Vols des pyrales en maïs : quels moyens de lutte prévoir ?
Les vols de pyrales se sont généralisés sur la région. Pour chaque parcelle, le choix de la méthode de lutte va dépendre de là où en est ce ravageur dans son cycle.
Les insectes « foreurs » dont la pyrale ont une incidence directe sur le rendement. La nuisibilité est en moyenne de 7 % par larve (ou galerie) par plante pour le maïs grain, 0,3 t de MS/ha pour 10 % de plantes attaquées en maïs fourrage. Ces pertes sont toutefois variables, dépendant notamment des conditions de stress.
Ils participent également à la dégradation de la qualité sanitaire, en affaiblissant la plante et en favorisant la contamination par les champignons, notamment ceux de type Fusarium ; via les blessures au niveau des épis.
Quel niveau de risque a priori en 2026 ?
Avant de prendre la décision d’intervenir, plusieurs éléments sont à considérer. Tout d’abord, il est important de connaître, la pression dans laquelle la parcelle se trouve.
La population larvaire à l’automne est un bon indicateur. Plus elle est importante, plus le risque de présence de pyrales en 2026 est élevé pour les maïs de la parcelle observée et les parcelles voisines. Et ce, sans préjuger des méthodes prophylactiques qui ont pu être mises en œuvre cet automne/hiver, comme le broyage fin des cannes et des bas de tiges de maïs et/ou le labour.
Où en sommes-nous des vols ?
Les premiers vols ont lieu autour des 450-500°C dans notre région (en base 10 depuis le 1er janvier). Sur les quatre stations régionales, 2026 se positionne proche, voir au-dessus, du décile 8, soit les deux années les plus chaudes sur dix ! C’est donc une situation précoce.
Les températures annoncées pour les prochaines semaines vont tout faire accélérer : attention au positionnement de la lutte.
Figures 1 à 4 : Evolution des cumuls de températures depuis le 1er janvier sur 4 stations régionales
De façon plus précise, voici comment peuvent se répartir les vols de la pyrale monovoltine (station météo de St Hilaire-en-Woëvre, 55).
→ 50 % des vols vont débuter fin juin pour atteindre le pic de vol sur la 2e quinzaine de juillet (vert foncé)
Figure 5 : Modèle de prévision des vols pour la pyrale monovoltine (station de Saint Hilaire-en-Woëvre, 55)
Comment positionner les méthodes de lutte directe ?
Les réseaux de surveillance (pièges phéromones et/ou lumineux) sont importants pour suivre la dynamique des vols et positionner au mieux les interventions. Ils ne constituent toutefois pas un indicateur de risque : autrement dit, le nombre d’individus piégés n’est pas corrélé à l’abondance de population présente à proximité des parcelles. Pour être efficaces, les différents moyens de lutte nécessitent d’être bien positionnés par rapport au cycle des pyrales, en fonction de leurs modes d’action (figure 6).
Figure 6 : Positionnement des luttes en fonction du vol des pyrales
Les trichogrammes sont des micro-hyménoptères dont les femelles vont pondre dans les œufs de pyrale, parasitant spécifiquement ceux-ci. Leur positionnement vise le début des vols de pyrales (début des captures significatives). L’efficacité est généralement satisfaisante. Celle-ci peut être réduite lorsque la parcelle est fortement enherbée, si les conditions climatiques sont fortement variables, si la dose de trichogrammes est trop faible ou si la pression de pyrales est particulièrement élevée.
Les autres solutions de lutte disponibles (Coragen - chlorantraniliprole, pyréthrinoïdes, Bacillus thurengiensis, Spinosad), dont l’action vise essentiellement les jeunes larves, sont à positionner au pic de vols (ou à défaut d’équipement spécifique, passer au stade limite passage tracteur), pour atteindre les jeunes larves avant qu’elles ne pénètrent à l’intérieur de la plante. A noter que Coragen bénéficie d’un peu plus de souplesse dans le positionnement (à 30 % du vol et proche du pic de vol).
Il n’existe pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige.
Réagissez !
Merci de vous connecter pour commenter cet article.