Orges de printemps 2026 : des rendements très variables selon la situation
L’alternance d’évènements climatiques très tranchés a caractérisé la campagne orges de printemps 2026. Le point sur les impacts engendrés sur la conduite des cultures, et sur le potentiel de rendement et la qualité des grains.
Deux vagues de semis, aux conséquences importantes sur le rendement
Les orges de printemps ont été semées soit début février (environ 25 % des parcelles), soit fin février-début mars (65 % des parcelles). 5 % des parcelles ont été semées autour du 15 mars.
Les orges de printemps sont très sensibles à la qualité d’implantation d’une part, au sec durant la montaison d’autre part : les essais ARVALIS montrent qu’il faut 120 mm entre le semis et l’épiaison pour assurer la densité épis. Plus que les cumuls, il faut aussi regarder la répartition des pluies sur la période : février a été particulièrement bien arrosé, mars plus modérément, tandis que cinq à six semaines de sec s’installent jusque fin avril (tableau 1 et figure 1).
Tableau 1 : Cumuls de pluies (en mm) entre semis et épiaison pour trois situations, pour les quatre départements de la région Champagne-Ardenne
En fonction des dates de semis, les stades sont très disparates dans la plaine. Sur nos essais, le stade épi 1 cm s’échelonne entre le 9 et le 25 avril, pour deux dates de semis espacées d’un mois. Le stade épiaison intervient respectivement les 15 et 25 mai. Comme pour les autres céréales, la campagne a été précoce par rapport à nos références sur les dix dernières années.
Figure 1 : Pluviométrie et positionnement des différentes dates de semis - Exemple pour la station météo de Fagnières (51)
Par conséquent, les semis de début février ont atteint ce cumul de 120 mm entre semis et épiaison (avec de la pluie sur février et mars, durant la montaison) ; c’est plus aléatoire pour les semis de fin février début mars, qui ont cumulé 60 mm en mars avant d’entrer dans le sec en avril. Les derniers semis ont clairement manqué d’eau.
Des épis et des grains en retrait
Compte tenu des cumuls de pluies, les densités épis pouvaient varier de moins de 500 à plus de 1000 épis/m² selon la date de semis, les cumuls de pluies reçues / stress hydrique notamment en sols superficiels.
Pour assurer le potentiel de rendement, les essais historiques montrent que la densité épis doit être supérieure à 800 épis/m². De plus, la densité épis intervient pour 40 % dans l’élaboration du rendement.
Malheureusement, le retour des pluies en mai est arrivé trop tardivement pour la composante densité épis.
Figure 2 : Des densités épis en orges de printemps semées au printemps en fonction des cumuls de pluies entre semis et épiaison
Sur nos sites de suivis, qui représentent plutôt les belles parcelles en plaine, la fertilité épis est bonne à très bonne (23 grains/épi, soit +20 %/moyenne sur dix ans) grâce aux excellents rayonnements de la fin avril. Sur ces sites, la fertilité rattrape globalement les hétérogénéités de densités d’épis. Le nombre de grains/m² est plus ou moins au-dessus de la moyenne compte tenu de la densité épis atteinte.
Finalement, de grands écarts selon le type de sol, les dates de semis et les pluies
En sols profonds et pour les semis de mars (majorité des cas), les rendements décrochent par rapport à la moyenne. Le stress hydrique a impacté les densités épis, la fertilité et les poids de mille grains (PMG) corrects ne compensent pas l’impact de la sécheresse de mars-avril, dans un contexte de plusieurs canicules et un stress hydrique fort en fin de cycle.
Figure 5 : Cinétique de remplissage des orges de printemps, essais ARVALIS
En sols profonds semés tôt et ayant reçu des pluies, les rendements affichent de « belles surprises ». Cela s’explique par une composante densité d’épis, certes en retrait, mais moins impactée que pour les semis de mars, et une avance dans les stades permettant d’atteindre une bonne fertilité et un remplissage correct.
En sols superficiels, les rendements sont mauvais : il aura manqué des épis, le stress hydrique et thermique aura eu également un impact sur le nombre de grains et les. Certaines parcelles affichent malheureusement des rendements inférieurs à 30 q/ha.
D’un point de vue qualité :
- La qualité sanitaire est au rendez-vous, avec une pression maladie faible et très bien gérée dans les parcelles.
- Les calibrages (figure 6) sont certes inférieurs aux années précédentes mais affichent des valeurs souvent supérieures à 90 % (> 2,5 mm).
Figure 6 : Calibrages des orges de printemps, essais ARVALIS
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