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Rhône-Alpes

Pyrales du maïs : positionner les traitements au plus proche du pic de vol

Selon les modèles de prévision, le pic de vols des pyrales devrait être bientôt observé. Il faut se tenir prêt à intervenir.

Papillon femelle de la pyrale sur une feuille de maïs début 2026 en Rhône-Alpes

Un début de vol précoce

Les stades des maïs s’échelonnent globalement entre 6 et 13 feuilles : les secteurs précoces dépassent les 10-12 feuilles, tandis que les plus tardifs et maïs ensilage semés après dérobée sont plus souvent entre 3 et 8 feuilles. Les maïs semences sont en général entre levée et 7 feuilles.

Les premières captures de pyrales dans le réseau de suivi BSV ont été effectuées dès la semaine du 18 mai (semaine 21), confirmant un début de vol précoce. Fait original de l’année, ces premières captures ont concerné de nombreux secteurs géographiques différents, précoces et habituellement plus tardifs. Environ un tiers des parcelles du réseau présentaient déjà des captures de pyrales les 18-19 mai.

Le pic de vol est proche

Le modèle ARVALIS de prévision des vols de pyrales contribue à estimer la date du pic, en complément des piégeages d’adultes réalisés dans le cadre du BSV. Les dates simulées sont à titre indicatif pour permettre d’affiner les stratégies de lutte.

Tableau 1 : Prévision du pic de vol de la première génération de pyrales en Rhône-Alpes (prévision au 5 juin 2026), modèle ARVALIS

Tableau 1 : Prévision du pic de vol de la première génération de pyrales en Rhône-Alpes (prévision au 5 juin 2026), modèle ARVALIS

Ces simulations sont cohérentes avec les dynamiques de vol actuellement observées dans le réseau BSV.

La dynamique est pour l’instant proche de 2025 pour les graviers et sables du Rhône, de l’Ain et de l’Isère.

Figure 1 : Evolution pluriannuelle des captures des pyrales (phéromones) - Graviers et sables du Rhône, de l’Ain et de l’Isère

Figure 1 : Evolution pluriannuelle des captures des pyrales (phéromones) - Graviers et sables du Rhône, de l’Ain et de l’Isère
Source : BSV Rhône-Alpes

Pour les secteurs plus tardifs de Bresse, Dombes, Forez et Combe de Savoie, le pic de vol est généralement moins bien marqué, mais le vol est engagé.

Figure 2 : Evolution pluriannuelle des captures des pyrales (phéromones) – Limons de la Bresse, de la Dombes et du Forez, Combes de Savoie

Figure 2 : Evolution pluriannuelle des captures des pyrales (phéromones) – Limons de la Bresse, de la Dombes et du Forez, Combes de Savoie
Source : BSV Rhône-Alpes

Dans la Drôme, le vol de première génération est également bien amorcé. Dans ce secteur, la lutte vise généralement plutôt la seconde génération de pyrales, plus préjudiciable en termes d’impact économique et de qualité sanitaire.

Ne pas oublier la sésamie

La sésamie doit également être surveillée, surtout dans la moitié sud de la région, mais sa présence est également détectée dans d’autres secteurs précoces comme la plaine de Lyon. Le BSV montre que le vol est en cours, avec des captures dans la majorité des secteurs, même si toutes les parcelles ne sont pas concernées. L’avancée du vol peut être suivie via le BSV.

En cas d’attaque de sésamies de première génération, la perte de pieds et donc l’incidence sur le rendement peuvent être importantes.

Quelles méthodes de lutte ?

La lutte contre la pyrale est à privilégier sur les parcelles ayant connu des pressions importantes les années précédentes, et celles n’ayant pas eu d’intervention de broyage des cannes de maïs post-récolte à l’automne dernier. Les maïs les plus avancés dans un secteur donné ont également tendance à concentrer les pontes.

La lutte est à positionner au plus proche du pic de vol de pyrales pour toucher un maximum de jeunes larves post-éclosion et avant qu’elles ne se réfugient dans la plante. 

En cas de double pression pyrales-sésamies, une date de compromis (entre stades baladeur sésamies (qui survient environ une semaine après le pic de vol de sésamies) et le pic de vol pyrales) peut être envisagée pour lutter contre les deux espèces. Les produits à base de pyréthrinoïdes à action larvicide permettent de toucher le plus de larves possibles. Coragen (chlorantraniliprole) offre plus de souplesse d’application en termes de positionnement et peut être appliqué dès les premières pontes des sésamies.

Les lâchers de trichogrammes (Trichogramma brassicae), moyen de lutte alternatif contre la pyrale, doivent être réalisés en tout début de vol de pyrales pour être efficaces, afin de limiter la viabilité des œufs. Ils ont été réalisés en semaine 21, 22 et 23 en Rhône-Alpes selon la précocité des secteurs. Le vol est désormais trop avancé pour utiliser cette méthode de lutte sur la première génération ; elle pourra être envisagée sur la seconde génération à partir de fin juillet.

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