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Camargue

Dégâts de sel sur blé dur : une ampleur inédite

Environ 600 hectares de blé dur ont été touchés par des dégâts de sel en Camargue cette année. Une situation inédite, mais attention aux confusions de symptômes !

Mi-novembre, après le retour des pluies, des blés commencent à dépérir sur des clos entiers. Les blés sont « cramés » (photo) : port mou, feuilles jaune/oranges, comme s’ils avait reçu du glyphosate.

Le désherbage n’a pas encore été réalisé. Cela touche tous types de précédents (melon, colza, blé dur) mais pas les précédents riz (1 cas recensé).

Blés dur détruits par le sel en Camargue (parcelle analysée avec résultat positif à un problème de sel).
Blés dur détruits par le sel en Camargue (parcelle analysée avec résultat positif à un problème de sel).

Pas de dégât de ravageur sur la tige ni sur les feuilles. Aucune présence de maladie du feuillage. Racines pas très développées mais pas de présence de kyste ni de nécrose.

Beaucoup de pucerons (comme partout ailleurs). Mais ce ne sont pas des dégâts de virus : ce n’est pas la dynamique de la JNO ou des pieds chétifs, ni les symptômes. Des analyses ont été réalisées par différentes structures. Sur des parcelles très touchées il n’y a aucune présence de virus, sur d’autres parcelles on retrouve le virus mais c’est normal : ce n’est pas parce qu’une plante porte le virus de la JNO à un instant T (qui s’exprime plus tard) que les symptômes observés dans l’immédiat sont de la JNO.

Les dégâts ressemblent très fortement aux dégâts de sel, mais sur des surfaces plus grandes que ce qui est observé habituellement.

Sur 8 parcelles analysées dans différents secteurs, 5 ressortent problématiques en sel.

Les symptômes sont similaires partout.

Pourquoi de tels dégâts ?

Pour rappel, l’année 2022 est l’année la plus sèche enregistrée en Camargue depuis que l’on a des données météorologiques.

En parallèle, les surfaces de riz n’ont jamais été aussi basses (la mise en eau du riz faisant redescendre la nappe salée).

Ces deux éléments, historiques, expliquent en grande partie la remontée de la nappe salée qui se trouvent sous la Camargue.

Le sel a été probablement mis en solution au retour des pluies début novembre.

Quoi faire ?

ARVALIS, le Centre Français du Riz ainsi que l’ensemble des négoces et des coopératives du secteur travaillent sur ce problème.

Pour les parcelles touchées cette année : il n’y a dans l’immédiat rien à faire. Des parcelles ont déjà été retournées. D’autres vont être menées jusqu’au bout avec les blés qui ont levée en dernier en décembre après les gros épisodes de pluie (lessivage probable du sel) et qui ont survécu. Sur les parcelles les plus touchées, seule leur remise en eau à travers la culture du riz est possible ; avec les impasses techniques que l’on connait actuellement sur le riz.

Ce problème va être probablement amené à se réitérer avec le changement climatique et la montée du niveau de la mer.

Il semble aujourd’hui important d’acquérir des références sur les seuils de toxicité au sel du blé dur et d’identifier si des variétés peuvent être plus tolérantes.

Un travail va être mené également afin d’identifier les pratiques qui peuvent favoriser la remontée du sel (impact de l’introduction de certaines cultures nécessitant le goutte à goutte et des décompactages telles que le melon).

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