Des espèces pour couvert à exclure en AB
En agriculture biologique, le semis de couverts en été avec des espèces annuelles est assez proche de ce qui peut se faire en agriculture conventionnelle. La nécessité de semer le couvert sur un sol propre impose a minima un déchaumage après la moisson.
Si la parcelle n’est pas trop sale, un enchainement rapide moisson-déchaumage-semis-rappui peut offrir un compromis entre gestion de la flore et conservation de l’eau du sol pour assurer une levée précoce du couvert.
Certaines espèces de couvert sont déconseillées en AB (tableau 1). Pour des raisons sanitaires, afin de préserver à terme la capacité de cultiver des légumineuses à graines dans les rotations bio, on évitera ainsi pois, lentilles et féveroles (à moins d’être capable de respecter un délai de retour de 5-6 ans).
Tableau 1 : Espèces de couverts conseillées ou déconseillées en agriculture biologique
Le radis fourrager et la navette peuvent être durs à détruire, même avec un labour : ils sont aussi à éviter.
Éviter les espèces pouvant se ressemer dans la culture suivante
Éviter de même les vesces dont on maîtrise mal la levée de dormance ; elles peuvent avoir des levées tardives dans la rotation et prendre ainsi un statut d’adventices, car elles graineront à la maturité des blés et seront quasi impossibles à trier. On peut toutefois tenter la vesce du Bengale (ou vesce pourpre) dans les régions où l’hiver reste significatif, car cette espèce est particulièrement gélive. Mais attention aux mélanges commerciaux qui contiennent souvent des vesces communes ! La vesce de Narbonne (petite féverole) se trie bien compte tenu de la taille de sa graine, mais sa biomasse reste souvent décevante.
D’autres espèces peuvent monter à graine et devenir invasives dans les années suivantes, comme la phacélie (sauf si elle est semée tard), le mélilot ou le sarrasin. Ça peut être aussi le cas des espèces à la floraison précoce et semées tôt : moutardes blanche ou brune, caméline, moha... Cependant les gammes se diversifient et proposent, par exemple, des variétés tardives de moutardes blanches ou brunes.
Des cas de pollution de la récolte de la culture suivante ont été observés derrière du fenugrec : ce dernier transmet des odeurs au grain, comme la majorité des légumineuses, notamment les vesces.
Enfin, le lotier et la luzerne sont déconseillés en raison du coût de leurs semences.
Lire aussi : « En AB, couverts végétaux et gestion des adventices sont-ils compatibles ? »
Application « Choix des couverts »
L’outil d’aide à la décision gratuit « Choix des couverts » vous permettra d’affiner votre choix en fonction de votre contexte de production et de vos objectifs.
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