Prairies dégradées : faut-il ressemer, rénover ou patienter ?
L’été 2026 très chaud (+3,6°C par rapport aux normales saisonnières, a engendré un déficit de production des prairies dans l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, comment piloter la conduite des prairies jusqu’à cet hiver ?
Un déficit de production d’herbe et un affouragement qui perdure
Après cet été marqué par la sécheresse et des épisodes caniculaires, des secteurs comme le Grand Ouest, les Haut-de-France, les Alpes et PACA parviennent à maintenir leur déficit de production des prairies autour de 20-30 %. De leur côté, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine ou le Centre atteignent parfois 40-50 % de déficit.
Malgré ces disparités régionales, l’ensemble du territoire est contraint d’affourager les troupeaux depuis plusieurs mois, piochant dans les stocks qui s’amenuisent fortement au fur et à mesure que la météo se poursuit sur sa lancée. L’hiver qui arrive s’annonce compliquer pour la majeure partie des fermes avec des adaptations qui doivent se réfléchir dès à présent.
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Quoi faire des prairies en place et des semis prévus ?
Il est tentant de vouloir rénover les prairies grillées par cet été, mais elles ne sont pas forcément mortes. De plus, la période classique d’implantation des prairies de fin d’été – début automne est déjà quasiment terminée (de la mi-août à fin septembre) mais les conditions météo n’ont toujours pas été réunies pour assurer de bonnes implantations. Attendre semble malheureusement être le maître mot. En effet, pour les prairies qui ont commencé à reverdir, attendre un redémarrage en production avant de faire un diagnostic permettra, dans certains cas, d’éviter d’investir dans des semences et un ressemis.
Un ressemis dans de mauvaises conditions peut dans la majorité des cas être moins productif l’an prochain qu’une prairie qui redémarrerait suite à cette année. Un sursemis peut être envisageable, mais sa réussite est également dictée par les conditions météo.
Il faut éviter de remettre les animaux au pâturage trop tôt pour laisser la prairie redémarrer doucement. Si possible, il est donc préférable de continuer d’affourager les animaux.
Il est encore temps de profiter de ce créneau toujours sec pour chauler les prairies ou apporter des produits résiduaires organiques (essayer d’enfouir après apport et attendre 5 semaines après apport de fumier pour remettre les animaux au pâturage). En revanche, apporter de l’azote minéral en espérant que cela booste la reprise des prairies n’est pas une solution prometteuse car l’élément limitant n’est pas l’azote disponible mais bien le manque d’eau.
L’alternative du semis sous couvert de méteil se profile alors à l’horizon, permettant d’attendre encore pour espérer semer des prairies jusqu’au 15 octobre. Par ailleurs, le semis sous couvert permettra de renflouer les stocks au printemps prochain lorsque l’hiver se terminera dans la majorité des cas sans stock de réserve pour l’hiver 2027-2028.
Afin d’anticiper les périodes favorables à la levée des jeunes prairies, rendez-vous sur l’outil Aléa pluie pour connaître les probabilités d’atteindre des seuils de 10, 15, 20 ou 30 mm cumulés dans les 7 prochains jours ou les 7 jours suivants.
Cet article a été rédigé en partie grâce aux informations de la « Note agro-climatique et prairies » numéro 7 de septembre 2026 rédigée dans le cadre du RMT Horizons Prairies.
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