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Hauts-de-France / Champagne-Ardenne

Maïs : faut-il désherber en prélevée par temps sec ?

Les conditions du printemps 2026 sont propices à l’avancement rapide des semis de maïs. En présence de vulpin ou de ray-grass, une intervention en prélevée du maïs est indispensable, même par temps sec.

ray-grass maïs

Pour déterminer la stratégie à mettre en œuvre, la première question à se poser est le type de flore attendu sur la parcelle. 

Ray-grass et vulpins sont des graminées historiquement inféodées aux cultures d’automne. Mais elles n’épargnent désormais plus les cultures de printemps dont le maïs ! Il n’est plus rare de les voir lever au printemps et elles ont hérité des mêmes caractères de résistances aux herbicides foliaires. Le spectre d’action des antigraminées racinaires utilisables sur maïs n’est globalement pas très performant vis-à-vis du ray-grass/vulpin et repose (depuis le retrait du S-métolachlore) sur le Dmta-p et la péthoxamide. 

Lire aussi : « Désherbage du maïs : la préservation des molécules restantes est l’affaire de tous »

Figure 1 : Stratégies de désherbage en fonction de la densité de ray-grass/vulpin attendue dans le maïs

Figure 1 : Stratégies de désherbage en fonction de la densité de ray-grass/vulpin attendue dans le maïs

En présence importante de ray-grass/vulpin : la prélevée s’impose !

Sur ray-grass et vulpin, les programmes de désherbage sont conditionnés par l’utilisation de produits racinaires appliqués tôt. Ainsi, la prélevée apparaît comme un passage obligatoire en présence importante de ces graminées. L’objectif est de limiter ou décaler/regrouper la levée dans les maïs, surtout au vu des problématiques de résistances qui se développent et de la diversité des solutions chimiques qui se réduit.

Tableau 1 : Quelques exemples de solutions de prélevée ciblant ray-grass et vulpin dans le maïs

Tableau 1 : quelques exemples de solutions de prélevée ciblant ray-grass et vulpin dans le maïs
*Réduire la dose en sol filtrant pour des raisons de sélectivité

Mais il faudra surveiller attentivement les relevées et se tenir prêt à ré-intervenir dès l’émergence de très jeunes graminées. En effet, il existe peu de possibilités de rattrapage en postlevée foliaire et les produits disponibles reposent tous sur des modes d’action exposés à la sélection de ray-grass résistants (groupes HRAC 1 et 2). Il est recommandé de privilégier les inhibiteurs d’ALS (nicosulfuron, foramsulfuron, thiencarbazone-méthyle) pour les applications de postlevée. En cas de résistance ou de suspicion de résistance, préférer le recours au thiencarbazone-méthyl, avec l’ajout d’un adjuvant, voire d’une double adjuvantation (huile et sulfate d’ammonium) et le fractionnement de la dose (ex : Monsoon Active 1 l puis 0,5 l). Lors de l’application, réunir les conditions météo les plus favorables (bonne hygrométrie et conditions poussantes). 

Tableau 2 : Quelques exemples de solutions de rattrapage en postlevée ciblant ray-grass et vulpin dans le maïs

Tableau 2 : Quelques exemples de solutions de rattrapage en postlevée ciblant ray-grass et vulpin dans le maïs

*Afin d’assurer le respect des limites maximales de résidus, ne pas dépasser 60 g de foramsulfuron/ha/an

Avec peu de graminées, une prélevée sans chloroacétamide est possible

Lorsque les densités de graminées sont faibles, inférieures à 10 plantes par m², il n’est pas nécessaire de recourir à un chloroacétamide (ex : Isard, Successor 600, Dakota). D’autres produits racinaires, à base d’isoxaflutole (type Adengo Xtra 0,33 à 0,44 l ou Merlin Flexx 1,7 à 2 l), de pendiméthaline (Alcance Sync tec 2,5 l), de mésotrione (type Calliprime Xtra 0,3 l, Iseran 1 l) constitueront une base de prélevée généralement suffisante. Cette intervention pourra toujours être reportée en postlevée, mais l’efficacité sera toujours meilleure sur des adventices moins développées.

Faut-il désherber en prélevée par temps sec ?

Pour maximiser les chances de réussite de la prélevée, il est préférable de viser une application sur sol humide ou d’intervenir avant une pluie de 10 mm. 
Désherber au plus proche du semis pour profiter de l’humidité du sol et intervenir sur graminées non levées peut permettre de compenser l’effet défavorable du manque de pluie dans les jours à venir. 
En cas de temps très sec, le passage d’un outil mécanique (herse étrille) au stade filament des graminées peut se révéler très efficace, et permettra un report de l’herbicide racinaire en postlevée précoce (2-3 feuilles du maïs). A noter que sur graminées estivales (panics, sétaires et digitaires), le report sur une postlevée précoce associant des produits racinaires et foliaires peut se montrer très efficace (si graminées sensibles aux herbicides foliaires) et permet de gagner en persistance par rapport à la prélevée. Toutefois, sur ces cibles, le programme pré+post reste majoritairement conseillé.
Mais, dans tous les cas, il faudra éviter à tout prix d’intervenir au stade pointant du maïs, que ce soit avec un herbicide ou un passage mécanique.

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