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Bretagne

Soufre & céréales : attention au risque de carence plus élevé  

En raison de la pluviométrie excédentaire enregistrée en janvier, le soufre est soumis au lessivage, ce qui expose les céréales à un risque de carence plus élevé. Certaines situations sont particulièrement concernées :  les parcelles sans apports réguliers de produits depuis plus de dix ans et les sols filtrants-superficiels, ce qui est peu le cas en Bretagne.

Carence en soufre sur céréales début 2026, en Bretagne

Quelle est la nuisibilité d’une carence en soufre ?

En cas de carence en soufre avérée, les plantes stressées ont moins d’épis/m², voire une fertilité d’épis impactée. Les pertes peuvent aller de 2 à 10 q/ha, voire davantage dans les cas de carences sévères et précoces.

Si des symptômes en végétation sont observés, un apport de soufre en pulvérisation foliaire peut corriger la carence à conditions d’intervenir rapidement. Au-delà de 2 nœuds, la correction est partielle.

Pour en savoir plus retrouver la fiche accident Carence en soufre.

Quels sont les facteurs de risque de carence en soufre ?

Le cycle du soufre minéral dans le sol est très proche de celui de l’azote : le stock à un moment donné dépend du reliquat de soufre minéral issu du précédent, de la minéralisation et de la lixiviation éventuelle de ce stock. De ce fait, les risques de carences sont liés à plusieurs facteurs : 

  • La pluviométrie : le soufre est un élément minéral sensible à la lixiviation, tout comme l’azote. Lorsque les cumuls de pluie entre le 1er octobre et le 1er mars sont supérieurs à 250 mm et 400 mm, le risque de carence est avéré. Cette année, l’ensemble de la Bretagne a reçu plus de 250 mm depuis le 1er octobre 2025. 
  • Le type de sols les sols sableux, filtrants et superficiels sont plus sensibles à la lixiviation du soufre. 
  • La fertilisation soufrée sur le précédent cultural : un précédent type colza avec une fertilisation soufrée (> 60 kg S03/ha) réduit le risque sur la céréale suivante.
  • L’historique de fertilisation organique de la parcelle en Bretagne, la majorité des parcelles reçoivent des effluents organiques. Par minéralisation, le soufre disponible est en quantité suffisante pour répondre aux besoins des céréales. Pour ces parcelles, le risque de carence en soufre est très faible. Seules celles qui n’ont pas eu d’apports organiques réguliers depuis plusieurs années deviennent à risque.

Quel risque de carence en soufre sur ma parcelle et combien apporter si besoin ?

Pour évaluer le risque de carence sur une parcelle, la première clé d’entrée est l’apport régulier ou non des effluents organiques. Puis le type de sol, la quantité de pluviométrie.

Tableau 1 : Grille simplifiée de décision d’un apport de soufre (kg SO3/ha) sur céréales d’hiver pour les situations SANS apports réguliers (< 1 fois tous les 3 ans) de Produits Organiques (PRO) depuis 10-20 ans

Tableau 1 : Grille simplifiée de décision d’un apport de soufre (kg SO3/ha) sur céréales d’hiver pour les situations SANS apports réguliers (< 1 fois tous les 3 ans) de Produits Organiques (PRO) depuis 10-20 ans

Tableau 2 : Grille simplifiée de décision d’un apport de soufre (kg SO3/ha) sur céréales d’hiver pour les situations AVEC apports réguliers (>=1 fois tous les 3 ans) de Produits Organiques (PRO) depuis 10-20 ans

Tableau 2 : Grille simplifiée de décision d’un apport de soufre (kg SO3/ha) sur céréales d’hiver pour les situations AVEC apports réguliers (>=1 fois tous les 3 ans) de Produits Organiques (PRO) depuis 10-20 ans

Carte 1 : Cumul des précipitations en Bretagne depuis le 1er octobre 2025

Carte 1 : Cumul des précipitations en Bretagne depuis le 1er octobre 2025

Lorsque des épandages organiques sont réalisés régulièrement sur la parcelle, seuls les parcelles en sols sableux, superficiels et filtrants sont concernées par un apport cette année.

En revanche, pour les parcelles n’ayant pas reçu aucun effluent organique de type fumier, compost… régulièrement (au moins un apport tous les trois ans) depuis plus dix ans, un apport en soufre est nécessaire entre 20 et 50 unités, à l’exception des sols profonds avec un précédent cultural ayant reçu du soufre.

Si un apport est nécessaire, le choix de l’engrais doit être réfléchi d’un point de vue économique, la forme d’engrais n’influence pas l’efficacité de l’apport. L’apport doit se faire entre tallage et épi 1 cm, souvent en même temps que le premier apport d’azote. Les doses nécessaires se situent entre 20 et 50 kg S/ha. 

Attention : les quantités de soufre des produits sont exprimées en SO3 et non en soufre (S). Pour convertir S en SO3, il faut multiplier par 2,5 : teneur SO3 = teneur S x 2,5. S’assurer lors du choix du produit d’avoir assez de quantités de SO3 pour combler les besoins de la culture !

À retenir

  • La carence en soufre peut générer des pertes allant de 2 à 10 q/ha.
  • Un risque de carence en soufre plus élevé cette année au regard des cumuls pluviométriques.
  • Les parcelles qui ne reçoivent pas régulièrement (moins d’un an sur trois) d’effluents d’élevage de type fumier-compost depuis plus de dix ans sont principalement concernées.
  • Pour les parcelles recevant des effluents d’élevage régulièrement, seuls les sols filtrants, superficiels et sableux sont à risque. Utiliser la grille de décision pour décider ou non d’un apport.

Pour rappel : une unité de soufre ne se substitue pas à une unité d’azote. La fertilisation soufrée et la fertilisation azotée doivent être réfléchies indépendamment l’une de l’autre.

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