Orges : surveiller les maladies, en particulier la ramulariose
Les maladies comme l’helminthosporiose et la rhynchosporiose sont actuellement observées sur les orges. Quant à la ramulariose, au vu de la pression observée lors des deux dernières campagnes, il faut être particulièrement vigilant, d’autant plus qu’après l’apparition des symptômes, tout traitement est inutile.
Depuis quelques semaines, l’arrivée de l’helminthosporiose est observée sur feuille supérieures. La rouille naine est restée très discrète cette année, avec très peu de situations où elle est présente. La rhynchosporiose est présente sur les orges de printemps semées à l’automne. Depuis deux ans, une maladie attire plus particulièrement notre attention : la ramulariose dont les symptômes pourraient apparaître dans les prochaines semaines.
Les orges se situent entre dernière feuille étalée et sortie des barbes, soit la période idéale pour assurer la protection fongicide.
Zoom sur la ramulariose
La ramulariose est une maladie fongique très présente depuis deux ans dans le Sud-Ouest. On la reconnaît à ses « taches léopard », petites taches brunes entourées d’un halo jaune (chlorose), qui apparaissent sur les étages supérieurs autour du stade épiaison généralement. Cette maladie se transmet par le biais de contaminations externes mais surtout par le biais des semences. Les deux dernières campagnes étant marquées par une forte pression : il faut s’attendre à la présence d’un inoculum important cette année. Cette maladie est latente dans la plante et une fois les premiers symptômes visibles, il n'y a plus rien à faire.
Quelle stratégie fongicide pour lutter contre la ramulariose ?
Le traitement fongicide pour viser la ramulariose se positionne lors du T2. Si un T1 a été réalisé, le T2 peut s’envisager au stade sortie des barbes. En revanche, dans le cas d’un traitement unique, il peut s’envisager plutôt au stade dernière feuille étalée. Ne pas attendre de voir les premiers symptômes pour déclencher le traitement, car une fois que les premières taches apparaissent, la maladie se développe très rapidement ; la senescence totale des feuilles/plantes peut prendre que quelques jours seulement (photos).
ATTENTION à ne pas trop anticiper non plus le traitement et attendre que la dernière feuille soit bien sortie pour garantir la couverture de cette dernière. Les essais conduits par ARVALIS l’an passé ont montré une bonne efficacité des programmes associant du mefentrifluconazole + prothioconazole, ainsi que du folpel.
Tableau 1 : Quelques propositions de programmes (listes non exhaustives)
Ne pas confondre la ramulariose avec d’autres maladies
Les symptômes de la ramulariose se confondent souvent avec les grillures et les petites taches d’helminthosporiose en fin de cycle. Ses petites taches brunes traversent la feuille (contrairement aux grillures, qui se retrouvent généralement sur la partie supérieure de la feuille uniquement) et présentent des alignements de bouquets blancs (conidiophores) dans le sens des nervures (visible à la loupe binoculaire), sur les taches les plus nécrosées.
Attention aux confusions avec l’helminthosporiose qui possède quant à elle des conidiophores en forme de « poils noirs ».
Schéma 1 : Clés de détermination pour valider le diagnostic maladies
Le développement de la ramulariose est asymptomatique en début de cycle, c’est-à-dire que même lorsqu’elle est présente dans la plante, elle ne s’exprime qu’à partir de la floraison généralement (concordant avec l’apparition de stress nutritionnel et/ou environnementaux). La production d’une toxine spécifique va alors avoir lieu à ce moment-là. Cette toxine en question, la rubelline, est phytotoxique mais surtout photosensible. Donc une fois activée par la lumière, elle va détruire très rapidement les parois cellulaires et accélérer la senescence des feuilles. La plante va dessécher dans un pas de temps très court et cela, du haut vers le bas, le haut de la plante étant davantage exposée aux rayonnements solaires et donc, à l’activation de la toxine. On observe dans les cas les plus extrêmes une dessication accélérée des parcelles en quelques jours seulement.
Les autres facteurs de risque identifiés, qui semblent prépondérants dans le développement de la maladie sont : l’hygrométrie importante, notamment durant la période mai-début juin, l’excès d’eau/l’hydromorphisme, l’excès de rayonnement et les températures douces (15-25°C).
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