Canicule : quelles conséquences sur le maïs ?
L’épisode caniculaire de juin, exceptionnel et historique, s’est distingué par son intensité et sa durée à l’échelle nationale. Il est désormais important d’aller observer les épis dans les parcelles pour adapter la conduite des cultures.
Le climat de la campagne 2026 est pour le moment exceptionnel : une sécheresse prolongée depuis la mi-mai et des températures dépassant 40°C pendant au moins quatre jours à la fin juin (figure 1).
Figure 1 : Températures maximales (en °C) enregistrées entre le 21 et le 25 juin 2026
Bien évidemment, les parcelles non irriguées subissent de plein fouet les effets du stress hydrique. Les semis de début avril ont subi la sécheresse pendant plus de la moitié de leur cycle et présentent déjà des symptômes de manque d’épi, d’avortement des grains et de sénescence précoce. Les zones de terre plus légère sont d’ores et déjà en grande difficulté. De par leur réserve utile plus importante, les terres noires et les argilo-calcaires profonds sont moins impactés mais, sans le retour des pluies, le potentiel diminue de jour en jour. Les maïs semés plus tard sont visuellement moins impactés à l’heure actuelle car leur stade est moins avancé.
Figure 2 : Bilan hydrique pour un semis de maïs au 10 avril sur des boulbènes de 120 mm de RU (en haut) et sur terre noire de 200 mm de RU (en bas)
En irrigué, la situation est moins alarmante. Toutefois, il était quasiment impossible de couvrir les besoins de la plante avec les ETP très élevées pendant les épisodes de canicule. Les ETP journalières dépassaient souvent les capacités d’apport du matériel d’irrigation (même sous pivot), comme le montrent le tableau 1 et la figure 3.
Tableau 1 : ETP journalières converties et besoins en eau du maïs avant et après floraison – Station météo Station de Mont-de-Marsan (40)
Figure 3 : Distribution des ETP journalières (en mm) et des besoins en eau quotidiens du maïs (en mm/j) entre le 15 juin et le 17 juillet – Station météo de Mont-de-Marsan (40)
Des absences de grains sont visibles en parcelles irriguées, les observations du terrain montrent que les maïs touchés par ce type d’accident ont fleuri dans une fenêtre très resserrée aux alentours du 22 juin. Des analyses sont en cours pour déterminer précisément les causes physiologiques (stérilité du pollen, perte de capacité de fécondation de l’ovule…) et identifier les facteurs d’impact. Ces parcelles ont généralement souffert de stress hydrique malgré l’irrigation. Les températures record enregistrées pendant la floraison sont un facteur de risque supplémentaire dans un contexte où la plante a du mal à réguler sa température par la transpiration.
A noter que des symptômes de coups de soleil sont très visibles avec certains maïs brûlés par le haut sans que le bas de la plante ne soit touché.
L’observation des épis dans les parcelles est indispensable
L’observation des épis est indispensable pour décider de la conduite à tenir. Lorsque les grains sont à un stade jeune, pour savoir s’ils ont été fécondés ou pas, il suffit d’observer la tenue des soies. Si elles restent attachées à l’ovule lorsqu’on secoue l’épi, c’est qu’il n’y a pas eu de fécondation.
Lorsque les soies ne rencontrent pas de grain de pollen, elles s’allongent. On peut observer ce phénomène dans certaines parcelles.
Lorsque l’ovule a bien été fécondé, il peut rester viable ou avorter jusqu’au SLAG (Stade Limite d’Avortement des Grains) qui se situe généralement autour de 15 jours après la floraison (ou 250 DJ base 6-30). A l’heure actuelle, des avortements de grains sont observés à cause du déficit hydrique, c’est donc un paramètre à stabiliser pour évaluer les potentiels en grains à date.
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