Stade épi 1 cm en approche : les clés pour le reconnaître
Avec la douceur et les jours qui rallongent, la végétation repart. Et visuellement, les céréales se transforment. Mais il ne faut pas confondre redressement des céréales à paille et l’atteinte du stade épi 1 cm.
Depuis les semis, les cumuls de températures sont excédentaires sur l’ensemble de la Bretagne. L’arrivée du stade épi 1 cm est en moyenne plus précoce de 6-8 jours par rapport à une année normale pour les semis d’octobre jusqu’à mi-novembre.
On considère que ce stade est atteint lorsque la distance entre le sommet de l’épi et le plateau de tallage est, en moyenne, de 0,8 à 1 cm sur le maître-brin.
Visuellement, à cette époque, on peut voir des céréales qui se redressent ou qui ont un port dressé, ce n’est pas synonyme d’atteinte du stade épi 1 cm. Pour en être sûr, seules les mesures au champ permettent de le confirmer.
Figure 1 : Schéma d’une coupe longitudinale d’une tige de blé tendre pour mesurer la hauteur de l’épi
Comment faire la mesure au champ ?
- Prélever 20 plantes consécutives (ou 2 fois 10 plantes consécutives) dans une (ou deux) zone homogène de la parcelle. Eviter les passages de roues et les bords de champ.
- Conserver uniquement le maître-brin (tige principale) pour la mesure
- Couper chaque tige à l’aide d’un cutteur dans le sens longitudinal
- Mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi (Attention, il arrive parfois qu’un faux-nœud apparaisse sous le plateau de tallage, à cause d’une profondeur de semis trop importante ou d'un excès de densité (photo 1). Il faut alors l’exclure de la mesure de hauteur de l’épi).
- Réaliser la moyenne des 20 mesures : le stade épi 1 cm est atteint lorsque la moyenne est à 10 mm (1 cm).
Un stade-repère pour de nombreuses interventions
Reconnaître ce stade est essentiel pour positionner les régulateurs de croissance, les apports d’engrais azotés, d’éventuels désherbage de rattrapage et les premiers fongicides.
Le stade épi 1 cm marque, pour la céréale, le passage du stade tallage au stade début montaison (arrêt de l’émission des talles). La biomasse aérienne de la culture est encore faible (de l’ordre de 1,2 à 1,5 tonne de matière sèche par hectare), mais ses racines sont déjà développées à 90 % de leur masse finale.
Apporter le premier ou le deuxième apport d’azote
A partir du stade épi 1 cm, les besoins en azote du blé vont augmenter rapidement (figure 2), de même que sa capacité à valoriser les engrais qui seront apportés.
Figure 2 : Besoins azotés du blé à partir du stade épi 1 cm
En deux mois, la culture passe d’environ 1 t à 10-15 t de MS/ha à la floraison. Elle va absorber 150 kg d’azote voire plus. Il est donc important d’accompagner cette croissance en apportant l’azote nécessaire.
Lire aussi : « Premier apport d’azote tardif ou non : quoi faire face à la diversité de situations ? »
Positionner le régulateur de croissance
Pour les parcelles présentant un risque de verse (variété sensible à très sensible à cet accident), c’est autour du stade épi 1 cm, que le régulateur doit être positionné. Le régulateur de croissance va agir sur l’allongement des premiers entre-nœuds en les durcissant. Les variétés peu sensibles ne justifient pas l’apport d’un régulateur sauf en cas de tallage excessif (situations possibles pour les semis très précoces de mi-octobre).
Réaliser le désherbage de rattrapage
Pour les parcelles à pression graminées, en absence de désherbage à l’automne, il sera difficile voire impossible d’obtenir des parcelles propres arrivées à ce stade. Pour les parcelles présentant une faible pression (< 5 plantes/m² de graminées ou dicotylédones), positionner un herbicide dès que possible et avant l’apport de l’azote.
En revanche, il est possible de réaliser des désherbages ciblés, sur des adventices qui auraient échappé aux herbicides précoces, comme le chardon. Dans ces situations, le stade épi 1 cm est parfois trop précoce et il convient d’attendre le stade 1-2 nœuds pour réaliser une application efficace.
Raisonner les interventions contre les maladies
La lutte contre les maladies commence pour les céréales au stade 1 nœud pour l’orge et sur blé pour lutter contre le piétin verse si besoin uniquement.
Au stade épi 1 cm, des interventions peuvent être justifiées, en cas de présence de foyers de rouille jaune actifs (présence des pustules pulvérulentes) sur triticale ou blé tendre. La rouille jaune est la maladie qui montre la plus forte nuisibilité, d’où ce stade d’intervention particulièrement précoce, en cas de pression.
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