant décembre/début janvier étant à 2-3 feuilles, sont plus sensibles aux excès d’eau. Et ce, d’autant plus que ces semis concernent notamment des blés durs ou des orges de printemps, espèces plus sensibles à cet accident. Si les excès d’eau perdurent plus de 2-3 jours courant levée et 6-8 jours à 2-3 feuilles, ils peuvent entraîner de fortes réductions du peuplement tant que les plantes ne sont pas sevrées. Dans ces situations, il faudra diagnostiquer l’état du potentiel en place une fois les parcelles ressuyées.

Au tallage, les céréales peuvent supporter des excès d’eau prolongés. Entre levée et 3 feuilles, leur résistance est moindre et quelques jours peuvent suffire à provoquer des dégâts.
Au tallage, les céréales peuvent supporter des excès d’eau prolongés. Entre levée et 3 feuilles, leur résistance est moindre et quelques jours peuvent suffire à provoquer des dégâts.

Des capacité de ressuyage des sols hétérogènes

La durée de saturation des sols en eau - et par conséquent l’état d’anoxie racinaire (absence d’oxygène dans le sol) - pour les céréales dépend des cumuls de pluies, de leur fréquence, mais aussi des capacités de ressuyage des sols. 

Dans les secteurs les plus arrosés (sud de la région et bocage deux-sévrien), les cumuls dépassent 250 mm depuis début janvier.

Carte 1 : Cumul de pluie entre le 1er janvier et le 15 février 2026

Carte 1 : Cumul de pluie entre le 1er janvier et le 15 février 2026

Sauf cas particuliers, dans les groies, les excès d’eau sont le plus souvent cantonnés à des zones basses des parcelles et ne concernent que des zones limitées en surface. Dans les autres types de sol, les zones touchées peuvent être beaucoup plus étendues. L’infiltration de l’eau peut être fortement perturbée par des accidents antérieurs : récolte, travail du sol, implantation en conditions trop humides. Les zones concernées sont d’autant plus étendues que les dernières campagnes ont connu des épisodes délicats ayant entraîné des interventions en mauvaises conditions. Au-delà des habituelles compactions dans l’horizon labouré, des tassements profonds à 60-70 cm ont pu apparaître au gré des interventions avec des engins lourds sur des sols détrempés (notamment à la récolte).

Faut-il adapter les pratiques de fertilisation dans les situations hydromorphes ?

Les excès d’eau provoquent une lixiviation importante des éléments minéraux les plus mobiles (azote, soufre). Cependant, les types de sol ne réagissant pas de la même manière aux excès d’eau et sans connaître la suite des évènements, une adaptation au cas par cas est nécessaire. Elle pourra amener à revoir à la baisse l’objectif de rendement et donc la dose d’azote à apporter.

Dès que les sols seront suffisamment ressuyés, les apports d’azote et de soufre pourront intervenir pour accompagner la reprise de végétation des cultures. Ces apports devront toutefois rester cohérents avec le raisonnement global du fractionnement de l’azote et des besoins des cultures en soufre.

Lire aussi : « Céréales : adapter la fertilisation minérale dès le ressuyage des parcelles »

Côté phosphore, dans les parcelles peu pourvues, si aucun apport n’a été réalisé à l’automne, un apport de couverture pourra être envisagé quand les conditions d’accessibilité seront correctes.

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