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Centre-Val de Loire / Île-de-France

Verse en blé dur : un risque moyen qui peut encore évoluer

En blé dur, espèce particulièrement sensible à la verse, le risque sera fortement déterminé par les conditions climatiques des dix prochains jours. Va-t-il augmenter ou diminuer ? Dans tous les cas, il est nécessaire d’estimer le risque à la parcelle avant de décider s’il faut appliquer un régulateur de croissance ou non.

blé dur versé en Beauce

Des semis légèrement précoces pour notre bassin de production et une sortie d’hiver avec des températures douces, voire élevées : ces facteurs ont été favorables au développement végétatif des parcelles de blé dur, désormais entre fin tallage et début montaison. Or, avec la montaison, vient le risque verse. A évaluer au cas par cas !

A noter que le blé dur présente une prédisposition génétique à la verse, sujet d’autant plus important qu’elle impacte le rendement, mais aussi la qualité du grain, particulièrement importante pour cette espèce (augmentation de la moucheture et du mitadinage, dégradation de la qualité sanitaire, etc.). Il est donc indispensable d'estimer le risque de verse des parcelles, afin d'établir une stratégie de régulation adaptée, et éviter les traitements inutiles.

Evaluer le risque de verse avant toute intervention

Des outils d’aide à la décision, comme Farmstar®, permettent d’évaluer ce risque en cours de campagne. A défaut d’accès à un outil d'aide à la décision, la grille de risque régionale proposée par ARVALIS permet de hiérarchiser les facteurs de prédispositions principaux et d’évaluer le risque de la parcelle.

RGT Voilur et Cabayou sont les plus résistantes et se comportent très bien vis-à-vis de la verse. RGT Insiemur et Rocaillou sont plutôt sensibles à la verse, avec une notre identique à celle d’Anvergur (5). Quant à Fusilou et à RGT Belalur, ces variétés ont des comportements intermédiaires.

NOUVEAUTE : pour les mélanges variétaux, faire la moyenne des notes verse des variétés composant le mélange pour renseigner la case «  variété de la grille ». Si les variétés ne sont pas connues, prendre le score grille « variété assez résistante », compte tenu de l’effet bénéfique des mélanges sur la verse.

Figure 1 : Classement des variétés de blé dur par rapport à la tolérance à la verse

Figure 1 : Classement des variétés de blé dur par rapport à la tolérance à la verse
  • L’état de la biomasse et ses facteurs de maintien (type de sol, nutrition azotée), qui conditionnent le risque en amont de la montaison.

Figure 2 : Grille régionale d’évaluation du risque verse blé dur

Le résultat de cette évaluation initiale est à combiner avec les conditions climatiques de début montaison : 

  • Si les conditions de fin-mars, début avril sont chaudes, sèches avec de forts rayonnements, diminuer d’une classe le risque évalué fin tallage avec la grille.
  • Inversement, en cas de printemps favorable à la verse (faible rayonnement, fort cumul de pluies), augmenter d’une classe le risque.

Adapter la stratégie au niveau de risque

Les régulateurs de croissance n’ont d’intérêt que si le risque verse est réel. Ils agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses et donc à des tiges plus solides. L’application d’un régulateur se décide donc en fonction de la note de risque obtenue grâce à la grille de risque présentée ci-dessus.

Selon le cahier des charges, certains régulateurs peuvent être interdits. Se renseigner auprès du collecteur.

Figure 3 : Proposition de programmes de régulation

Figure 3 : Proposition de programmes de régulation

Intervenir dans des bonnes conditions pour une efficacité optimale

Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité, les applications sont à réaliser sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, alimentées correctement en eau et azote) et dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15 à 20°C). En effet, les régulateurs agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses. Si le temps n’est pas poussant, le régulateur agit sur une élongation qui n’aurait, de toute façon, pas lieu et n’aura donc que peu d’efficacité. Il est nécessaire de tenir compte des conditions climatiques le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants celle-ci.

Figure 4 : Conditions optimales de températures habituellement admises pour les principaux régulateurs

Figure 4 : Conditions optimales de températures habituellement admises pour les principaux régulateurs

Exemple de lecture : Pour une application à base de chlorméquat de chlorure, il faut que la température minimale enregistrée le jour du traitement soit supérieure à –1°C et qu’elle atteigne au moins +10°C. Dans les trois jours suivants, une température moyenne supérieure à 10°C est favorable, sans dépasser une température maximale de 20°C.

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