Carence en soufre sur céréales : illustration avec un cas d’école
Alors que les céréales se situent actuellement autour de 1 nœud en majorité, des symptômes de carence en soufre sont observés dans les parcelles historiquement exposées. La vigilance est également de mise dans celles qui reçoivent des apports de fumiers, notamment dans les zones plus superficielles et filtrants. A corriger le plus rapidement possible.
Reconnaître les symptômes d’une carence en soufre et les facteurs explicatifs
Illustration avec une parcelle dans l’ouest 35 avec un historique d’apports de fumiers tous les deux ans sur une rotation classique blé tendre – dérobée – maïs fourrage. La parcelle est historiquement hydromorphe dans le bas de pente. Cette année, d’autres symptômes plus inhabituels sont présents dans des zones non hydromorphes en milieu de pente. Les premiers apports d’azote ont été fait à base d’ammonitrate 33.5.
Si l’on reprend la démarche de diagnostic d’accidents de culture, voici le récapitulatif :
- Stade d’apparition des symptômes : fin mars (début montaison - 1 nœud).
- Répartition des symptômes : en foyers-taches de plusieurs dizaines de m².
Fait atypique, un rond d’une zone saine est entouré d’une zone atteinte à droite de la parcelle.
Echelle plante : pas de plantes disparues, mais avec une croissance plus faible et un port de plante classique.
Echelle feuille : stries vert clair à jaune sur les jeunes vieilles, les vieilles feuilles restent vertes, pas de jaunissement ou de rougissement des vieilles ou jeunes feuilles.
Echelle tige et racines : rien à signaler, pas de symptômes.
Ces symptômes, notamment les stries vert clair à jaunes sur les jeunes vieilles, tandis que les vieilles feuilles restent vert foncé avec une répartition en foyers de plusieurs dizaines de m² est caractéristique de la carence en soufre.
Mais alors pourquoi une carence en soufre sur une parcelle avec des apports organiques réguliers ?
Hypothèse la plus probable : un sol superficiel, filtrant qui lixivie le soufre (comme l’azote) et sans doute moins de matière organique sur le profil de sol, avec moins de fourniture en soufre.
Si l’on reprend la grille de risque, les pluies ont été normales à fortes (augmente le risque), mais n’expliquent pas tout, le type de sol influence aussi ce risque.
Dans le cas de cette parcelle, le sondage tarière dans une zone saine vs atteinte à moins de 10 m d’écart ne laisse pas de doute. La zone atteinte est plus superficielle avec un horizon lessivé à partir de 30 cm. Tandis que le foyer moins atteint est plus profond avec un horizon sans doute plus riche en matière organique (historique géologique-agricole), ce qui participe à la minéralisation de l’azote et du soufre pour alimenter les plantes.
Dans ce cas de figure, le grille de risque pour des parcelles avec un historique d’apports organiques identifie ce cas particulier en sol superficiel. Cela nécessite, les années normales à pluvieuses, un apport de soufre de manière préventive.
Tableau 1 : Préconisations d’apport en soufre sur des parcelles avec des apports organiques réguliers
Quoi faire une fois la carence présente ?
Le plus rapidement possible, réaliser une correction foliaire.
Lorsque les symptômes de carence s’expriment, un apport correctif doit être réalisé le plus tôt possible. Après 2 nœuds, la correction devient de plus en plus partielle.
A 1 nœud, un apport de 20 à 40 kg/ha de SO3, de préférence en pulvérisation foliaire de solution à 10 % de sulfate d’ammonium ou sous forme de soufre micronisé. Un apport en engrais soufré peut-être réalisé (ex. : sulfate d’ammoniaque), mais cela risque d’être plus lent pour corriger la carence que par voie foliaire.
Consultez notre article sur les facteurs de risque : « Soufre & céréales : attention au risque de carence plus élevé »
À retenir
Observer les zones superficielles et filtrantes
Symptômes caractéristiques de la carence en soufre :
- En foyers, taches de taille variable ;
- Jeunes feuilles (les dernières sorties) avec un aspect vert pâle contenant des stries vert clair à jaune et foncé ;
- Les vieilles feuilles (proches du sol) sont indemnes et restent vert foncé.
Correction :
- Idéalement par voie foliaire à raison de 20 à 40 kg SO3/ha dès que possible.
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