Résultats d’essais

Hausse des prix : faut-il réduire la dose d’azote sur blé ?

Face aux incertitudes sur le prix du blé et des engrais, certains producteurs s’interrogent sur l’intérêt de réduire la dose d’azote en 2026 pour la reporter en 2027 si le prix de l’azote continue à grimper.

parcelle de blé fin montaison

Dans le contexte économique actuel, optimiser chaque unité d’azote apportée est plus stratégique que jamais. Fractionner en trois ou quatre passages, recourir à des formes d’engrais plus efficientes, réaliser les apports selon les conditions climatiques et piloter grâce aux outils d’aide à la décision sont autant de leviers qui influent directement sur la rentabilité du blé tendre.

Mais avec un prix de l’azote qui s’envole depuis la guerre en Iran et la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE, quel est le retour sur investissements du dernier apport d’azote sur blé ?

D’après 30 essais conduits par ARVALIS entre 2023 et 2025, un apport de 40 kg N/ha au stade dernière feuille rapporte 4 q/ha et 1,1 % de protéines en moyenne à l’optimum technique. Mais en termes de marge nette ?

Peu d’écart entre l’optimum technique et l’optimum économique aujourd’hui

Dans les conditions économiques actuelles (180 €/t pour le blé et 1,7 €/kg pour l’azote), la fertilisation azotée reste rentable : l’écart entre l’optimum technique et l’optimum économique est généralement faible. C’est ce que montre la matrice d’ajustement de dose (figure 1), établie à partir de 442 essais conduits entre 1990 et 2022 par ARVALIS. Détail important, cette matrice part du postulat que l’utilisateur se situe déjà à l’optimum technique de fertilisation. De plus, elle ne prend pas en compte un objectif de 11,5 % de protéines, qui peut se traduire par un optimum technique supérieur de 30 kg N/ha en moyenne.

En d’autres termes, à l’optimum, les derniers quintaux conservent aujourd’hui une rentabilité satisfaisante. 

À l’inverse, les économies générées par une réduction de la dose s’avèrent souvent limitées, d’autant plus qu’ils peuvent engendrer la réfaction du lot si le taux de protéines n’est pas au rendez-vous. Pour rappel, pour la plupart des clients sur les marchés intérieurs et export, le taux de protéines est important. Et plutôt que de réduire arbitrairement la dose, il est préférable de s’appuyer sur des outils de pilotage pour capter le potentiel de l’année et l’état de nutrition des plantes.

Figure 1 : Ajustement de la dose d’azote (en kg N/ha) pour viser le rendement maximal du blé selon le prix de l’azote et le prix du blé, en isomarges

Figure 1 : Ajustement de la dose d’azote (en kg N/ha) pour viser le rendement maximal du blé selon le prix de l’azote et le prix du blé, en isomarges

Dans l’hypothèse d’un blé vendu 180 €/t en sortie ferme et d’un prix d’achat de l’azote à 1,7 €/kg (soit 570 €/t d’ammonitrate), l’optimum technico-économique se situe entre les isomarges 0 (pas de modification de dose) et -20 (réduction de 20 kg N/ha. La notion d’isomarges matérialise une plage de dose d’azote pour laquelle la marge nette est stable (variations inférieures à 1 %) et voisine du maximum.

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