Céréales : quelles stratégies en cas de risque rouilles et/ou septoriose ?
Avec un hiver doux et des pluies fréquentes, l’inoculum maladies est élevé, notamment en septoriose. Si la sécheresse freine sa propagation, elle favorise le développement des rouilles. Quelle protection fongicide prévoir selon la situation ?
Quel est le risque maladies ?
Dans l’ouest Occitanie
En nord Aquitaine
Quelle stratégie fongicide ?
L’objectif de la protection fongicide est d’éviter que les feuilles utiles au rendement soient pénalisées par le développement de rouille brune et septoriose. Concernant la rouille jaune, la gestion est différente : la nuisibilité étant très forte, l’objectif est l’absence totale de maladie.
De manière générale, on estime que 80 % du rendement est réalisé avec les trois dernières feuilles. Ainsi, il faut les conserver indemnes de maladies le plus longtemps possible. Attention, deux éléments à prendre en compte :
- les feuilles ne se déploient pas en même temps ;
- la durée de persistance d’un fongicide est définie : environ 20 jours à dose d’utilisation technique.
Afin de s’adapter à ces particularités, deux possibilités sont envisageables en blé tendre :
✅ Aucun traitement, en attendant que les trois dernières feuilles soient déployées et pas de rouille jaune précoce.
Izalco CS, RGT Pacteo, RGT Letsgo, Thermidor, Balzac, KWS Ultim, Pibrac, KWS Constellum, Prestance (si absence de rouille jaune)
- Problème : rouille brune et septoriose présentes sur les étages supérieurs à protéger.
- Traitement à dernière feuille étalée → associer un SDHI avec une strobilurine pour maximiser l’efficacité sur les rouilles.
→ Afin de maximiser l’efficacité du traitement sur rouille brune, le partenaire (SDHI (ou Qil) ou/et IDM) doit être associé à une strobilurine.
Tableau 1 : Exemples de traitements fongicides (non exhaustif)
✅ Premier traitement déjà fait (T1) et nécessité de faire un relais, étant donné que les dernières feuilles sont déployées et qu’il n’y a plus de persistance du premier fongicide -> Présence de rouille jaune et ou apparition de rouille brune et/ou septoriose précoce (Prestance, Bologna, Providence, KWS Critérium, Thermidor, LG Anouk…).
- Problème : Foyers de rouille jaune déjà traités en début de cycle mais relais nécessaire sur les dernières feuilles qui sont déployées.
- Action :
- Alterner les triazoles.
- Ne pas réutiliser de strobilurine si déjà appliquées.
- Axer le T2 sur la septoriose tout en maintenant un relais sur les rouilles.
Adapter le T2 en fonction de ce qui a été fait en T1 au cas par cas → afin de maximiser l’efficacité du traitement sur rouille brune, le partenaire (SDHI (ou Qil) ou/et IDM) doit être associé à une strobilurine.
En blé dur, de manière générale, il n’y a pas eu de traitements encore => dans ce cas-là, une seule possibilité :
✅ Protéger les trois dernières feuilles puis prévoir un relais sur épis.
Sur blé dur, la septoriose et la rouille brune sont des souches spécifiques. Ainsi, il est possible d’avoir des nuisibilités très différentes entre blé dur et blé tendre pour ces deux maladies. C’est pour cette raison qu’il est encore très difficile d’observer de la rouille brune sur blé dur (première pustule signalée sur Rocaillou et Anvergur) alors qu’elle est présente sur blé tendre sensible depuis plusieurs semaines.
Attention néanmoins, cela ne veut pas dire qu’elle ne sera pas présente en blé dur. Sa nuisibilité est généralement contrôlée par la protection de la dernière feuille étalée, juste avant que la maladie n’explose. Il convient donc de conserver les solutions intégrant des strobilurines pour la protection de la dernière feuille, et comme les souches de rouille brune sont différentes, celles du blé dur sont encore sensibles au benzovindiflupyr (Elatus Plus, Approvia Plus). Cette molécule est donc utilisable, associée, mais pas forcément avec une strobilurine.
Réagissez !
Merci de vous connecter pour commenter cet article.