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Déficit fourrager

Comment limiter l'utilisation de paille de blé en litière ?

Les deux épisodes caniculaires ont contraint à l’affouragement avant le début de l’été et un déficit fourrager se profile. Rediriger la paille pour l’alimentation des bovins peut pallier ce déficit, mais quelles sont les alternatives à la paille litière ?

Deux vaches laitières couchées dans la paille propre

Premier levier : optimiser 

Sur-pailler n’apporte aucun bénéfice, comme l’a montré un essai conduit à la station ARVALIS de Saint-Hilaire-en-Woëvre dans la Meuse. Aucune différence de propreté et de croissance sur des jeunes bovins (JB) à l’engraissement entre un apport de 4,8 kg de paille/JB/j contre 3,6 kg/JB/j. A l’inverse, le sur-paillage induit une augmentation de la température de la litière. De plus, apporter plus fréquemment et en plus petite quantité permet de faire des économies de paille : un paillage deux fois par jour permet d’économiser 10 à 20 % de paille.

Deuxième levier : substituer 

Pour limiter l’utilisation de paille en litière, il est possible de la substituer en totalité ou partiellement par d’autres produits (figure 1).

  • La menue paille de blé présente une faible portance de la litière, augmente de 50 % la quantité apportée par rapport au blé, la manutention est délicate et un fort dégagement de poussière est à noter. 
  • La paille de colza présente une bonne portance de la litière, les quantités apportées sont proches du blé. En revanche, son rendement paille est divisé par deux par rapport au blé. Pour utiliser de la paille de colza, mieux vaut récolter plus bas par rapport à une coupe classique. Même si la paille de colza est plus humide que celle du blé, cela ne devrait pas poser de problème cette année. A éviter quand même pour les jeunes animaux car elle est plus abrasive. Il est possible aussi de l’utiliser en alimentation, l’abrasivité est plus importante que celle du blé donc l’effet rumination est accentué. (Source : Flash Herbe et Fourrage Centre-Val de Loire, 24/6/26)
  • La paille de maïs est moins absorbante que la paille de blé, il faut la récolter sèche et après le broyage de la moissonneuse. De plus, cette paille sollicite fortement le matériel. 
  • Le miscanthus est intéressant surtout en litière malaxée, mais sa disponibilité est aléatoire.
  • Les haies d’exploitation : 1,5 kg de plaquette de bois a un pouvoir absorbant équivalent à 1 kg de paille de blé. 105 € la tonne de paille c’est le prix de bascule où la plaquette est moins chère que la paille. L’utilisation est possible à 100 % avec des plaquettes ou en sous couche permettant un effet drainant et une économie de paille par la suite.
  • Les écorces de bois issues de scierie : un essai sur la Ferme Expérimentale des Bordes a comparé une litière 100 % paille (3,6 kg/JB/j) à une litière 100 % écorce (8,3 kg/JB/j) sur des JB à l’engraissement. Aucune différence sur les croissances, le salissement, les boiteries ou problèmes respiratoires n’a été observée. La seule différence réside dans la diminution de la température de la litière de 4,3°C avec l’écorce. 

    Lire aussi : «L’écorce de bois remplacera-t-elle la paille de céréales pour la litière des bovins ? »
  • La dolomie, utilisée en sous-couches, permet une économie de paille par la suite et une amélioration de la teneur en calcium des fumiers in fine.

Figure 1 : Pouvoir d'absorption des différents matériaux (l/kg)

Figure 1 : Pouvoir d'absorption des différents matériaux (l/kg)

Des solutions existent pour limiter l’utilisation de paille en litière. Néanmoins, il paraît aujourd’hui impossible de remplacer l’intégralité de la paille de litière dans les élevages bovins. L’utilisation d’alternatives à la paille est très dépendante de la disponibilité des produits, du coût et de la manutention nécessaire pour leur utilisation.

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