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Désherbage du maïs : ajuster la postlevée au contexte

Les semis de maïs sont quasi terminés à ce jour. La pluviométrie du mois d’avril, très hétérogène, n’a pas toujours permis d’assurer le passage ou l’efficacité des herbicides racinaires, conduisant à des situations d’enherbement contrastées en plaine. Le désherbage de postlevée sera donc à adapter au cas par cas, avec parfois des ajustements par rapport au programme prévu.

adventices dans du maïs jeune

Des situations très disparates : faire le point sur la flore présente et attendue

On distingue plusieurs situations dans la région :

  • Les semis très précoces (fin mars), ayant bénéficier de quelques pluies (entre 10 et 20 mm 10 jours après le traitement en majorité), avec des parcelles au stade 5-6 feuilles visibles → les racinaires ont pu être valorisés, des rattrapages sont à envisager.
  • Les semis précoces (1-15 avril), représentant la majorité des cas pour les régions Centre, IDF et Auvergne. Ces maïs sont aujourd’hui à 3-4 feuilles visibles. Dans ces situations, les prélevée n’ont pas bénéficié de pluie (sauf en Sologne Bourbonnaise et Puy-de-Dôme) et peuvent présenter des efficacités insatisfaisantes, et d’autres situations n’ont pas été désherbées : report en postlevée précoce ou programme 100 % post. Des ajustements sont donc nécessaires dans ces situations.
  • Les semis après mi-avril ont été semés dans le sec (hors Auvergne), ils ont pu bénéficier de la pluie actuelle (> 20 mm) pour valoriser la prélevée ou la postlevée précoce racinaire. Ces maïs sont à 2-3 feuilles maximum voire non levés. Attention, les parcelles semées après les pluies du 11-12 avril en Auvergne peuvent présenter des levées de graminées et dicotylédones à gérer rapidement.

Tableau 1 : Cumul de pluies enregistrés sur plusieurs postes météo de la région et valorisation des herbicides racinaires

Tableau 1 : Cumul de pluies enregistrés sur plusieurs postes météo de la région et valorisation des herbicides racinaires

Adapter le programme de postlevée à votre situation

En premier lieu, il convient de bien repérer le stade du maïs : on évitera toujours les applications d’herbicides sur des maïs pointant, et on attendra le stade 2 feuilles sur des maïs en bon état végétatif pour réaliser une intervention herbicide.

Parallèlement, il sera nécessaire d’inventorier précisément la flore présente (ainsi que celle attendue) : la connaissance des espèces et de leur stade permettra d’adapter le programme de postlevée (produits*doses).

Aujourd’hui, la présence de graminées est signalée dans de nombreuses parcelles, et les pluies actuelles seront favorables aux levées de graminées et dicotylédones. Il est nécessaire d’intervenir sur jeunes plantules en conditions poussantes et avec une hygrométrie suffisante, ce qui est le cas actuellement.

  • Présence de ray-grass ou vulpins : intervenir avec Monsoon Active 1-1,5 l/ha, avec 1 l d’huile (sulfate d’ammonium non nécessaire dans les conditions actuelles). Attention, pour les parcelles désherbées avec Adengo Xtra, il ne sera pas possible de revenir avec Monsoon Active, on devra partir sur une autre option de rattrapage chimique : Equip 2-2,66 l/ha en association avec une tricétone pour gérer la flore dicotylédones, ou Equip 2 + Capreno 0,2 l/ha.
  • Présence de graminées estivales : sur panic pied de coq, privilégier une association d’une sulfonylurée avec une tricétone. Sur digitaire, c’est le recours à une tricétone qui prime (tembotrione ou mésotrione), l’efficacité des sulfonylurées n’étant pas avérée. Sur sétaire, il faudra recourir à une post-renforcée.

Dans tous les cas, si une impasse a été réalisée en prélevée, et si de futures levées de graminées sont prévues, il est possible d’ajouter une chloroacétamide en postlevée en baissant la dose (ex. : Isard 0,8 ou Successor600 1-1,5 l).

