Céréales : profiter du retour des pluies sans précipiter les semis
Les pluies enregistrées ces derniers jours, ainsi que celles prévues, sont une bonne nouvelle pour amorcer la campagne céréales à paille 2026/2027. Elles permettent de reconstituer progressivement les réserves en eau et d'améliorer les conditions de préparation des sols. Pour autant, ce retour de l'humidité ne doit pas amener à sortir les semoirs sans prendre en compte la situation de ses parcelles.
Certes, la campagne 2025/2026 a pénalisé les semis les plus tardifs, particulièrement dans les situations ayant subi le déficit hydrique et les fortes chaleurs de fin mai pendant le remplissage. Néanmoins, nous savons que les semis trop précoces restent les plus exposés aux pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), notamment lorsque les automnes sont doux ; et à une pression graminées adventices plus forte.
Le retour actuel de conditions plus humides ne doit pas par conséquent engager des semis dès les premiers créneaux disponibles. Dans la majorité des situations, patienter encore quelques semaines permet de limiter ces risques sans pénaliser le potentiel de la culture. L’enjeu est donc de trouver le bon compromis entre les semis trop précoces (risque sanitaires amplifiés, tels JNO, piétin échaudage, verse et graminées…) et les semis trop tardifs (risques d’exposition à des stress hydrique et thermique en fin de cycle). La période de semis des céréales à privilégier pour la région : 20-30 octobre.
Réserver les semis précoces (10-20 octobre) aux situations particulières
Les semis avant le 20 octobre doivent rester limités aux situations les plus contraignantes, notamment dans les parcelles à sols hydromorphes ou présentant régulièrement des difficultés de ressuyage qui handicapent l'accès aux parcelles après une pluie significative (comme les limons hydromorphes, aubues…). Ces semis précoces sont impérativement à réserver aux parcelles peu infestées en adventices et supposent de positionner les interventions de désherbage dès la prélevée pour contrôler les graminées automnales (concomitance plus forte avec le pic de levée). Une vigilance accrue vis-à-vis des pucerons et/ou cicadelles est indispensable également.
Carte 1 : Somme des pluies en mm du 15 septembre au 5 octobre 2026
Décaler les semis dans les parcelles à forte pression graminées
Pour les parcelles concernées par des problématiques récurrentes de vulpin, ray-grass, le décalage de la date de semis reste l'un des leviers agronomiques les plus efficaces à disposition. Dans ces situations, il est préférable de repousser les implantations autant que le permettent les caractéristiques du sol et les conditions d'accès aux parcelles a minima à fin octobre. L'accélération des cycles observée ces dernières années permet de maintenir des potentiels de rendement élevés sur des dates plus tardives qu'auparavant. Les essais conduits récemment dans la région confirment l'intérêt de ce décalage. Celui-ci permet notamment de réduire fortement le risque JNO, de diminuer la pression des graminées adventices, en particulier du vulpin, ainsi que les risques liés au piétin-échaudage et aux mosaïques.
Figure 1 : Impact du décalage de la date de semis préconisée (autour du 20 octobre) sur le rendement (ARVALIS Le Magneraud, 2020-2022, terres de groies, flore vulpins)
Figure 2 : Impact du décalage de la date de semis préconisée (autour du 20 octobre) sur la nuisibilité liée à la présence de vulpins (ARVALIS Le Magneraud, 2020-2022, terres de groies)
Semer sur un sol propre
Les pluies de ces derniers jours vont favoriser la levée des adventices dans de nombreuses parcelles. Il est indispensable de détruire ces levées avant le semis afin d’implanter la culture sur un sol propre. Cette étape est particulièrement importante pour les parcelles concernées par des problématiques de ray-grass ou de vulpin récurrentes.
S’appuyer sur la diversité variétale
Le choix variétal constitue également un levier important pour sécuriser la campagne. La large gamme de variétés à intérêt, disponibles en céréales à paille, permet d'adapter les implantations aux dates de semis envisagées, aux types de sols et aux principaux risques de la parcelle (maladies, verse…).
En prenant plus de hauteur, les dernières années climatiques difficiles dans la région nous rappellent l'intérêt de diversifier les céréales, les variétés et les dates de semis afin de répartir les risques et d'améliorer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques. L'adage consistant à « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » reste plus que jamais d'actualité. Dans un contexte climatique de plus en plus variable et face à la diversité des risques sanitaires, répartir les surfaces entre plusieurs variétés et créneaux de semis demeure un levier efficace pour sécuriser le potentiel de production.
Pour optimiser ce choix, consultez les guides régionaux – interventions d’automne 2026 :
Tous les résultats d'essais variétés ainsi que l'ensemble des critères nécessaires pour sélectionner les variétés les plus adaptées à votre contexte de production.
A retenir
- Pas d'urgence à semer malgré le retour des pluies.
- Réserver les semis les plus précoces aux parcelles hydromorphes à ressuyage lent, hors problématique de gestion de graminées automnales.
- Reporter les semis des parcelles à pression graminées automnales (ray-grass et vulpin) à partir du 20-25 octobre pour décaler le pic de levée des graminées automnales. Pour les parcelles régulièrement très infestées, viser des semis sur la première décade de novembre à adapter selon le type de sol et de la prévision météo à date…
- Attention aux semis trop précoces : risque accru de JNO, de graminées adventices et de piétin-échaudage.
- Adapter le choix variétal à la date de semis et au contexte de la parcelle.
- Pour la majorité des situations, ne pas semer avant le 20 octobre, encore un peu de patience !
- Semer sur sol propre !
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