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Ouest Occitanie

Céréales : en mars, tout s’accélère

Les températures douces de ces dernières semaines ont favorisé le développement des céréales, maintenant l’avance des stades. Elles ont également incité à sortir les tracteurs pour les interventions de fertilisation et de désherbage, voire même pour les premiers fongicides dans quelques situations.

Pulvé dans une parcelle de blé tendre au stade 1 – 2 nœuds, début mars 2026 en Occitanie

Les premiers semis de blé tendre sont autour du stade 3 nœuds, et les semis de novembre à 1 nœud. Les parcelles de blé dur semées fin octobre se situent entre épi 1 cm et 1 nœud, tandis que celles semées plus tard, vers fin mi-décembre, sont autour du stade épi 1 cm. Concernant les orges, le stade 2 nœuds a été franchi pour les semis de mi-octobre, voire début novembre ; il est prévu autour du 24 mars pour les semis de mi-novembre.

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Blé tendre, variété Thermidor à 2 nœuds (Gers), 12/03/2026

Tableau 1 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm en blé tendre et 2 nœuds selon la date de semis, la variété et la station

Tableau 1 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm en blé tendre et 2 nœuds selon la date de semis, la variété et la station

Tableau 2 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm et 2 nœuds en blé dur selon la date de semis, la variété et la station

Tableau 2 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm et 2 nœuds en blé dur selon la date de semis, la variété et la station

Tableau 3 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm et 2 nœuds en orge d’hiver selon la date de semis, la variété et la station

Tableau 3 : Dates prévisionnelles des stades épi 1 cm et 2 nœuds en orge d’hiver selon la date de semis, la variété et la station

Fertilisation azotée : viser les pluies et adapter la forme de l’engrais

La plupart des premiers et des deuxièmes apports azotés ont été réalisés dans de bonnes conditions d’humidité, permettant une valorisation optimale de l’engrais par les plantes. Actuellement, les conditions sont plus sèches et peu de pluies sont annoncées dans les prochaines semaines. Que faire ? 

  • Le seuil de 20 mm de pluie, dans les vingt jours suivants l’apport d’azote, permet d’assurer une valorisation satisfaisante, pour les différentes formes d’engrais (solide et liquide), que le sol soit sec ou humide au moment de l’apport – ceci en l’absence d’autres facteurs limitants que l’eau. Par extrapolation, on s’accorde pour fixer à environ quinze jours le délai acceptable pour cumuler 15 mm de pluie. Ainsi, mieux vaut viser, voire attendre, l’arrivée des pluies que de passer en conditions sèches. Dans le cas où un apport est quand même positionné (plante carencée, peu d’apport effectué à date), il est préconisé d’amener une petite dose d’azote et revenir pour solder l’apport lorsque les conditions redeviennent favorables.
  • Minimiser la volatilisation ammoniacale : la volatilisation de l’ammonium contenu dans les engrais est une source de pollution et diminue la marge de production. Elle est favorisée par les sols de pH supérieur à 7,5, les conditions sèches et venteuses, et un temps chaud durant les 6 à 48 heures suivant l’apport. De nombreuses études en céréales ont montré que sur le plan de l’efficience de l’absorption de l’azote, l’ammonitrate sort gagnant devant l’urée et surtout, devant les solutions azotées lorsque ces deux dernières formes sont sans additif ni enrobage. Le phénomène est drastiquement réduit quand les engrais sont enfouis, même superficiellement (5 cm). 

    Une autre voie pour contenir la volatilisation consiste à utiliser des urées enrobées ou des engrais « à azote protégé ». Ces engrais libèrent progressivement l'azote minéral qu’ils contiennent pendant le cycle de la culture. Cela peut permettre également de s’affranchir en partie du fractionnement et d’économiser ainsi un passage d’épandeur, et donc, du carburant. Selon une synthèse de plus de cinquante essais sur blé, l’urée enrobée testée (COTEN 3 41 N) apporte un gain de rendement par rapport à l’ammonitrate. Reste un inconvénient majeur : leur coût, toujours plus élevé que l’urée, et parfois que l’ammonitrate. L’efficience d’une forme d’engrais est souvent liée à sa sensibilité aux pertes par volatilisation ammoniacale. 

Désherbage : au plus tôt mais surtout dans de bonnes conditions

Les pressions de salissement sont variables suivant les parcelles et aussi, suivant la tardivité des semis et des désherbages réalisés en pré ou postlevée. 
 
Les parcelles qui n’ont pas été désherbées à ce jour doivent l’être au plus tôt, car l’avancée des stades des adventices risque de limiter, si ce n’est déjà le cas, l’efficacité des traitements de rattrapages. Pour les interventions herbicides qui ont été nombreuses ces derniers jours, quelques phytotoxicités se distinguent dans les secteurs où les céréales ont été durement impactées par les évènements climatiques.

Un rappel essentiel à garde en tête : attention aux amplitudes thermiques (température inferieure a 15°C) et aux conditions d’application en général (tableau 4), pour limiter les risques de phytotoxicité, qui peuvent être très impactantes à ce stade des céréales.

Tableau 4 : Conditions d’application des herbicides

Tableau 4 : Conditions d’application des herbicides

Tableau 5 : Solutions de rattrapage anti-dicotylédones sur blé tendre - doses en fonction des adventices au stade jeune à 3-4 feuilles

Tableau 5 : Solutions de rattrapage anti-dicotyledones sur blé tendre - doses en fonction des adventices au stade jeune à 3-4 feuilles

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