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Lorraine

Désherbage du maïs : les conditions sèches changent-elles la donne ?

Les semis de maïs sont bien entamés en Lorraine. Mais le sec s’est installé et les prévisions sur les prochaines semaines n’annoncent pas de précipitations. Les stratégies de désherbage peuvent alors être mises à l’épreuve. 

herse étrille

Avant tout, il est important de bien identifier la flore majoritaire des parcelles. Cela va orienter le programme (un ou plusieurs passages) et le positionnement des interventions (prélevée pour la gestion des graminées ou postlevée pour gérer les dicotylédones).

Lire aussi : « Stratégies de désherbage du maïs : nos préconisations pour 2026 »

Adapter la prélevée en conditions sèches

Les herbicides appliqués en prélevée nécessitent un cumul minimal de 10 mm de pluie dans les 10 jours qui suivent l’application pour garantir une efficacité optimale. En cas de condition sèches, deux situations apparaissent : 

  • Pression faible à modérée en graminées = je décale
  • Pression forte = j’y vais quand même

En conditions sèches, l’efficacité des chloroacétamides n’est pas nulle et limitera le risque d’avoir à gérer en postlevée des situations non contrôlables par des produits foliaires (graminées résistantes aux sulfonylurées notamment). Cette intervention permettra notamment de faciliter le positionnement de la postlevée en regroupant les levées et en homogénéisant les stades de développement des adventices.

Désherber au plus proche du semis pour profiter de l’humidité du sol et intervenir sur graminées non levées peut permettre de compenser l’effet défavorable du manque de pluie dans les jours à venir. 

Positionner la postlevée 

Le report en postlevée précoce (1-3 feuilles du maïs, adventices en cours d’émergence) avec des associations à base d’Isard avec une tricétone et/ou une sulfonylurée, constitue une option possible. La thiencarbazone-méthyl peut également être utilisée en association avec un chloroacétamide ou une sulfonylurée (nicosulfuron) en postlevée précoce. Ce type de stratégie, testée depuis des années dans les réseaux d’essais, présente l’avantage d’être moins sensible aux conditions climatiques que la prélevée seule, dans la mesure où une partie de l’efficacité est assurée par les herbicides foliaires sur les premières adventices levées. Toutefois, si les conditions sèches persistent, le relai antigerminatif attendu des produits racinaires ne serait pas optimal et un rattrapage pourrait s’avérer nécessaire.

Des conditions propices au désherbage mécanique

Les conditions sèches de ce début de printemps sont favorables au désherbage mécanique. Sur des jeunes maïs (à partir du stade 2 feuilles), il est possible d’utiliser une herse étrille ou une roto-étrille si le sol le permet (peu ou pas caillouteux, peu motteux, non battu et pouvant s’émietter facilement). Ces interventions n’ont pas la persistance d’action d’un herbicide racinaire mais peuvent s’avérer très pertinentes dans les situations où les adventices commencent à lever. 

Dans tous les cas, quel que soit le matériel utilisé, un semis profond de 4 à 5 cm et régulier permettra à la culture de supporter plus aisément ces passages mécaniques précoces. Un test préalable sur un bout de parcelle, hors fourrière, pourra permettre de vérifier l’adéquation entre la vitesse d’avancement et l’état de germination du maïs afin d’éviter d’éventuels dégâts sur la culture. Pour que le désherbage mécanique soit efficace, il faut que les adventices soient à des stades très jeunes (stade filament) et que l’intervention soit suivie de 3 ou 4 jours sans pluie et préférentiellement avec un temps séchant (chaud, sec, venteux…).

Figure 1 : Périodes recommandées d’utilisation des outils de désherbage mécanique

Figure 1 : Périodes recommandées d’utilisation des outils de désherbage mécanique

Envisager les stratégies mixtes 

Dans un contexte de prix élevés des intrants, le désherbage mixte du maïs, combinant interventions mécaniques et applications herbicides, tire son épingle du jeu d’un point de vue économique. A contrario, les temps de travaux augmentent en moyenne d’une heure par hectare pour le binage, avec une bineuse classique, deux passages étant justifiés pour une efficacité satisfaisante.

Dans tous les cas, il faudra éviter à tout prix d’intervenir au stade pointant du maïs, que ce soit avec un herbicide ou un passage mécanique.

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