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Bourgogne-Franche-Comté

Gestion des graminées adventices : quels sont les leviers mobilisés par les producteurs ?

Les graminées adventices constituent aujourd’hui l’une des principales problématiques rencontrées en grandes cultures, en lien avec la simplification des rotations, une prépondérance des cultures automnales et l’érosion des substances actives herbicides efficaces. Retour sur les leviers utilisés par les agriculteurs, identifiés dans une enquête menée par le réseau OCP - Objectif Cultures Propres, déployé en Bourgogne-Franche-Comté.

Chardon dans un champ de blé en 2025 en Bourgogne

La problématique des graminées adventices n’est pas nouvelle et un certain nombre de leviers de gestion sont déjà bien identifiés, mais des freins persistent. Afin de mieux comprendre leur niveau d’appropriation, le réseau OCP* a conduit une enquête auprès des agriculteurs participants. Chaque agriculteur a classé différents leviers de gestion des graminées, selon leur faisabilité, dans l’une des quatre catégories suivantes : réalisé, possible, contraignant et impossible.

Figure 1 : Evaluation de l’appropriation de leviers de gestion des adventices graminées par les agriculteurs du réseau OCP

Figure 1 : Evaluation de l’appropriation de leviers de gestion des adventices graminées par les agriculteurs du réseau OCP

Des niveaux d’appropriation très variables selon les leviers

Les résultats de l’enquête présentent une forte hétérogénéité dans l’adoption des leviers. Certains d’entre eux sont aujourd’hui déjà bien intégrés dans les systèmes de culture. C’est notamment le cas de l’application de glyphosate avant semis, la diversification du désherbage chimique et l’entretien des bordures : la diffusion de références techniques et l’accompagnement des agriculteurs ont largement contribué à l’appropriation de ces pratiques. 

D’autres leviers présentent un taux de mobilisation plus faible malgré un intérêt agronomique reconnu. Le décalage de la date de semis, la diversification avec du désherbage mécanique et le nettoyage des outils de récolte offrent une marge de progression importante, en combinant ces leviers. 

Enfin, plusieurs leviers sont majoritairement perçus comme difficiles voire impossibles à intégrer dans les systèmes actuels, comme l’introduction d’une  CIVE - Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique -, l’écimage et la récupération de menues pailles. Leur diffusion reste conditionnée à la levée de freins économiques, techniques et organisationnels.

Des freins à l’appropriation des leviers persistent

L’analyse des réponses des participants met en évidence plusieurs catégories de freins : certains transversaux, d’autres spécifiques à certains leviers, comme par exemple, la peur de l’impasse météo lors du décalage de la date de semis.

Figure 2 : Nuage de mots des freins à l’adoption des leviers de gestion des adventices graminées

Figure 2 : Nuage de mots des freins à l’adoption des leviers de gestion des adventices graminées

Des freins avant tout économiques

Les principaux freins sont économiques : accès à du matériel spécifique, manque de débouchés, coût d’investissement et rentabilité incertaine. L’écimage et la récupération de menues pailles illustrent bien cette problématique. Ces pratiques coûteuses ne sont pas jugées comme rentables dans de nombreuses situations.

Des freins techniques et de multi-performances

Cette catégorie englobe les mots ACS (agriculture de conservation des sols - volonté de limiter le travail du sol), ITK (itinéraire cultural) et priorisation. L’adoption de nouveaux leviers de gestion des graminées adventices se confronte à des arbitrages techniques à la recherche de multi-performances et entraîne une priorisation des enjeux. Ainsi, le labour est souvent envisagé comme un levier de dernier recours en cas d’impasse technique. De même, le choix variétal est fréquemment priorisé pour la résistance aux maladies ou pour le potentiel de rendement au détriment du pouvoir couvrant des variétés.

Un manque de références et de transfert de connaissances

Le manque de références techniques, de consensus sur l’efficacité de certains leviers et de retours d’expérience freinent également leur adoption. L’exemple des variétés couvrantes illustre très bien cette difficulté, avec une efficacité perçue comme très variable selon les contextes.

Des freins spécifiques selon les leviers

Enfin, certains freins sont très ciblés : le temps de travail et l’organisation de chantier pour le désherbage mécanique, le recours à la prestation de service, le type de sol, la répartition du parcellaire, etc.

Vers une combinaison raisonnée des leviers

Les résultats de l’enquête montrent que de nombreux leviers de gestion des graminées adventices sont encore trop peu mobilisés par les agriculteurs. Si certains se heurtent à des freins structurels ou économiques importants, d’autres nécessitent avant tout un accompagnement technique de l’agriculteur, un renforcement des références et une adaptation au contexte de chaque exploitation. C’est précisément l’objectif du PARSADA GRAMICOMBI, porté par Terres Inovia, dans lequel s’inscrit le réseau OCP : lever les freins à l’adoption pour favoriser la combinaison cohérente des leviers de gestion des graminées adventices à l’échelle du système de culture. 

*Ce réseau régional vise à évaluer l’efficacité et la faisabilité de la combinaison de leviers de gestion des graminées à l’échelle du système de culture. Il compte à ce jour 32 parcelles suivies sur 5 ans avec 9 partenaires engagés (Terres Inovia, ARVALIS, Alliance BFC, les Chambres d’Agriculture départementales de la région BFC et la Ferme expérimentale de Tart-le-Bas).

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