Articles et actus techniques
Occitanie

Mieux vaut semer du blé dur chaque année

Souvent à l’aube des semis, le choix balance entre le blé dur et le blé tendre et/ou le blé améliorant. Toutefois, selon les analyses économiques menées dans des exploitations, le blé dur reste, en pluriannuel, une culture intéressante, même avec une variabilité de la production, une variabilité de la qualité et les réfactions associées.

Récolte de blé dur dans une remorque, en 2026 en Occitanie

Une aide couplée plus importante

Depuis l’année dernière, l’aide couplée à la production de blé dur est revalorisé dans la zone traditionnelle. 

Grâce à cette réévaluation de l’aide couplée au blé dur, les producteurs de l’Occitanie bénéficient d’une aide blé dur comprise entre 130 et 140 €/ha. Cette aide, liée à la surface en production dans les zones traditionnelles, est applicable pour la campagne 2027. Aucune démarche supplémentaire n’est à faire, les modalités d’attribution sont inchangées.

Ce complément permet de rendre le blé dur plus intéressant de manière globale, mais aussi de lui permettre d’être toujours intéressant économiquement en comparaison au blé tendre quand le marché est moins porteur ou lorsqu’il existe des accidents en culture.

Une réalité économique

L’analyse des données de l’Observatoire ARVALIS-Unigrains et des données CER dans le département de la Haute-Garonne montre que le blé dur permet de dégager des marges brutes intéressantes pour la plupart des années, en comparaison au blé tendre. 

Ces calculs sont issus d’observations réelles, prenant en compte les prix payés avec les réfactions et les différentes stratégies de commercialisation, que ce soit en blé dur ou en blé tendre. 

Figure 1 : Différentiel de marges brutes/ha entre blé dur et blé tendre – Observatoire Haute-Garonne

Figure 1 : Différentiel de marges brutes/ha entre blé dur et blé tendre – Observatoire Haute-Garonne

En moyenne sur les 18 ans, le différentiel de marges brutes entre blé dur et blé tendre est de 240 €/ha en Haute-Garonne. Les dernières campagnes, avec des difficultés de production, de qualité et de prix des intrants, ne dérogent pas à l’observation globale : le blé dur est économiquement intéressant en pluriannuel. 

Des résultats encore favorables au blé dur

Pour 2026, les résultats sont encore favorables au blé dur, malgré un marché peu porteur et un rendement moyen. La variabilité des résultats reste néanmoins importante entre deux années, mais il est difficile de ne choisir ses années qu’en fonction du marché, lui-même assez volatile d’une année sur l’autre. 

En général, les années où le différentiel de prix entre le blé dur et le blé tendre est très important, les marges brutes sont largement à l’avantage du blé dur. Cela signifie que le blé dur reste une culture intéressante pour les régions de production.

D’un point de vue stratégique, comme peu d’éléments sont prévisibles, il est préférable de semer du blé dur chaque année pour réduire les aléas plutôt que d’essayer de « viser » les bonnes années. 

Attention néanmoins

  • Différentiel de marge à l’avantage du blé dur ne veut pas obligatoirement signifier que la marge est importante. C’est le cas notamment des années où les intrants augmentent fortement et/ou la production est en berne. 
  • Le blé dur est une culture qui nécessite plus de précision sur le positionnement des traitements’ notamment au stade floraison, et l’inconnu de la qualité récoltée existe jusqu’à la récolte. De fait, la culture de blé dur demande une trésorerie plus importante et la prise de risque face à l’inconnu fait partie de la culture.

Réagissez !

Merci de vous connecter pour commenter cet article.

Se connecter
Ou connectez-vous avec
Pas encore inscrit ?
Créer un compte
Mot de passe oublié

Un email vous sera envoyé pour réinitialiser votre mot de passe.