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Normandie

Risque de verse en céréales : bien positionner le régulateur de croissance

Alors que les céréales à paille ont atteint le stade épi 1 cm - 1 nœud, les biomasses sont globalement correctes. La météo clémente se caractérise par des rayonnements, températures et pluies excédentaires. Dans ce contexte, quel est le risque de verse ? Faut-il privilégier une application de régulateur au bon stade ou dans de bonnes conditions ?

Zone de blé versé, en Normandie

Première étape : évaluer son risque 

Avec des parcelles de blés à épi 1 cm / 1 nœud et d’orges autour d’épi 1 cm, il paraît opportun d’étudier le risque verse. Ces dernières semaines, les conditions climatiques favorables ont pu permettre un passage serein pour les premières interventions au champ. Le contexte agro-climatique participe à une bonne croissance des céréales et des biomasses plutôt conséquentes, particulièrement en orges d’hiver.

ATTENTION : l’utilisation d’un régulateur n’est pas anodine et peut avoir un effet dépressif sur le rendement. Aussi, elle ne doit pas être systématique. Avant toute décision, il convient d’estimer le risque de verse (tableau 1 et 2). Si une intervention est nécessaire, elle devra être réalisée dans des conditions favorables à partir du stade 1 nœud.

Tableau 1 : Grille de décision pour lutter contre la verse en orge d’hiver

Tableau 2 : Grille de décision pour lutter contre la verse en blé tendre d’hiver

Deuxième étape : quelles sont les bonnes conditions de passage ?

Une fois le risque identifié et si nécessaire, un seul traitement, réalisé en bonnes conditions, est suffisant. Les différences d’efficacité entre produits sont faibles dès lors que l’application est réalisée dans de bonnes conditions et à la dose conseillée. Le choix du produit dépend surtout du stade d’intervention. Attention, certains ne sont pas autorisés dans certains cahiers des charges.

Les risques de phytotoxicité sont souvent sous-estimés, et il y a plus à perdre qu’à gagner si les conditions d’application ne sont pas réunies. Dans les essais, on observe parfois des pertes de rendement, pouvant aller jusqu’à 5-15 q/ha, liées à l’application de régulateur dans de mauvaises conditions. Dans la majorité des parcelles à risque faible, il y a souvent plus à perdre qu’à gagner ! Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité, les applications sont à réaliser :

  • sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, alimentées correctement en eau et en azote) ;
  • dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15-20°C) en tenant compte de la météo le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants.

Dans tous les cas, il faudra reporter l’intervention si :

  • des températures inférieures à 5°C sont prévues dans les cinq jours ;
  • des amplitudes thermiques de plus de 15°C, accompagnées de températures minimales froides, sont prévues dans les 5 jours ;
  • en période de sécheresse.

À retenir :

  • En blé, une bonne partie des surfaces est semée avec des variétés résistantes (note CTPS >= 6,5) et ne nécessitent pas de régulateur.
  • Dans les autres cas et pour l’orge, le risque va dépendre du niveau de sensibilité à la verse, du pilotage de l’azote, date et densité de semis influençant l’état de biomasse de la parcelle (concurrence pour la lumière).
  • Vigilance aux conditions d’application, notamment les amplitudes thermiques encore présentes en ce moment.
  • A la vue des enjeux de pertes de rendements il est préférable d’attendre de bonnes conditions d’applications, quitte à laisser passer quelques jours et passer à un stade légèrement plus tardif que l’optimum visé. 
  • Sur les parcelles en risque moyen, ré-évaluer le risque à mi-montaison pour confirmer ou non l’intervention.

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