Pomme de terre : estimer les reliquats azotés avant plantation
A l’approche des plantations de pomme de terre, la gestion de la fertilisation azotée doit s’appuyer sur l’estimation des reliquats encore disponibles dans les premiers horizons du sol.
La réalisation d’un reliquat azoté de sortie d’hiver (RSH) permet d’estimer la quantité d’azote minéral déjà présente dans le sol avant l’implantation de la culture. Cette mesure constitue un outil d’aide à la décision pertinent pour ajuster les apports au plus près des besoins des tubercules, dans un contexte où les niveaux d’azote disponible peuvent être très variables selon les parcelles.
Bien définir son reliquat pour un bilan pomme de terre
Le système racinaire de la pomme de terre étant relativement peu profond, il est important de raisonner la fertilisation en tenant compte principalement de l’azote présent dans les premiers horizons du sol (tableau 1). Deux méthodes sont disponibles selon le type d’échantillon :
- Si le prélèvement est réalisé sur une profondeur de 0-45 cm, la totalité de l’azote mesuré est considérée comme disponible pour la culture ;
- Si le prélèvement est réalisée sur 0-90 cm (3 horizons), il convient de prendre en compte la totalité de l’azote mesuré dans l’horizon H1 (0-30 cm) et seulement 50 % de l’azote mesuré dans l’horizon H2 (30-60 cm). L’azote présent dans l’horizon H3 (60-90 cm) n’est pas considéré comme disponible pour la culture.
Tableau 1 : Méthode de calcul du reliquat azoté disponible pour les pommes de terre selon le type de sol et la profondeur de prélèvement
Tenir compte de l’état structural du sol
Le taux d’exploration racinaire dépend fortement de la structure du sol. Une structure dégradée peut limiter le développement du système racinaire et donc l’accès de la culture à l’azote disponible dans le sol.
Il est donc important d’être particulièrement vigilant lors des opérations de préparation du sol et de plantation afin de limiter la formation de semelles de tassement ou de phénomènes de lissage, qui peuvent freiner l’enracinement et réduire l’exploration des horizons superficiels.
Tenir compte de la lame drainante
Les fortes pluies des dernières semaines peuvent provoquer le lessivage des nitrates en profondeur. La quantité d’azote perdue pour la culture dépend du type de sol et de l’intensité des précipitations. Un reliquat azoté mesuré avant ces épisodes peut être rapidement obsolète et nécessiter une réactualisation.
Carte 1 : Cumul de pluies (en mm) entre le 1er et le 28 février 2026
La lame drainante, correspondant au cumul de pluies lorsque le sol est à capacité au champ, permet d’ajuster la valeur de reliquat (Ri) à retenir pour le calcul de la dose d’azote (X). Cette valeur doit être adaptée en fonction de la lame d’eau drainée depuis le prélèvement, du type de sol et de sa profondeur.
Les abaques du Comifer permettent d’estimer les pertes potentielles par lixiviation et d’ajuster les valeurs issues de l’analyse de reliquat.
Faire son bilan azoté pour définir la bonne dose d’apport
Le bilan azoté consiste à calculer le besoin réel de la culture et à en déduire les apports nécessaires, en tenant compte des fournitures déjà présentes dans le sol.
Le besoin de la culture dépend du débouché, du cycle cultural (dates de plantation et de défanage estimées) et du bassin de production. Les besoins spécifiques par bassin peuvent être consultés, ce qui permet de calibrer la fertilisation au plus juste.
Le reliquat mesuré avant plantation est intégré dans ce bilan pour déterminer la dose optimale d’azote à apporter. Il prend en compte les fournitures naturelles et résiduelles du sol, comme le précédent cultural, les apports de fertilisation organique, le type de sol et la présence de couverts végétaux. L’ensemble de ces éléments est déduit du besoin global de la culture afin d’ajuster précisément les apports et limiter les pertes.
Figure 2 : Méthode de calcul de la dose d’azote à apporter sur pomme de terre
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