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Poitou-Charentes

Régulation des céréales : une décision à ajuster, pas à automatiser !

Les céréales affichent une belle dynamique de croissance et de développement, avec des parcelles majoritairement entre 1 et 2 nœuds selon les dates de semis et les variétés. Cette phase marque le moment idéal pour se pencher sur l’opportunité d’un régulateur.

Essais régulateur de croissance sur blé : l'auxine agit sur la physiologie du blé - à droite, une zone régulée et à gauche, non régulée

L’application d’un régulateur de croissance peut en effet sécuriser la tenue des plantes et limiter le risque de verse. Toutefois, elle doit rester raisonnée : un régulateur n’est pas systématique et son utilisation comporte aussi des risques, notamment celui de phytotoxicité, pouvant entraîner des pertes de rendement, parfois significatives si les conditions ne sont pas favorables. L’enjeu est donc de bien analyser la situation et intervenir uniquement lorsque c’est pertinent.

Régulation : une décision à adapter au cas par cas

Pour lutter contre la verse, le premier levier est de choisir une variété tolérante. Toute variété de blé tendre ayant une note supérieure ou égale à 6,5 est tolérante à le verse, l’impasse d’un régulateur est la règle. En orge, le risque est fortement réduit avec des variétés tolérantes (note ≥ 6,5).

Cette année, les situations les plus à risque dans la région concernent les semis précoces autour du 10-15 octobre. Dans ce cas, on peut observer des tallages plus importants (hors parcelles hydromorphes), une montaison initiée tôt du fait de l’excès douceur hivernale. Les parcelles ayant atteint le stade épi 1 cm fin février à début mars ont débuté leur montaison en jours courts, ce qui est un facteur supplémentaire de risque. Ce sont ces situations qui devront probablement être régulées pour les variétés les plus sensibles à la verse.

Raisonner l’application d’un régulateur à l’aide des grilles de décision

L’utilisation d’un régulateur n’est pas anodine et peut avoir un effet dépressif sur le rendement. Aussi, elle ne doit pas être systématique. Les grilles permettent d’estimer le risque à la parcelle pour le blé tendre et l’orge d’hiver avec la résistance variétale comme premier paramètre à considérer.

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque verse en blé tendre

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque verse en blé tendre
Tolérante note CTPS > 6,5 - Moyennement sensible entre 6,5 et 6 compris - Sensibles >= 5,5

Figure 2 : Grille d’évaluation du risque verse en orge d’hiver

Figure 2 : Grille d’évaluation du risque verse en orge d’hiver
Peu sensible note CTPS > = 6 - Moyennement sensible entre 5,5 et 5 compris - Sensibles > 5

Conditions d’application : un facteur déterminant

Si une intervention est jugée nécessaire, il est essentiel d'optimiser son efficacité tout en minimisant les risques de phytotoxicité. Le choix du produit dépend aussi de la période d'intervention (stade).

Attention, certains produits ne sont pas autorisés dans certains cahiers des charges.

Recommandations pour une application optimale : 

  • sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, alimentées correctement en eau et azote) ;
  • dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique, en tenant compte de la météo le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants (tableau 1) ; 
  • reporter l’intervention si des températures froides (< 5°C) sont prévues dans les cinq jours ;
  • reporter l’intervention si des amplitudes thermiques de plus de 15°C, accompagnées de températures minimales froides prévues dans les cinq jours ;
  • reporter l’intervention en période de sécheresse. 

Tableau 1 : Conditions requises pour la bonne sélectivité et l’efficacité de différents régulateurs

Tableau 1 : Conditions requises pour la bonne sélectivité et l’efficacité de différents régulateurs

Retrouvez des exemples de programme de régulation dans les guides régionaux Choisir et décider - interventions de printemps 2026 : 

A retenir 

Si un traitement est nécessaire (s’aider des grilles de risque), les conditions d’apport sont cruciales :

  • éviter les périodes à fortes amplitudes thermiques (> 15°C) et les températures fraîches (< 5°C) ;
  • réserver l’intervention aux cultures en bon état (absence de virose, hydromorphie, alimentation en azote correcte).

Les conditions climatiques des prochains jours sont peu favorables (températures matinales fraîches, amplitudes thermiques.)

Message rédigé par ARVALIS avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de Charente-Maritime, Charentes et Deux-Sèvres, Coopérative de Mansle, Coopérative de Matha, Coopérative de la Tricherie, Coopérative de St-Pierre de Juillers, Océalia, Terrena, Groupe Isidore et Soufflet.

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