Céréales : des parcelles engorgées en eau, voire inondées
En début d’année 2026, les céréales ont été exposées au froid puis à des niveaux de pluies au-dessus des médianes. Conséquences : des sols saturés en eau, avec certaines parcelles complètement ennoyées. Quid de la conduite culturale dans les futures semaines ?
Cette année, les prévisions de stade estimées par nos modèles semblent être de nouveau en décalage avec ce qu’on peut observer dans les parcelles. On estime environ une dizaine de jours d’avance en comparaison des tableaux de prévisions.
Voici quelques informations relevées sur le terrain, au 9 février 2026 :
- à Auch, semis du 28 octobre 2025 : Prestance => 0,6 cm ; Izalco => 0,8 cm ; Anvergur => 0,8 cm ;
- à En Crambade, pour un semis du 31 octobre 2025 : Anvergur => 0,6 cm.
Tableau 1 : Dates prévisionnelles des stades début tallage et épi 1 cm en blé tendre selon la date de semis, la variété et la station
Tableau 2 : Dates prévisionnelles des stades début tallage et épi 1 cm en blé dur selon la date de semis, la variété et la station
Tableau 3 : Dates prévisionnelles des stades début tallage et épi 1 cm en orge d’hiver selon la date de semis, la variété et la station
Rester attentif aux prévisions de stade sur le blé dur
Un déphasage entre croissance (élongation et état du feuillage) et développement (succession des stades), est observé ces dernières années et pourrait se reproduire en 2026. Il y aurait donc un stade épiaison un peu plus tardif en blé dur par rapport au blé tendre à date de semis équivalente, ce qui est rarement le cas en climat classique.
Il est donc nécessaire d’être vigilant quant à la sortie des feuilles pour éviter de démarrer trop tôt une protection contre les maladies si cela s’avérait utile. En effet, les blés durs semés entre mi-octobre et mi-novembre se redressent et paraissent très développés. Le cas échéant, il sera important de vérifier que le stade 2 nœuds correspond à la F2 définitive pointante avant d’envisager une application fongicide.
L’hydromorphie s’intensifie sur les dernières semaines
La pluviométrie depuis début octobre et en particulier en novembre, janvier et février, a saturé les sols rapidement et des phénomènes d’hydromorphie sont visibles depuis plusieurs semaines. Les pluies intenses de ces derniers jours intensifient d’autant plus ce phénomène et placent certaines parcelles dans des situations d’engorgement important, voire de submersion prolongée (photos).
Les conséquences commencent à s’observer dans certaines zones avec des pieds atrophiés, voire des disparitions de plantes à l’extrême et posent globalement questions sur la conduite à tenir, notamment la fertilisation azotée.
Aujourd’hui, alors que des épisodes de pluie sont encore annoncés dans les prochains jours, les cumuls de pluie depuis début novembre approchent ou dépassent les cumuls maximums jamais atteint sur les stations depuis 20 ans, notamment dans l’est de l’Occitanie (tableau 4).
Tableau 4 : Pluviométries suivant les différentes stations, depuis le 1er novembre
L’excès d’eau présent dans le sol induit une carence en oxygène (asphyxie) au niveau des racines, avec de nombreuses conséquences sur la croissance de la plante (mauvais fonctionnement des cellules, pas d’assimilation des éléments minéraux, mauvais ancrage). Le triticale est le plus tolérant à l’excès d’eau, puis le blé tendre, le blé dur et l’orge.
L'ennoiement total de la culture conduit à des pertes de plantes au-delà de deux jours d’exposition. L’engorgement en eau, s’il reste limité, provoque des risques moins importants. Les plantes peuvent tenir plus longtemps, avec des risques de retard de stades, et de pertes de talles. Dégâts pas forcément irrémédiables, mais à suivre pour ajuster l'itinéraire technique en conséquence : potentiel de rendement, dose d’azote et fractionnement, contrôle des adventices dans un couvert fortement éclairci, etc.).
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