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Pays de la Loire

Faut-il réguler les céréales ?

Après le long épisode pluvieux de janvier – février, les parcelles sont de nouveau accessibles pour réaliser les interventions de fertilisation et de protection des cultures. Beaucoup ont déjà reçu un apport. Plusieurs opérations de pulvérisation sont potentiellement à planifier dans les prochains jours : désherbage de rattrapage, régulation, fongicide… Il convient de prioriser et de veiller aux conditions d’application pour protéger au mieux en restant sélectif des cultures.

Pour les cultures qui ont souffert ‘d’excès d’eau, attendre la pleine reprise de végétation pour appliquer le régulateur 2026 en Pays de la Loire

Prudence sur les cultures qui ont souffert d’excès d’eau

Des céréales en avance  

Sous l’effet de la douceur persistante et exceptionnelle de fin février – début mars, la progression des stades a été jusque-là très rapide, même dans les parcelles marquées par l’excès d’eau. On note dix à quinze jours d’avance pour le début de montaison. 

L’excès d’eau se résorbe progressivement 

Dans les sols les plus sensibles à l’excès d’eau, le ressuyage est encore en cours et la portance nécessaire pour intervenir en bonnes conditions est à peine rétablie. Sur les cultures qui ont souffert d’excès d’eau, il est préférable de ne pas multiplier les interventions phytosanitaires dans l’immédiat. 

L’intervention prioritaire avec la fertilisation est le désherbage. En revanche, il est recommandé d’attendre une franche reprise de végétation et des conditions d’application favorables pour réguler.

Un risque de verse souvent élevé cette année, à évaluer à la parcelle

Cette année, une conjonction de facteurs favorables à la verse a été réunie pour les semis d’octobre à mi-novembre : douceur hivernale, forte absorption d’azote et développement précoce. Le tallage abondant et la montaison initiée tôt, sous jours courts, favorisent l’élongation des tiges, ce qui augmente le risque.

Les parcelles semées en bonnes conditions cet automne, présentaient une biomasse importante avec beaucoup d’azote déjà absorbé à la fin janvier
Les parcelles semées en bonnes conditions cet automne, présentaient une biomasse importante avec beaucoup d’azote déjà absorbé à la fin janvier.

Dans ces situations, qui étaient encore bien alimentées en azote jusqu’à début mars, il était important de ne pas trop gonfler les premiers apports d’azote et de mettre en réserve pour l’apport à dernière feuille étalée pour optimiser l’engrais et ne pas accentuer le risque de verse.

L’utilisation d’un régulateur n’est pas anodine et peut avoir un effet dépressif sur le rendement. Aussi, l’application ne doit pas être systématique. Une grille permet d’estimer le risque à la parcelle pour le blé tendre : la résistance de la variété est le premier paramètre à considérer. Sur variétés résistantes, l’application de régulateur de croissance n’est pas recommandée. Sur les parcelles à tallage abondant, le risque est moyen à élevé, avec la recommandation de réguler.

Tableau 1 : Grille d’estimation du risque verse en 2026

Tableau 1 : Grille d’estimation du risque verse en 2026
¹ Risque moyen : le risque diminue sensiblement en cas de sécheresse début montaison

Attendre des conditions favorables pour intervenir 

Les risques de phytotoxicité des régulateurs sont souvent sous-estimés, et il y a plus à perdre qu’à gagner si les conditions d’application ne sont pas réunies. Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité, les applications sont à réaliser :

  • Sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, alimentées correctement en eau et azote) – d’où la recommandation d’attendre une reprise de végétation correcte sur les parcelles qui ont souffert de l’excès d’eau.
  • Dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15 à 20°C) en tenant compte de la météo le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants (tableau 2). 

En l’occurrence, l’épisode froid annoncé en début de semaine prochaine n’est pas très favorable. Il est préférable d’attendre le retour de températures minimales plus douces pour intervenir.

Tableau 2 : Conditions requises pour la bonne sélectivité et l’efficacité de différents régulateurs

Tableau 2 : Conditions requises pour la bonne sélectivité et l’efficacité de différents régulateurs

Rappelons qu’il est fortement déconseillé de mélanger le régulateur avec un autre traitement (herbicides en particulier). 

Avancée rapide des stades : surveiller les maladies foliaires

La progression rapide des stades et les prévisions météo régulièrement pluvieuses incitent à surveiller dès à présent les maladies foliaires.

L’inoculum de septoriose est déjà bien présent à la base de la végétation et pourrait progresser rapidement sur les variétés sensibles dans les conditions actuelles. Sur variétés sensibles (note de résistance < 6,5), un premier traitement peut être nécessaire à partir de 2 nœuds si les conditions restent favorables à la maladie.

De même, la rouille jaune est à surveiller – la maladie est déjà observée dans la région sur variétés sensibles. Il convient d’être particulièrement attentif vis-à-vis de cette maladie avec l’arrivée sur le territoire de 2 nouvelles races en 2025. Dans ce contexte d’évolution rapide des souches, la vigilance est nécessaire, y compris sur des variétés très bien notées.

Rappelons qu’en présence de foyer actif sur variété sensible (note < 7), il convient d’intervenir dès le début de la montaison. 

Message rédigé par ARVALIS en concertation avec Agrial, AMC, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, les Etablissements Hautbois, la coopérative d’Herbauges, Soufflet Agriculture, Terrena.

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