De la réception à la plantation : bien gérer ses plants de pomme de terre
De la réception jusqu’à la mise en terre, la gestion des plants de pomme de terre passe par plusieurs étapes. Traitement ou pas, surveillance au stockage, coupes de plants éventuelles… voici quelques recommandations sur les étapes qui précèdent la plantation.
Les vérifications au moment de la réception
Le plant doit être déchargé après observation du lot et acceptation par le producteur, qui doit conserver pendant 2 ans l’étiquette SOC fournie.
Cette certification est une preuve d’un lot sain et qualitatif, qui respecte des normes, notamment sur les viroses, et valide surtout l’absence de parasites de quarantaines. Ces derniers peuvent faire l’objet d’un contrôle sanitaire aléatoire par les services de l’état (DRAFF). Certains industriels réalisent également un contrôle sanitaire vis-à-vis des parasites de quarantaine sur les plants importés. En cas de contrôle, il est important d’attendre le retour d’analyse avant d’envisager la plantation. Toute plantation réalisée avec un lot qui serait positif aux parasites de quarantaine devra être arraché et aucun recours ne sera envisageable !
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Traiter les plants selon le risque et le débouché
Cette certification impose des seuils de tolérance pour certains champignons, viroses, bactérie… Ainsi, la présence de rhizoctone brun, gale argentée, dartrose ou autre peut être observée mais dans la limite d’un seuil. En cas de présence de parasites de présentation, le producteur est maître de la décision de traiter ou non le plant ou le sol selon l’infestation du lot et le débouché visé.
Contre le rhizoctone brun, la lutte doit se faire via un traitement de plant si l’inoculum provient du plant. S’il provient de la parcelle, un traitement de sol sera plus adapté.
Concernant la gale argentée, l’inoculum provient principalement du plant : la lutte se fera via un traitement de plant.
Contre la dartrose, transmise par le sol, seules des solutions d’azoxystrobine sont efficaces et possibles en traitement de sol.
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Avant tous traitements, il faut s’assurer que les plants sont non germés, réchauffés (8°C minimum) et secs. Pour limiter la condensation, éviter les écarts brutaux de températures et hygrométrie lors des manipulations. De même, après le traitement, bien sécher les plants.
En cas de germes, les traitements peuvent être réalisés seulement si les germes ne dépassent pas 2 mm (points blancs). Si les germes sont plus longs, un égermage est conseillé, mais attention aux variétés sensibles (Celtiane, Grenadine, Amandine…).
Bien stocker son plant pour maîtriser la germination
Dans un endroit frais (autour de 7°C), aéré, à l’abri du gel et de la pluie, il convient d’étaler les lots sur une dalle béton ou de les disposer en caisse (exempt de CIPC), en prenant soin de bien identifier chaque lot.
La germination puise dans les réserves du tubercule. Il est donc essentiel de la maîtriser dès la réception afin de réaliser les plantations au stade « point blanc », gage d’un bon démarrage.
Cette année, les plants de pomme de terre sont très incubés et certaines variétés, caractérisées par un repos végétatif très court, peuvent avoir déjà entamé leur germination depuis plusieurs semaines. Il sera donc essentiel d’adapter les conditions de stockage à réception et de manipulation afin de préserver leur potentiel et d’éviter tout démarrages incontrôlés.
- Pour des variétés dormantes (Amigo, Challenger, Ecrin, Lady Anna, Magnum…), il convient de ne pas les stocker trop froid, en cas de stockage en frigo. Penser à réchauffer les lots environ 3 semaines avant plantation.
- Pour les variétés avec un cours repos végétatif (Agata, Amandine, Caesar, Daisy, Fontane, Jazzy, Lady Christl…), le stockage à une température plus faible (5°C) est à valider avec son vendeur ! Toutes les variétés ne supportent pas le passage aux basses températures. Pour ces lots, si la conservation se réalise dans un endroit aéré (7-10°C), il faudra à l’inverse bien surveiller les germes et si nécessaire, les manipuler régulièrement avec « délicatesse » afin de casser les germes (égermage). Attention toutefois, cette opération est complexe, chaque variété à une note de sensibilité à l’égermage qu’il faut prendre en considération. En effet, certaines variétés sont très sensibles à la casse du germe (Lady Anna, Edison), on évitera donc la manipulation. Ne pas hésiter à se rapprocher de son vendeur / négoce pour obtenir cette information. L’objectif est une plantation des plants au stade points blanc.
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