Maïs & sorgho : anticiper les risques sanitaires 2027 par la gestion des résidus
Après les dissections de cannes de maïs et de sorgho, il apparaît que les populations de pyrales, voire de sésamies, sont bien présentes. Afin de réduire la pression sur les semis 2027, mieux vaut procéder dès maintenant à un broyage des résidus le plus fin possible, puis de les enfouir si possible.
Une pression foreurs significative en 2026 en fonction des secteurs
La campagne 2026 a été marquée par une pression foreurs significative :
- En région Centre, les secteurs Sologne-Val-de-Loire et Touraine (pyrales + sésamies) et le secteur Beauce-Perche (seulement pyrales en Eure-et-Loir, pyrales + sésamies sur le Loir-et-Cher) sont considérés à risque avec des populations entre 0,6 et 0,7 larve par pied. Les infestations larvaires sont en hausse de 55 % sur la région par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes.
Figure 1 : Evolution pluriannuelle du nombre de larves par pyrale par pied, en région Centre-Val de Loire
- En région Ile-de-France, les populations de pyrales sont également en hausse de 50 % atteignant environ 1,4 larve par pied.
- En Auvergne, la pression pyrales est faible dans le Puy-de-Dôme et modéré dans l’Allier.
Face à ce constat et avec l’opportunité laissé par des récoltes précoces, il est fortement recommandé de broyer les cannes de maïs et de sorgho et de les enfouir dans la mesure du possible, quelle que soit la culture suivante prévue (céréales à paille, maïs…).
Broyer et enfouir les cannes pour limiter les risques
Les résidus du maïs, cannes et pivots, constituent un support de conservation pour les larves des insectes foreurs, qui peuvent y passer l’hiver protégés du gel et des intempéries et donner lieu à l’émergence de papillons l’année suivante. La gestion de ces résidus a pour objectif de réduire les populations de ravageurs en exposant les larves au froid durant l’hiver, aux mycoses, aux bactéries, aux virus et aux oiseaux.
Pour accélérer la dégradation des résidus, un mulching aussitôt après la récolte du maïs est recommandé. En effet, les larves migrent en quelques jours vers le collet où elles sont mieux protégées et plus difficiles à détruire. Cependant, si une intervention est possible avant l’hiver, même éloignée de la récolte, elle sera bénéfique. Le broyage sous bec est souvent insuffisant, même s’il n’est pas sans effet. Un simple broyage réalisé immédiatement après la récolte détruit 50 à 70 % des larves. Lorsque ce broyage est suivi d’un travail superficiel du sol, l’efficacité est de 75 à 85 %. Avec un dessouchage du collet, l’efficacité passe à 95 %.
→ A noter que l’efficacité est meilleure si la mesure est mise en œuvre à l’échelle de la petite région agricole.
Les autres atouts d’une bonne gestion des cannes
Le broyage des résidus de maïs et leur enfouissement présentent également d’autres intérêts :
- Piégeage de l’azote : incorporés au sol, les résidus se dégradent mieux et jouent le rôle de piège à nitrates (permet de retenir 20 à 30 kg N/ha).
- En blé après maïs : réduction du risque fusarioses (DON).
- En maïs sur maïs : réduction du risque de maladies foliaires, et surtout du risque fusarioses (Fusarium graminearum – section liseola) et mycotoxines (DON). Le risque sanitaire est proportionnel au volume de résidus laissé en surface.
Pour en savoir plus, consultez les BSV bilan maïs :
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