Maladies du blé : un risque faible à modéré pour le moment
Depuis la fin de l’hiver, les conditions météo restent incertaines, en lien étroit avec le changement climatique : « faux-printemps », températures qui dépassent les moyennes de saison, puis descendent en-dessous (avec parfois du gel), et des stades plus précoces. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de s’adapter et d’anticiper. Les observations sont donc incontournables pour surveiller les maladies, en complétant avec les prévisions de risque, afin de décider de positionner un éventuel T1.
Quelles prévisions de stades actuellement ?
Malgré les variations climatiques marquées, la modélisation permet tout de même d’approcher mieux les prévisions des prochains stades. Les situations parcellaires spécifiques et le climat des semaines à venir auront aussi tout de même leur importance ! Pour se situer de manière indicative, prenons la variété Chevignon, sur une date de semis intermédiaire, à l’échelle des quatre départements de la région Champagne-Ardenne.
Ainsi, d’après ces quatre cas d’exemple sur Chevignon et également les prévisions modélisées à partir des parcelles observées du Bulletin de Santé du Végétal (différentes variétés et dates de semis, échelonnées de début octobre à mi-octobre principalement), le stade dernière feuille pointante (DFP) serait atteint autour du 25 avril (+/- 5 jours), le stade dernière feuille étalée autour du 5 mai (+/- 5 jours) et l’épiaison autour du 15 mai (+/- 5 jours). Quelles stratégies de protection seraient à privilégier ?
La septoriose : un inoculum bien présent à épi 1 cm, mais un risque plus faible actuellement
Maladie essentiellement associée aux cumuls de pluies et aux températures, les pluies modérées de fin mars et le retour du froid ont eu tendance à limiter la pression septoriose d’après les observations actuelles et la modélisation. Les conditions climatiques d’avril seront déterminantes, pour savoir si un T1 est nécessaire sur les variétés sensibles (note < 6,5 dans le catalogue variétal : Les Fiches Variétés - ARVALIS-infos.fr).
A l’heure actuelle, d’après les prévisions de notre modèle Septo-LIS® (prédiction du risque septoriose), les premiers T1 à réaliser pour la cible septoriose seraient à dernière feuille pointante a minima, pas avant, uniquement sur variétés sensibles. Sur variétés tolérantes, cela pourrait attendre dernière feuille étalée (donc impasse du T1). Bien entendu, la rouille jaune reste à surveiller, et un traitement sera à déclencher si nécessaire.
Figure 1 : Risque septoriose à 2 nœuds + 7 jours estimé par le modèle Septo-LIS® (cumul des contaminations sur F3 et F4) pour une variété Sensible (5) à la septoriose
→ Le risque sur variétés sensibles est actuellement faible à modéré.
La rouille jaune : savoir sur quel pied danser
Les conditions favorisant habituellement la rouille jaune sont la douceur hivernale suivie d’un printemps froid et pluvieux. Avec le climat plutôt doux de la période actuelle, l’on se demande si celle-ci va quand même malheureusement pointer le bout de son nez ? D’autant plus qu’en fin de campagne 2024/2025, des changements de comportements variétaux ont parfois été observés : nouvelles souches, résistance variétale potentiellement altérée sur certaines variétés : sur quel pied danser ?
Dans ce contexte d’évolution rapide des populations de rouille jaune, toutes les variétés sont à surveiller cette année, et en particulier : Academy, Arcachon, Balzac, Belzebuth, Chevignon, Fabulor, Facility, Forcali, Gyros, Generik, Intensity, Jeriko, Kardigan, KWS Extase, KWS Millesime, KWS Ultim, LG Acrobat, LG Anouk, Pondor, RGT Arpegio, RGT Koesio, RGT Majesko, RGT Profusio, RGT Valparaiso, Shrek, Spirou, SU Horizon, SU Master.
Mais les conditions climatiques et la modélisation sont toutes aussi importantes à prendre en compte : si les conditions sont moins favorables à la rouille jaune, la question de son développement, et donc de sa résistance aux variétés, se posera moins.
Figure 2 : Risque rouille jaune estimé par le modèle CRUSTY du 06/04 au 12/04 pour une variété Sensible (note variétale de 4) à la rouille jaune
Actuellement, le risque estimé est faible à modéré pour les variétés sensibles, et faible pour les variétés résistantes (à partir des comportements connus des souches de rouille jaune et des variétés).
A noter : récemment, les notes sur maladies foliaires ont été mises à jour dans le catalogue variétal (Les Fiches Variétés - ARVALIS-infos.fr).
Et donc, quelles indications pour le T1 ?
- En cas de traitement nécessaire, il existe une gamme de solutions.
Figure 3 : Solutions fongicides selon la cible
→ Quelles doses appliquer ?
La rouille brune, quant à elle, est à surveiller
Les premières prévisions indiquent un risque moyen à fort, il faudra donc ouvrir l’œil dès son arrivée. Surveiller nos prochains messages qui feront le point sur son évolution.
Réagissez !
Merci de vous connecter pour commenter cet article.