Tableau 2 : Propositions de rattrapage en postlevée sur graminées

Dans les situations où rien n’aurait été fait à l’heure actuelle car on ne suspecte pas de risques liés aux graminées, les flores de dicotylédones peuvent être gérées sur la base de programmes tout en post. Vigilance sur les dicotylédones difficiles (renouée des oiseaux, renouée liseron ou mercuriale) : dans les parcelles où ces espèces dominent la flore classique, il ne faut pas hésiter à intervenir avant 2-3 feuilles des dicotylédones.

Tableau 3 : Propositions de rattrapage en postlevée sur dicotylédones classiques et difficiles

Et en cas de vivaces ?

En présence de vivaces, on préfèrera dissocier leur gestion de celles des annuelles pour des raisons de stades d’efficacité (intervenir sur des stades développées) et de sélectivité des produits. En effet, après 6 feuilles, les plantes de maïs deviennent mouillables (le maïs absorbe plus de produits), on plafonnera donc les doses à un tiers de la dose AMM pour les dérivés auxiniques (dicamba et fluroxypyr seuls ou associés) :

  • Dominance liserons : la gestion en fractionné à 2/3 de la dose (par exemple Banvel 4S 0,4 l – pouvant être associé à une base tricétone et/ou sulfonylurée) avant 6 feuilles étalées du maïs, sur liserons assez développés (15-20 cm) est une solution qui pourra être complétée avec le 1/3 restant après 6 feuilles (en attendant que les liserons soient bien repartis pour garantir une absorption correcte).
  • Sur chardons, intervenir avec du clopyralid (Lontrel à la dose AMM) sur chardons développés et réceptifs jusqu’à stade limite passage tracteur (bonne sélectivité), avec possibilité de le mélanger avec les autres produits de postlevée.
  • Sur graminées vivaces (chiendent, sorgho d’Alep, agrostis stolonifère…) l’emploi de Stratos Ultra adjuvanté avec Dash 1 l uniquement sur une variété tolérante à la cycloxydime (Duo System) peut s’avérer nécessaire, et peut présenter également des efficacités satisfaisantes sur graminées annuelles sensibles aux herbicides du groupe HRAC1. Attention, Stratos Ultra + Dash n’a aucune activité sur dicotylédones : prévoir d’associer à Stratos Ultra un antidicots adapté à la flore. Sur toute autre variété, il est possible de recourir à une sulfonylurée (rimsulfuron notamment) qui permettra de freiner le développement des graminées, sans toutefois les contrôler.

Quelques règles à prendre en compte pour réussir son désherbage de rattrapage

  • En cas de présence de graminées levées, il est nécessaire de réaliser un désherbage de post au stade jeune des adventices (2-3 feuilles maximum). Au-delà, l’efficacité du programme sera très limitée. Si une impasse du chloroacétamide ou de la pré a été réalisée à cause du sec => un chlore a dose réduite peut-être intégré en postlevée si d’autres levées de graminées sont pressenties. Dans tous les cas, réajuster les doses des produits à la flore effectivement présente.
  • Au-delà de 6 feuilles, les doses des produits contenant des auxiniques (Dicamba, Fluroxypyr) sont plafonnées. Les autres produits sont en général utilisables jusqu’à 8 feuilles du maïs, mais leur efficacité devient aléatoire (stade développé des adventices, effet écran du maïs…).
  • Éviter les mélanges tricétone + auxiniques + sulfonylurées. Les risques de phytotoxicités sont accrus, en particulier avec des amplitudes thermiques importantes ou des conditions peu poussantes après application.
  • Limiter l’usage d’adjuvants aux cas particuliers recommandés par les fabricants.

Consulter toujours l’étiquette pour les conditions d’emploi spécifiques du produit et vérifier les possibilités de mélange : www.melanges.arvalisinstitutduvegetal.fr/

Tableau 4 : Facteurs jouant sur l’efficacité et la phytotoxicité des herbicides foliaires en postlevée du maïs

Tableau 4 : Facteurs jouant sur l’efficacité et la phytotoxicité des herbicides foliaires en postlevée du maïs

Pour plus d’informations concernant les programmes de désherbage, lire aussi : « Stratégies de désherbage du maïs : nos préconisations pour 2026 ».

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